vendredi, 02 décembre 2011

Jamais contents ces taxis !

C'est vraiment un phénomène étonnant. Dans le monde entier les populations considèrent leurs taxis comme les pires. Les taxis, comme la police, sont toujours sous les feux de la critique. Serait-ce parce qu'ils sont considérés comme un service public ?

Pourtant, lorsqu'on lit les commentaires en ligne, on se rend compte que les quelques avis positifs viennent toujours de clients réguliers. Que faut-il en déduire ? Que la majorité à tort, qu'elle parle de ce qu'elle ne connait pas ? Ce serait un raccourci facile.

 


Depuis les années septante à nos jours, divers gouvernements ont tenté, en vain, de libéraliser cette profession afin de permettre aux lois du marché, et donc de la concurrence, de favoriser un assainissement et la baisse des tarifs. C'est l'inverse qui s'est produit pour une raison bien simple ; il n'y a pas de concurrence dans ce métier puisqu'un client ne peut choisir son taxi en temps réel. Je m'explique.

Il y a trois façons de prendre un taxi. Soit on prend celui qui passe dans la rue et on ne choisit pas. Soit on appelle une centrale et on a intérêt à accepter l'offre sous peine de la perdre si on essaie auprès d'une autre centrale qui n'aura pas forcément mieux à proposer. Enfin, on prend un taxi en station et là, bien qu'il soit possible de choisir son taxi, on prend le premier de la file, tout naturellement et sans discuter car ça semble logique.

Cette absence de concurrence a conduit la plupart des gouvernements, y compris le nôtre à Genève, à comprendre qu'il est important de réguler le nombre de taxis disponibles, non seulement pour des raisons de place sur la voie publique, mais aussi, et surtout, pour permettre un service de qualité qui réponde à la demande réelle des usagers à un prix acceptable.

C'est la raison pour laquelle le parlement a rapidement réintroduit un numerus clausus en 1999, soit seulement 7 ans après la votation populaire pour des taxis égaux et moins chers qui fut une véritable arnaque puisque, non seulement les tarifs ont augmenté de 33 % dans les six mois qui ont suivi la votation, mais aussi parce qu'il n'y a toujours pas, à ce jour, une seule catégorie de taxis.

Pourquoi n'y a-t-il pas qu'une seule catégorie de taxis ? La raison est assez simple et pourtant pose de nombreux problèmes partout en Suisse. En effet, l'article 27 de notre constitution garanti l'accès à la profession de son choix et donc, n'importe qui, qui voudrait pratiquer le métier de chauffeur de taxis, devrait pouvoir le faire. C'est la raison pour laquelle, dans notre pays, et c'est unique au monde, il existe deux catégories de taxis ; les taxis "A" dits publics et les "B" dits privés. Autant vous dire que le numerus clausus n'a aucun effet et donc que les constats et les remèdes sont totalement inefficaces puisque les taxis privés peuvent se développer sans limite.

Fort de ce constat, le législateur a tenté depuis 1999 de limiter l'attrait du métier à titre privé en invoquant l'impossibilité pour les taxis privés d'utiliser les couloirs de bus, de marauder et en les obligeant à rejoindre leur place privée après chaque course. Le Tribunal Fédéral a toujours validé ces interdictions, incompréhensibles pour les usagers et inacceptables pour les taxis privés qui s'estiment lésés.

Mais malgré cette lourde jurisprudence, force est de constater que les taxis privés s'en foutent royalement pour la simple et bonne raison que l'Etat ne dispose pas des ressources nécessaires aux contrôles et donc à l'application de la loi. Ils se développent donc, au-delà du raisonnable, et favorisent la dégradation des services puisque plus personne ne gagne sa vie dignement et que le parc dégénère, faute de moyens pour l'entretenir et le renouveler. La situation se dégrade puisque chaque année entre 50 et 100 nouveaux chauffeurs sont formés pour un gâteau qui diminue radicalement par les temps de crise économique que nous traversons. Les bagarres éclatent. Les chauffeurs se révoltent et dénoncent le laxisme des autorités. Ces dernières surfent sur la mauvaise réputation des taxis pour fustiger leur attitude.

Pourtant, le 21 janvier 2005, le parlement a finalement voté à l'unanimité une loi qui fut historiquement plébiscitée par l'ensemble des acteurs du transport professionnel de personnes, soit les taxis privés, publics et les limousines. Malheureusement, et malgré les avertissements des députés siégeant à la commission des transports (voir mémorial), les ressources n'ont pas été dégagées, les contrôles n'ont pas eu lieu et, comme prévu, la loi échoue.

Aujourd'hui, comme par le passé, le président du département en charge des taxis estime que ce que ses prédécesseurs ont fait est nul et, d'un revers de main, rejette tout l'historique de la corporation en proposant sa nouvelle mouture qui fera l'unanimité contre lui.

Nous y voilà donc, la grogne des chauffeurs atteint son paroxysme et comme personne ne les écoute, ils n'ont plus d'autre alternative que de descendre dans la rue pour dénoncer ces aberrations. Toutefois, ils ont compris que la population n'y pouvait rien, bien au contraire, elle subit comme eux les conséquences de l'inapplication des lois. C'est pour cette raison que, cette fois, les taxis ne bloqueront pas la ville. Ils vont offrir les courses gratuitement aux genevois pendant quelques heures ce lundi 12 décembre afin de tenter d'expliquer ce qui se passe. Mais ce ne sera évidemment pas suffisant pour réveiller nos élus qui semblent attendre que la situation pourrisse afin de mieux fustiger la médiocrité des services des taxis genevois. Ils bloqueront donc l'aéroport pendant ces heures en sachant pertinemment que c'est le seul moyen de se faire entendre en haut lieu.

Mais cette fois, ils ne se laisseront plus endormir comme en janvier 2010 lorsque le département a mis en place des groupes de travail destinés à étudier plus à fond les problèmes. En effet, ces groupes furent très prometteurs, mais les conclusions unanimes ne conduirent pas à des décisions formelles si bien qu'ils ne servirent pratiquement à rien.

La coupe est pleine, les taxis genevois n'en peuvent juste plus. Toutes les grandes entreprises de taxis ont mis la clé sous le paillasson, victimes des innombrables changements de lois, toujours inappliquées par défaut de ressources. Ils ne veulent plus d'une nouvelle loi, surtout qu'elle ne résoud aucun problème dénoncé, notamment le plus important; la cohabitation invivable de deux catégories de taxis. Ils demandent au parlement de se contenter de corriger les quelques ajustements mineurs de la loi de 2005 et surtout de dégager les ressources nécessaires à son application.

Le sujet est relativement complexe et difficile à communiquer. La plupart des commissaires n'y comprend pas grand-chose et pourtant ce sont eux qui vont décider de l'avenir de la profession. S'ils ne tiennent, à nouveau, pas compte des remarques des milieux professionnels, ils seront assurés de devoir remettre l'ouvrage sur le métier à court terme et avec encore un peu plus de lassitude.

Mais cette fois, ils ne pourront plus dire que les chauffeurs de taxi sont désunis car il n'existe, contrairement au passé, plus qu'une seule association officiellement représentative des taxis de service public qui est ouverte à tous. Le message qu'elle véhicule est plébiscité par ses membres et se résume en une phrase : Nous ne voulons plus d'une nouvelle loi qui sera forcément inappliquée par défaut de ressources, corrigez les quelques défauts minimes de la loi 2005 et appliquez-la !

 

 

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Commentaires

Le taxi devrais être la mobilité dans la mobilité sans entrave de prise en charge ...mais réglementé dans une seule entreprise rassemblement d'indépendant ou et de salarié...
Mais le tord des bleus ou des taximen et woman s'invitent dans la genève international sans le bagages des langues et du civisme culturel de ce pays...utilisent des méthodes douteuse et ayant des comportement furieux et aggressif...ne sont pas l'image que voudrais avoir les quidams du taxi.
Un service payent qui demanderais une écoles du savoir vivre en quelque sorte.
De plus le dopping outrancier des taxi bus des stations française, sont en toute légalité jusqu'à la frontière..car en suisse illégale ils sont...malgré les bi latéral les autorité ferme les yeux sur la tenue des chauffeurs de leurs devoir de sécurité routière ou si vous préférer carte de tachygraphe , heures de conduite (limitées) poids de charge, véhicule approprié, permis de conduire pour transport de personne et autres devoir...
Voilà votre lutte est juste Pierre...mais l'Etat déraille, ont peut pas avoir l'argent de l'aéroport et et le beurre pour faire prospérer des gens qui ne paye pas d'impôt comme ces sociétés venu de l'europe...
respecter les lois c'est aussi pour l'ETAT...PH-M.B

Écrit par : philemon | jeudi, 01 décembre 2011

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@philemon. Je vous remercie pour votre commentaire.
Toutefois, le problème que vous évoquez n'est pas en lien avec ma note que j'ai circonscrite au problème essentiel de la cohabitation des deux catégories de taxis. Je reviendrai sur la concurrence déloyale des transporteurs étrangers dans une autre note.
Concernant vos critiques sur la courtoisie, la maîtrise des langues et l'agressivité des chauffeurs de taxis, je suis obligé de remettre quelques pendules à l'heure.
Nous avons reçu les statistiques des plaintes qui sont parvenues à la police et à l'inspectorat (SCom) et nous avons constaté que la plupart des infractions sont le fait des entreprises de limousines non déclarées et des taxis privés. Les taxis de service public ne rassemblent que 2% des plaintes en 2010 et 2011.
Ceci dit, la plupart des plaintes concernent le refus de courses à l'aéroport et ce problème a été identifié par les autorités qui proposent un forfait minimal au départ de l'aéroport de CHF 25.- pour couvrir le temps d'attente qui est d'une moyenne d'une heure pour une prise en charge.
Par ailleurs, les représentants de l'aéroport sont directement responsables de la suppression du guichet taxi qui permettait de diriger les clients vers le bon véhicule qui accepte soit les enfants avec siège adéquat, soit les cartes de crédit, soit sont équipé pour les stations de ski, etc.
C'est une des raisons pour lesquelles nous manifestons sur le site de l'aéroport.
Je me réjouis de vous rencontrer à l'occasion pour développer plus à fond ce sujet qui semble vous intéresser.
Cordiales salutations.

Écrit par : Pierre Jenni | jeudi, 01 décembre 2011

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Salut Pierre. Tout d'abord merci d'être venu voir mes films et d'être l'ami et le musicien que tu es. Cela étant, je pense que tu fais erreur. Les taxis ne sont effectivement pas en concurrence les uns avec les autres, et les compteurs sont là pour y veiller. Personne n'aimerait avoir à discuter le prix de la course. Surtout pas les touristes ne connaissant pas la ville.
En revanche, les taxis sont, collectivement, en concurrence avec tous les autres modes de transport, de la voiture individuelle au tram en passant par la marche à pieds, la trottinette, le scooter, le vélo etc... C'est là que se fait le choix, que s'exerce la concurrence, même si elle est faussée par l'attitude de l'Etat, qui cherche à privilégier certains modes, en entravant les autres.
Et là il est clair que le facteur prix est essentiel. Que si les taxis étaient moins chers à Genève, davantage de gens y auraient recours, que les taximen attendraient moins longtemps, donc feraient plus de chiffre, etc... Après, il importe de trouver le juste milieu, tout en sachant qu'il n'est nul besoin d'avoir fait l'EPFL pour être taximan (ou woman) et que passer la journée ou la nuit dans une voiture chauffée et confortable avec sa musique préférée n'est pas vraiment le bagne, ni même aussi fastidieux qu'un emploi de caissière, par exemple. Hors du peu que j'en sais, c'est nettement mieux payé...
Dans ce contexte de concurrence canalisée par l'Etat, quelle doit être la place du taxi ? Est-il d'utilité publique ? A mon avis, oui. Il n'est pas très opportun aux heures de pointe, mais en dehors, il est bien plus pertinent d'utiliser une auto pour transporter une, deux ou trois personnes qu'un grand tram vide... Tout en contribuant à régler les problèmes de parking.
Et puis il est bon pourvoyeur d'emplois sans qualification non délocalisables. Il est donc à mon avis anormal qu'il soit lourdement fiscalisé (à commencer par les taxes sur l'essence) pendant que les transports publics sont largement subventionnés.
C'est à mon avis en ce sens que vous devriez battre. Vous êtes un service public délégué à des privés, mais vous êtes un service public.

Écrit par : Philippe Souaille | lundi, 05 décembre 2011

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Cher Philippe,
Je te remercie pour ton message pertinent qui a le mérite de me donner un peu de visibilité dans la jungle des blogs.
Tu l'auras presque compris, la problématique taxi est relativement complexe et il est très difficile de cibler les messages dans un esprit de synthèse qui permette aux citoyens de comprendre le fond des choses.
Ici, je me suis contenté de mettre l'accent sur l'exception suisse des deux catégories de taxis qui est une aberration dans notre domaine qui ne suit pas les règles habituelles du marché puisque, comme tu le relèves, il n'y a pas de concurrence.
En revanche, il est bien vrai qu'il existe une offre très large de transport de personnes. A New York, les taxis privés ne sont pas des taxis, mais des FHV (For hire vehicles), à Londres ce sont les minicabs et en France, les voitures de petite remise. Ce ne sont pas des taxis et ils suivent d'autres règles, notamment ils n'ont pas d'enseigne lumineuse sur le toit du véhicule.
Maintenant, concernant nos tarifs, je t'encourage à lire mon article sur le blog, "vous avez dit chers, les taxis ?". Tu comprendras mieux que nos tarifs sont comptés au plus juste et qu'ils ne sont pas si élevés que ça en fin de compte.
De nombreux clients réguliers l'ont bien compris puisqu'ils le prennent deux fois par jour, tous les jours ouvrables et qu'ils font des économies puisqu'ils ont viré un véhicule dans leur ménage.
Tels des drogués, ils sont devenus accrocs à nos services. Plus de stress de conduite, pas besoin de chercher une place de parking, posés devant la porte en un temps record, ils ne veulent plus entendre parler d'une voiture.
En revanche, où nous pourrions faire très fort, c'est avec les couloirs de bus. Malheureusement, et malgré ta remarque, l'Etat refuse toujours de nous considérer comme un service public alors que nous en avons déjà le nom.
La mauvaise volonté de la DGM, la servilité du DIM aux TPG, nous empêchent de collaborer.
Pourtant, nous pouvons prouver que nous ne gênons absolument pas la vitesse commerciale des transports publics, mais ils ne veulent rien savoir. Je pourrai te donner de nombreux exemples à l'occasion ainsi que les PV des séances avec la DGM qui furent plutôt pénibles.
Si nous pouvions utiliser toutes ces voies, le prix des courses deviendrait vraiment tellement attractif (Moins 1/3) que nos services deviendraient juste irrésistibles.
Je me réjouis de t'en dire plus.
A bientôt
Pierre

Écrit par : Pierre Jenni | lundi, 05 décembre 2011

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@ Souaille et Pierre Jenni

Il n'y a pas de concurrence, dites vous. Et pourquoi n'y aurait-il pas de concurrence ? L'Etat n'impose pas des tarifs, mais des tarifs maximun.

Loi sur les taxis et limousines, Section 3 Tarifs, Art. 42 Définition des tarifs, al.1 "Les tarifs des taxis sont déterminés selon l’enregistrement du compteur horokilométrique, calculé dans les limites maximales imposées par le Conseil d’Etat."

Règlement d'application, Chapitre IX Tarifs maximaux des taxis; Art. 68 Fixation des tarifs; al.1 "Les tarifs des taxis sont fixés librement dans les limites définies à l’article 69."

Pourquoi n'y a-t'il pas de concurrence effective ? Voilà qui devrait attirer l'attention de la commission de la concurrence.

"Enfin, on prend un taxi en station et là, bien qu'il soit possible de choisir son taxi, on prend le premier de la file, tout naturellement et sans discuter car ça semble logique."

Surtout si l'on se fait injurier, au mieux, quand on décide de prendre le troisième.

Écrit par : CEDH | lundi, 05 décembre 2011

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@CEDH. Je vous encourage à relire ma note qui explique bien les raisons pour lesquelles notre métier ne suit pas les règles habituelles du marché.
Si vous voulez approfondir le sujet, vous pouvez prendre connaissance de l'excellente contribution de M. Victor Dizengoff, actif depuis plus de 45 ans dans le domaine à NY. Bonne lecture !
http://www.iru.org/index/en_event_2ndTaxiForum

Écrit par : Pierre Jenni | lundi, 05 décembre 2011

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@Pierre Jenni

Permettez-moi de vous citer :

"This choice will also create different categories of taxi services, the"good" ones, the "official" ones, the "certified" and expensive ones and the others who do not have the means to develop important infrastructures because they want to continue running their own businesses and remain self-employed and uncommited to other parties, such as dispatch centers, big companies or associations.

The direct consequence of these two categories will result in fights amongst drivers which will lead to the need for more control staff that governments can no longer provide due to austere budgets and control difficulties.

It is also interesting to see that so-called deregulated markets are introducing very tough measures to compensate for the lack of discipline and the disorder which are direct consequences of the difficulty of a driver to make a decent living after ten hours or more behind the wheel.
Another subject that is often forgotten is the fact that the taxi buisness is quite unique in that it provides a solution for individualistic or marginal people to remain integrated in society without renouncing or denying their need to to feel a sense of freedom on the job, whether it be an illusion or a reality. There will always be independent drivers no matter how much governments encourage bigger organisations that are more capable of meeting the customers‘ demands. Not to mention people who take up taxi driving as alternative employment due to job loss because of restructuration, bankrupcy or any other reason beyond their control."

Écrit par : CEDH | lundi, 05 décembre 2011

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@CEDH. Oui, ce commentaire complète bien ce que je dis plus haut. Mais j'imagine que vous le citez à d'autres fins qui m'échappent. Merci de bien vouloir développer votre pensée...

Écrit par : Pierre Jenni | lundi, 05 décembre 2011

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1. Ma foi et quitte à vous surprendre, je suis d'accord avec vous sur un point, qui n'est pas un point de détail, la loi doit être appliquée.

Ceux des "bleu", taxis privés, mais aussi ceux des "jaunes", taxis publics, qui ne respectent pas la loi doivent être sanctionnés.

Il y a un nombre non négligeable de chauffeur de taxis qui commettent sans cesse des contraventions pénales et administratives dans l'exercice de leur profession. Ceux là ne devraient-ils pas s'assagir rapidement ou dégager ?

Mais attention, bloquer l'aéroport, pourrait bien être un délit. Cela s'appellerait alors de la contrainte et serait passible d'emprisonnement. Il me semble difficile de commettre des délits pour dénoncer l'absence de punition de contraventions pénales ou administratives.

Enfin, la grève est une action visant à faire infléchir un employeur, pas l'Etat lorsqu'il n'est pas employeur.


2. "It is also interesting to see that so-called deregulated markets are introducing very tough measures to compensate for the lack of discipline and the disorder which are direct consequences of the difficulty of a driver to make a decent living after ten hours or more behind the wheel."

Nous ne sommes plus dans les années 1950. La portée de la liberté de commerce et d'industrie, devenue liberté d'entreprendre, n'est plus la même. Les buts de politiques sociales sont largement admis comme motifs de restriction de la liberté d'entreprendre. N'existent-il pas des motifs de politique sociale à l'appui d'une restriction du nombre de taxi privé ?

Écrit par : CEDH | mardi, 06 décembre 2011

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@ CDEH. Je vous remercie pour vos commentaires qui me permettent de développer un peu plus le sujet.

1. La raison principale de la non application de la loi est le manque de ressources pour effectuer les contrôles. Dès lors, il est parfaitement inutile, voire dévastateur de changer de loi tous les 6 ans en mettant arbitrairement la faute sur la profession si l'on ne peut se donner les moyens de la faire appliquer.

Ceci dit, vous serez à votre tour surpris de découvrir que, sur environ 600 contrôles par année, en 2010 et en 2011, seuls 2 % des sanctions furent prises à l'encontre des taxis de service public. Ce qui confirme notre excellence, notamment à Taxiphone, où nous avons reçu respectivement 29 et 39 plaintes par an pour 1'300'000 courses distribuées.

Le droit de manifester est garanti par notre constitution. Nous avons fait les démarches nécessaires pour obtenir l'autorisation et nous n'empêcherons pas les chauffeurs qui voudraient prendre des clients en charge de le faire.
Nous sommes extrêmement réticents à en venir à de telles actions qui sont très rares dans notre profession. Cependant, force est de constater que personne ne nous écoute, sauf lorsque nous descendons dans la rue. Alors, étonnamment, les portes s'ouvrent et nous pouvons avancer. C'est très regrettable, mais c'est ainsi. L'Etat n'est pas notre employeur, mais notre régulateur. D'ailleurs les deux projets de loi à l'étude visent à créer un monopole d'Etat pour une centrale unique de taxis. L'Etat deviendrait, indirectement, notre employeur sans pour autant nous offrir les avantages des salariés.

2. Toute forme de protectionnisme économique est sévèrement sanctionné par la COMCO. Toutefois, bien que certaines communes de suisse ne le pratiquent pas, le numerus clausus n'a jamais été contesté. Mais il ne sert pas à grand-chose puisque les taxis privés peuvent se développer sans limite. La politique sociale que vous évoquez se limiterait à décourager les candidats au permis de taxi, mais il se trouve que c'est un métier relativement facile d'accès, qui ne demande pas de formation particulière, et qui a servi pendant longtemps de "poubelle" pour le chômage.

Écrit par : Pierre Jenni | mardi, 06 décembre 2011

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