mardi, 03 septembre 2013

Sièges pour enfants dans les taxis

3_taxi.jpgJe tiens à remercier Pierre Beguin qui a publié sur son blog sa mésaventure avec sa famille à la rentrée de vacances. Par son témoignage on comprend un peu mieux les brimades et aberrations que subissent les chauffeurs de taxi et la difficulté qu'ils rencontrent pour offrir un service efficace à leurs clients.

Que dit la loi ?

Depuis le 1er avril 2010, le Conseil fédéral a décidé de renforcer la sécurité des enfants dans les voitures de tourisme et les bus scolaires. Les dispositifs de retenue pour enfants doivent répondre aux normes de sécurité édictées par la directive européenne ECE 44/03. Les enfants de moins de 4 ans devront voyager dans une coque. De 4 à 12 ans ils seront installés dans des sièges homologués s'ils mesurent moins de 150cm et ne pèsent pas plus de 18 kilos.

Interventions parlementaires

Plusieurs députés, à l'instar de Carlo Sommaruga, Lilianne Maury-Pasquier et Andrea Martina, sont intervenus aux chambres fédérales pour dénoncer l'aberration d'obliger les taxis à transporter dans leur coffre deux à trois types de sièges pour répondre aux exigences légales. En vain. Le Conseil fédéral estime que la sécurité des enfants est prioritaire.

Et pourtant, dans la plupart des pays d'Europe, les taxis ont bien été exemptés de cette obligation impossible à respecter.

Les solutions

Contrairement à ce qu'a répondu Madame Leuthard aux parlementaires, un simple rehausseur gonflable n'est pas envisageable puisqu'il ne répond pas aux normes imposées.

Le problème des familles avec plusieurs enfants reste entier.

A Zürich, les chauffeurs imposent une surtaxe à leurs clients qui couvre le trajet pour aller chercher le siège auprès de la centrale.

A Genève, les clients qui commandent un taxi doivent signaler la présence d'enfants afin que la centrale puisse envoyer un taxi équipé.

A l'aéroport, des sièges sont mis à disposition des chauffeurs dans un local. Mais il n'est pas rare que ce local ne soit pas accessible par défaut de personnel. Surtout le soir à certaines heures.

Guichet taxi à l'aéroport

Comme le prévoit la loi sur les taxis et tout particulièrement son règlement d'application (art. 24), les chauffeurs de taxis se sont organisés pour mettre en place un guichet de taxis à l'aéroport de Genève.

Comme dans la plupart des villes importantes du monde, ce guichet est indispensable et rempli plusieurs fonctions. Il permet principalement de diriger le client vers le bon taxi qui répond aux demandes spécifiques telles que : paiement par carte de crédit, sièges enfants, équipement d'hiver, plus de 4 places, etc. Il permet en outre de contrôler l'activité du transport de personnes sur le site, notamment les "navettes étrangères" soumises à autorisation. Enfin ils surveillent l'attitude des chauffeurs et dénoncent les refus de courses. Ils interviennent en cas de conflit et appellent la police dans les cas sérieux.

La première expérience a été interrompue à la suite d'un recours des taxis au tribunal qui leur a donné raison. Les dispositions légales n'étaient pas respectées notamment l'absence de participation au financement du guichet par l'aéroport. Après de nombreuses séances de travail et une manifestation des taxis, les autorités ont finalement mis en place un guichet en tête de station qui a permis de régler enfin la plupart des problèmes dénoncés. Malheureusement, pour des raisons incompréhensibles, l'aéroport a décidé de suspendre ce service. Il semble que l'aéroport n'entend pas assumer seul le financement.

Il faudra donc revenir autour de la table afin de trouver des ressources. Les chauffeurs sont prêt à participer à l'effort par le paiement d'un émolument comme ils l'ont prouvé durant la première tentative. En revanche ils n'entendent plus faire de la gestion de personnel qui n'a rien à voir avec leur activité de transport de personnes.

12:02 Publié dans Genève, taxis | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Facebook | |

Commentaires

J'ai été témoin en Australie de la même obsession (illusoire) avec la sécurité absolue que le pouvoir politique impose à travers des règlement toujours plus nombreux, en particulier en ce qui concerne les enfants.
Non seulement nous n'avons plus trouvé de taxis à un certain moment pour notre famille, mais nous avons constaté avec effarement que les youpalas à roulettes dans lesquels nos bébés avaient fait leurs premiers pas et dont vous trouverez les photographies sur Wikipédia devaient obligatoirement être munis dans ce pays d'une énorme protection supplémentaire en forme de boudin au niveau du sol.
Dans le même pays règne une véritable culture de la "cuite", harmonieusement répartie entre une grande partie de la population dès le plus jeune âge et pour lequel des règlements efficaces n'ont pas encore été trouvés et que les braves citoyens accepteront moins facilement que les mesures excessives mentionnées plus haut.

Écrit par : Mère-Grand | mardi, 03 septembre 2013

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Grâce aux taxis genevois qui me pourrissaient ma vie de jeune père de deux enfants, j'ai redécouvert toutes les autres possibiltés d'aller à l'aéroport. Même les TPG sont mieux que ces enfants gâtés qui gagnent plus que n'importe où ailleurs et refusent les enfants de manière agressive quand vous venez de faire 15h de voyage. Merci M. Jenni, votre incapacité à régler ce problème m'à fait faire beaucoup de sport et revoir plein d'amis serviables

Écrit par : Serge | mardi, 03 septembre 2013

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"A Genève, les clients qui commandent un taxi doivent signaler la présence d'enfants afin que la centrale puisse envoyer un taxi équipé"

Vous auriez put signaler que votre centrale refuse de garantir la réservation si on mentionne vouloir un siège bébé. S'il y effectivement un problème au niveau législatif, il y ausssi un problème au niveau sens du service de la part des taxis. Mais ce n'est pas grave, on ferra fonctionner la concurrence.

Écrit par : Vincent | lundi, 13 janvier 2014

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@Vincent. Merci pour votre commentaire.
La centrale de Taxi-phone ne refuse pas d'envoyer un taxi équipé d'un siège pour enfant. En revanche elle ne peut pas garantir de trouver un tel taxi lors d'une réservation à l'avance et tout particulièrement lors des périodes de fêtes.
Vous aurez le même type de problème avec nos concurrents.
Je vous recommande de demander à notre centrale la liste des chauffeurs qui offrent ce service afin que vous puissiez les contacter directement pour organiser votre voyage.
En espérant que ces explications vous seront utiles et que vous n'aurez plus à subir ce genre de désagrément.

Écrit par : Pierre Jenni | lundi, 13 janvier 2014

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J'ai bien dit "refuser de garantir", et non pas "refuser d'envoyer". Mais ça ne change pas le résultat : avec un avion à prendre, je me vois mal prendre le risque de ne pas avoir de taxi, ou d'attendre longtemps un taxi et arriver en retard à l'aéroport.

Naivement, je pensais que s'était le rôle d'une centrale de coordonner les courses en fonction des demandes des clients, surtout en réservant 6 jours avant... Et que si cette tâche ne leur est pas affecté, la personne de la centrale aurait put d'elle-même me communiquer cette liste de taxis équipés d'un siège.

Malgré vos arguments, j'en reste à ma position initiale : nous ne sommes pas les bienvenus avec un bébé et cette course ne vous intéresse pas (Finalement, libre à vous de choisir vos clients, il s'agit juste d'être cohérent quand vous avez des revendications par rapport aux conditions de travail). On s'en remettra donc à un service de parking, qui nous coûtera sensiblement plus cher mais nous garantira d'arriver à l'heure à notre avion, et surtout de pouvoir rentrer chez nous sans problème.

Cordialement,

Vincent

Écrit par : Vincent | lundi, 13 janvier 2014

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