vendredi, 25 juillet 2014

Référendum contre la loi sur les taxis

topelement.jpgDans le monde entier, les taxis, comme la police, ont mauvaise presse. On les affuble de tous les maux même si dans la majorité des cas ils offrent des services irréprochables.

Il faut dire qu'on se rappelle plus facilement d'une mésaventure. Et, malheureusement, elles arrivent encore trop souvent.


Les raisons sont nombreuses et je les évoques dans d'autres billets. Mais il faut reconnaitre que le sujet est relativement complexe et qu'il est difficile de communiquer.

Pour le point qui nous occupe ici, il faut savoir que la loi, qui a été passée en force et en urgence après près de 8 ans d'errements du département et de la commission des transports, a été contestée et refusée à l'unanimité des milieux concernés, toutes catégories confondues, soit les taxis privés, publics et les limousines.

La raison principale de la révolte vient d'une seule disposition; la création d'un monopole d'Etat pour une centrale unique des taxis. Rappelons ici que ce point était un dada de Monsieur Unger qui avait obtenu un service similaire pour les ambulances.

Ce que ne semblent pas comprendre les députés, c'est que la création d'un organisme d'Etat, d'ailleurs complètement anachronique, provoquera la dégénérescence des services à très court terme. La population sera captive d'un seul service sans possibilité de se tourner vers une concurrence. Et les pires éléments qu'il est déjà difficile aujourd'hui de sanctionner, ne seront plus inquiétés puisque leur obligation d'affiliation leur donne le droit équivalent et qu'aucun juge n'osera retirer le permis d'un chauffeur sur la base d'une, voire de plusieurs, plaintes de clients.

Le référendum donnera un peu de temps aux taxis pour expliquer les errances du politique qui se permet de remettre en question une loi (Spoerri 2005) historiquement votée à l'unanimité du parlement avec le consensus pas moins exceptionnel de tous les milieux professionnels du transports de personnes alors qu'elle n'a jamais été mise en application par défaut de moyens de contrôles.

Et cette disposition du nouveau texte sera évidemment attaquée au Tribunal Fédéral puisqu'elle ne répond nullement à un besoin prépondérant du public et est parfaitement disproportionnée. A l'heure actuelle, les clients sont servis en moyenne dans les trois minutes. Et l'Etat s'apprête à diminuer le nombre de véhicules avec droit de stationnement, trop nombreux sur la voie publique.

17:46 Publié dans Genève, Politique, taxis | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | |

Commentaires

Jack Lang dirait : "quel bel Homme !", en jetant un coup d'œil à votre album photo.
Je vais signer votre référendum avec plaisir.

Écrit par : Victor-Liviu DUMITRESCU | vendredi, 25 juillet 2014

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Ah oui ?

que veut dire ceci M. Jenni ?

"qu'aucun juge n'osera retirer le permis d'un chauffeur sur la base d'une, voire de plusieurs, plaintes de clients"

Que la justice dans notre pays ne serait pas indépendante et libre des pressions de l'Etat ?

Bah oui, depuis longtemps. Nous somme nombreux à l'avoir constaté à maintes reprises. Ce serait donc la première chose à régler.

Pour le reste, ce sera en aparté.

Écrit par : Jmemêledetout | vendredi, 25 juillet 2014

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Merci pour cette question Jmemêledetout.

Non, ce n'est pas une question de pression.
Aujourd'hui, lorsque le SCom fait sont travail et dénonce les plaintes récurrentes à l'encontre d'une poignée de chauffeurs connus, les juges prennent en compte leur situation familiale et financière et réduisent les peines à des montants ridicules.

Si demain nous créons un monopole d'Etat avec obligation d'affiliation, il ne sera plus possible à La centrale de se défaire des mauvais éléments qui perdraient de facto leurs permis et donc leur métier. Ils tomberaient donc à l'assistance sociale puisqu'ils n'auraient pas même droit au chômage en tant qu'indépendants.

Les clients n'auront plus la possibilité de choisir des alternatives.
Taxiphone a une politique très stricte avec un barème de sanctions sévère. Nous visons l'excellence pour nous démarquer de nos concurrents.

Écrit par : Pierre Jenni | samedi, 26 juillet 2014

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