vendredi, 03 octobre 2014

refus de paiement par carte de crédit

carte-de-crédit1.jpgSuite à l'article de ce jour dans la Tdg qui relate la mésaventure d'un avocat genevois, il me semble important de mettre quelques pendules à l'heure.

 


Que dit la loi ?

LTaxis art. 39 Obligations particulières

1 Les taxis doivent accepter toutes les courses, quel que soit le lieu de prise en charge ou de destination dans le canton.

2 D'entente avec les chauffeurs indépendants, les exploitants d'entreprises et les centrales d'ordres de course, les milieux professionnels représentatifs des taxis de service public organisent sous la surveillance du département un service au public 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24. Dans la mesure du possible, ils organisent une distribution des taxis dans toutes les stations. Ils prévoient également un nombre suffisant de taxis équipés de sièges pour enfants.

Rtaxis art. 23 Accès aux stations de taxis de l'aéroport

2 Les chauffeurs qui accèdent à la station au niveau "Arrivées" s'engagent à accepter le paiement de la course soit par carte de crédit, soit en euros ou en dollars américains, et à se rendre à toute destination dans un rayon de 50 kilomètres.

3 Les milieux professionnels s'organisent afin qu'un nombre suffisant de taxis se rendant à l'aéroport soient munis ou équipés :

a) d'un moyen d'encaissement par carte de crédit ou de paiement électronique;

b) de l'équipement nécessaire à desservir les stations d'hiver;

c) de sièges pour enfants.

Qui refuse ces courses ?

Les chauffeurs qui pour une raison ou une autre n'ont pas investi dans l'appareil qui permet d'encaisser la course par carte de crédit. En principe des chauffeurs sans centrale qui ne représentent pas le 10%.

A Taxiphone par exemple, les 650 chauffeurs sont tous équipés de ces appareils et sont sanctionnés s'ils refusent de telles courses. Ils affichent sur la vitre arrière droite leur acceptation de toutes les cartes usuelles. La centrale vient d'investir plus d'un million pour renouveler ces appareils.

Que fait l'Etat ?

Rien ou à peu près rien. Les milieux professionnels sont les premiers à dénoncer le laxisme des autorités qui martèlent depuis bientôt 10 ans que la loi est trop compliquée et inapplicable pour justifier leur parfaite inefficacité. Contrairement à ce que croient certains, la nouvelle loi qui a été votée le 27 mars 2014 et qui instaure un monopole d'Etat, ne permettra pas de régler la plupart des problèmes. Au contraire, ils vont s'aggraver sérieusement.

Ceci dit, cette nouvelle loi fait déjà l'objet de recours et sera soumise à référendum. Il y a fort à parier que la clientèle n'acceptera pas d'être captive d'un organisme stalinien d'un autre temps qui sera contraint de garder les pires éléments en son sein.

Guichet taxi à l'aéroport

Les milieux professionnels ont tout fait pour installer un guichet à l'aéroport dès 2007 déjà. Malheureusement, les autorités et les représentants de l'aéroport se sont refusés à assumer leur part de financement pourtant prévue expressément dans la loi (RTaxis art. 24).

Il est parfaitement scandaleux de ne pouvoir bénéficier d'une telle structure dans une ville comme la nôtre. Un guichet permettrait de diriger efficacement les clients vers le bon taxi et recueillir les plaintes éventuelles.

Lorsqu'on connait les bénéfices presque indécents de cette régie semi-autonome qui se chiffrent en millions, il est particulièrement révoltant de se voir refuser une modeste participation de quelques centaines de milliers de francs.

Vivement la concurrence !

Certains se réjouissent de la venue de concurrents sur le marché. Ils déchanteront bien vite pour plusieurs raisons :

- Ils sont illégaux

- Ils est impossible de les tracer, car les chauffeurs ne sont pas administrés et enregistrés auprès de l'autorité

- La première opération du client consiste à enregistrer sa carte de crédit dans le système sans aucune garantie d'honnêteté dans les transactions et sans possibilité de poursuivre le chauffeur en cas d'abus.

- Le paiement cash est découragé, voire interdit

- Leurs véhicules ne sont pas soumis aux visites périodiques annuelles

- Les chauffeurs sont subventionnés dans un premier temps pour que les couses soient compétitives.

- Ces véhicules sont obligés de rester dans le trafic et les bouchons, il leur est impossible d'emprunter les couloirs de bus qui réduisent de manière conséquence le temps et le prix de la course.

- Le taximètre est non existant contrairement aux taxis qui disposent d'un compteur plombé et contrôlé.

Bref, ce n'est pas pour rien que de plus en plus de pays interdisent Uber suite à de nombreuses plaintes qui vont jusqu'au harcèlement sexuel, aux accidents non couverts et à la mauvaise foi dans les transactions.

Solutions pour un meilleur service de taxis

Les clients qui prennent régulièrement le taxi sont enchantés par nos services. Les mésaventures restent rares. Cependant, vu que les autorités ne font pas respecter la loi, une véritable jungle s'installe et les chauffeurs ne gagnent plus leur vie décemment.

Cette nouvelle précarité pousse les chauffeurs dans leurs derniers retranchements et ils tentent de s'en sortir comme ils peuvent.

Nous assistons à un durcissement des règles et de la répression envers les chauffeurs alors qu'il y a un véritable non droit pour tous les clandestins et les nouveaux arrivants sur le marché. Les clients qui profitent de cette concurrence déloyale contribuent à aggraver les problèmes. Ils scient la branche sur laquelle ils se trouvent.

Tant que les autorités n'écouteront pas les milieux professionnels pour mettre en place une bonne loi qui mettre vraiment le client au centre de la démarche et qu'ils dégagent les ressources nécessaires aux contrôles de l'application de cette loi, il n'y aura pas beaucoup d'espoir à voir les choses s'améliorer.

21:26 Publié dans Genève, mobilité, Politique, taxis, transports | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | |

Commentaires

J'ai compris: je ne prendrai jamais un taxi Uber. Et je voterai le référendum contre la loi qui instaure un monopole.

Un monopole peut se comprendre pour les trams: on ne va pas mettre les rails de deux compagnies différentes dans les mêmes rues. Mais pour les taxis il n'y a pas de raison.

Écrit par : hommelibre | samedi, 04 octobre 2014

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"J'ai compris: je ne prendrai jamais un taxi Uber."

Moi itou. Ce qui me scandalise c'est le prix de la licence qui se négocie si j'ai bien compris à 200'000 CHF. Cela revient à payer un "pas de porte". Inadmissible. Mais comment tout remettre à plat et se débarrasser de ce système quand il faut amortir la dépense déjà effectuée?

Écrit par : Johann | samedi, 04 octobre 2014

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Merci pour vos commentaires.
Johann, pour en savoir un peu plus, je vous encourage à lire ma note du 24 juillet 2012 ci dessous : Taxe d'usage accru du domaine public, pourquoi et comment ?
Et si vous avez encore des questions je serais ravi de vous faire la version longue par mail.
Aujourd'hui la licence ne vaut plus que 40'000.- et elle ne vaudra plus rien si la nouvelle loi entre en vigueur. A la place, une taxe annuelle pour droit de stationnement de 1400.- sera prélevée sur chaque taxi de service public.

Écrit par : Pierre Jenni | samedi, 04 octobre 2014

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