jeudi, 04 décembre 2014

Uber alles oder über See ?

uber-billions-again.jpgAprès lecture des innombrables commentaires en faveur de la venue du mastodonte californien sur nos terres, il me semble important de rappeler quelques faits et remettre quelques pendules à l'heure.


Qui est Uber ?

Une société californienne, financée principalement par Google et la banque Goldman Sachs à près de 30 milliards de dollars et qui détient un seul siège répondant en Europe, aux Pays-bas.

Quel est le but de cette société ?

Là ça dépend du point de vue.

Pour Uber, ses services viennent redonner un nouvel élan dans les offres de transport urbain assurés depuis des siècles par une industrie des taxis sclérosée, monopolistique et sans véritable concurrence.

Pour les autorités du monde entier, mais surtout en Europe, c'est un acteur illégal qui tente de contourner les dispositions en vigueur dans les divers pays afin de devenir rapidement leader incontournable dans un domaine très lucratif en expansion.

Pour les professionnels actifs dans le monde du transport de personnes, c'est un monstre sans scrupule qui n'a qu'une seule préoccupation, phagocyter l'industrie mondiale et éradiquer la concurrence afin de garantir à court terme un retour substantiel sur l'investissement des ses actionnaires en provoquant le chaos grâce à sa puissance financière.

Pour les usagers, et c'est finalement ce qui devrait compter le plus, Uber arrive à point nommé pour offrir des services de qualité pour un prix abordable.

Reste maintenant à trier le bon grain de l'ivraie. Qu'en est-il en termes de service et de rapport qualité-prix ?

Il suffit d'un coup d'oeil sur l'indice des prix du transport urbain pour vérifier que, dans la plupart des cas, Uber est plus cher que le taxi. http://www.goeuro.fr/indice-prix-transport-urbain

Quant à la qualité, si la société offre à ses clients une bouteille d'eau à chaque trajet, cela camoufle assez mal le manque d'expérience du chauffeur et l'absence de garanties de sécurité pour le client. C'est essentiellement pour ces raisons que Uber est progressivement interdit dans la plupart des pays d'Europe à la suite de plaintes pour agressions sexuelles, accidents non-couverts, véhicules défectueux et non contrôlés et tarifs arbitraires.

A Genève pourtant, Uber prétend ne travailler qu'avec des professionnels dûment autorisés mais ne communique pas ses chiffres. Et pour cause, puisque ces chauffeurs ne sont pas dupes. Ils ont observé l'évolution des conditions de leurs collègues en Californie qui ont fait l'erreur de céder à ce miroir aux alouettes qui consiste à toucher provisoirement une subvention de 30.- de l'heure ou de 20.- par course.

Pour tous ceux qui seraient tentés par l'expérience, je ne puis que vous encourager à télécharger l'application Uber Et celle de Taxiphone qui offre des prestations comparables. Vous découvrirez avec plus ou moins de stupéfaction que Uber ne dispose que d'une dizaine de véhicules disponibles la journée dans un rayon raisonnable contre près de deux cent taxis.

La pression sur les prix est parfaitement artificielle et fabriquée par la subvention momentanée. Uber a les moyens de fonctionner à perte durant plusieurs années. Contrairement au sentiment généralisé de la cherté du taxi, dont les tarifs sont fixés par le Conseil d'Etat, la plupart des utilisateurs réguliers ont fait leurs calculs et parviennent à faire des économies en se débarrassant d'un véhicule dans leur ménage pour prendre des taxis tous les jours.

Contrairement aux TPG et autres fonctionnaires qui se battent pour maintenir leurs annuités, les taxis n'ont pas obtenu d'ajustement de leurs tarifs depuis plus de vingt ans. Leur situation est tellement préoccupante que plus de 20 % des chauffeurs se trouvent sous le coup d'un acte de défaut de bien et des poursuites.

Pour ceux qui voudraient en savoir un peu plus sur le sujet, je vous encourage à visiter les liens suivants qui révèlent assez bien le malaise et justifie la sagesse des autorités de notre continent de voir Uber rester de l'autre côté de la mer.

http://losangeles.cbslocal.com/2014/06/24/uber-drivers-to-protest-companys-business-practices-outside-santa-monica-office/
http://pando.com/2014/09/04/uber-continues-to-screw-its-partners-now-by-forcing-uber-black-drivers-accept-uberx-fares/

Vous pouvez aussi jetez un coup d'oeil sur le dernier forum international des taxis qui s'est tenu le 8 novembre à Cologne. Ma présentation en bas de page explique les spécificités suisses et surtout les raisons de l'échec universel des tentatives de libéralisation et de développement de la concurrence dans le domaine.

http://www.iru.org/en_6taxiforum

Je salue au passage les parlementaires européens qui cherchent à démanteler les géants incontournables que sont les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) A elles seules, ces sociétés rassemblent une valeur qui correspond au PIB du Dannemark. Ce sont les véritables maitres du monde, les autorités leur mangent dans la main et n'osent pas lever un doigt pour mettre en question leur position dominante.

10:59 Publié dans Economie, Genève, mobilité, Monde, Politique, taxis, transports | Lien permanent | Commentaires (21) | |  Facebook | |

Commentaires

les consommateurs doivent savoir

qu'Uber est une sté (californienne) qui ne fait son chiffre que sur l'illégalité

cad. en ne payant ni le fisc ni de charges

que ce soit en Suisse, en France, en GB
comme partout ailleurs en Europe où le pigeon s'accroche à son porte-monnaie d'aujourd'hui et ne voit pas celui de demain.

Écrit par : pierre à feu | jeudi, 04 décembre 2014

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Monsieur Pierre Jenni, article très instructif et en lisant on y retrouve les craintes identiques des anciens petits commerçants quand les premiers camions de la Migros commencèrent à sillonner notre pays , tout le monde connait la suite
très belle soirée pour Vous Monsieur

Écrit par : lovsmeralda | jeudi, 04 décembre 2014

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Désolé, mais on a quand même un peu de peine à compatir au sort des taxis...

Prix incroyablement élevés, chauffeurs généralement à la limite de l'irrespect, courses aux itinéraires fantaisistes mais toujours longs...

J'en ai même eu un qui ralentissait aux feux verts en m'expliquant qu'ils allaient devenir rouges...

Écrit par : Déblogueur | jeudi, 04 décembre 2014

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Oui, Lovsmeralda, sauf que la MIGROS apportait quelque chose, Uber ne fait que prendre.
En revanche par son agressivité Uber oblige l'industrie à accélérer sa modernisation pour mieux répondre aux attentes des clients.
Il est vrai que les technologies numériques bouleversent des pans entiers de l'économie et ceux qui n'effectuent pas leur mue disparaissent.
Le domaine des transport n'y échappe évidemment pas et profite au contraire de ces outils spectaculaires.
Les professionnels du taxi participent déjà à des partenariats très prometteurs avec des sociétés qui développent des applications en relation avec leur domaine d'activité et qui respectent les dispositions légales en vigueur dans les diverses juridictions.
Mon article tente juste d'attirer l'attention des citoyens, qu'ils soient usagers ou non de nos services, sur des aspects peu médiatisés qui donnent un éclairage moins reluisant à ce mastodonte. Je serais ravi de répondre à toutes les questions que vous pourriez vous poser tant à son sujet que celui des taxis. Bonne soirée à vous Lovsmeralda.

Écrit par : Pierre Jenni | jeudi, 04 décembre 2014

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Oui Déblogueur, je compatis et j'ai souvent soupiré en prenant connaissance de certaines doléances des clients. Pourtant, comme dans tous les domaines d'activités qui sont peut-être un peu moins visibles, ce n'est qu'une poignée d'individus qui ternit l'image de la corporation.
Si vous prenez connaissance des commentaires et témoignages de nos clients réguliers, vous seriez peut-être surpris d'apprendre qu'ils sont globalement enchantés par nos services. Mais ce n'est pas le fond de ce débat.
Quels que soient vos griefs à l'égard des taxis, je suis à peu près certain, que dis-je, je sais ! que vous ne serez pas mieux servi avec Uber. Non seulement parce que, à Genève, ce sont en principe des taxis qui assurent leurs courses, mais surtout parce que très rapidement ils se rendront compte qu'en donnant 20% de leur recette à leur "employeur", ils ne gagneront plus leur vie et devront commencer à tricher comme ceux qui vous ont arnaqués.
Alors si l'on veut véritablement assainir le domaine, il serait temps de réfléchir à un cadre qui permet aux chauffeurs de vivre décemment et aux concurrents de suivre tous les même règles. N'êtes-vous pas d'accord ?

Écrit par : Pierre Jenni | jeudi, 04 décembre 2014

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UBER contrevient aux lois du fisc suisse, des entreprises et de la concurrence

c'est une sté informatique californienne,
qui ne fait son chiffre que sur l'illégalité: en ne payant ni le fisc ni les charges sociales ou administratives des taxis utilisant son logo

et ce, que ce soit en Suisse, en France, en GB comme partout ailleurs en Europe


Celui qui nourrit ce système d'évasion fiscale et sociale

est le client-pigeon
qui s'accroche à son porte-monnaie d'aujourd'hui et ne voit pas ce que son geste lui coûtera demain.

Écrit par : pierre à feu | jeudi, 04 décembre 2014

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Oui Pierre à feu, c'est bien dit. Malheureusement, si l'on observe le développement de ce voyou outre-atlantique, quelques francs dans le porte-monnaie relaient bien loin les considérations philosophiques.
Mais la roue tourne. Je viens d'apprendre que Uber est interdit dans divers Etats d'Amérique notamment tout récemment au Nevada.
Petit à petit le monde commence à comprendre les motivations inavouables de cette société. Reste plus qu'à attendre le momentum, le moment critique, où les actionnaires quitteront le bateau.

Écrit par : Pierre Jenni | jeudi, 04 décembre 2014

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UBER est un mode d'évasion fiscale

- pourquoi Sami Kannan, l'actuel maire de Genève, n'a-t-il rien fait contre l'installation d'1 entreprise US violant ttes lois cantonales ?

- pourquoi n'a-t-on vu aucune action des fédérations d'entrepreneurs, syndicats etc, face à ce contrevenant illégal en ce domaine d'activité à Genève

- Sté californienne UBER qui reste à Genève, grâce à l'emploi d'automobilistes particuliers ne bénéficiant pas de formation,
et contrairement aux taxis inscrits au Registre du Commerce, exempt de
droits de charges/ de déclaration/ de droits à payer & autres charges fiscales


Bref, UBER fonctionne grâce aux automobilistes particuliers et à leurs compères-clients, car TOUS ne sont que des fraudeurs du fisc

Sauf qu'à Genève, tout le monde s'en fout: car à part le 0,1% de client-suisse, les autres usagers se réjouissent du bas-coût

Écrit par : pierre à feu | jeudi, 04 décembre 2014

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Pierre Jenni, le bas blesse là où nos élus/autorités administratives ne font pas leur job:

quand visiblement ici, UBER fait une crasse concurrence déloyale en entreprise, fraude aux charges sociales, évasion fiscale, et autres

nous constatons que l'actuel maire de Genève, Sami Kaanan, reste sans voix sans acte sans disconvenue sans réaction.

Écrit par : pierre à feu | jeudi, 04 décembre 2014

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personne ne réagit.. bizarre, alors qu'il est question ici de fraude à l'emploi non déclaré, d'évasion fiscale avérée etc.

ce dont tous clients d'Uber se rend complice

ne reste à l'administrateur de Genève qu'à appliquer la loi:

où tout usager d'UBER se rend complice de ces fraudes: évasion fiscale, sociale, non déclaration d'entreprise, contrevenance aux lois contre la concurrence etc

Allo, L'administrateur de la ville de Genève ? Vous êtes élu maire et n'appliquez pas les lois?

Écrit par : pierre à feu | jeudi, 04 décembre 2014

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Si uber est illégal et j'ai toutes les raisons de vous croire, qu'attendez-vous pour attaquer en justice et réclamer des dommages-intérêts?

http://www.forbes.com/sites/chanellebessette/2014/11/30/uber-suspends-services-in-nevada-after-court-order/

Et si vous voulez tout savoir sur le fonctionnement du machin:

http://www.businessinsider.com/uber-drivers-across-the-country-are-protesting-tomorrow--heres-why-2014-10

On dirait bien une organisation f....... .

Écrit par : Johann | jeudi, 04 décembre 2014

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@Johann, bien sûr!

mais bien qu'illégale car contrevenante à toutes lois, cette sté californienne continue de se développer et d'agir, partout en toute illégalité.

c'est ce qui est le plus choquant

Que les français adeptes du co-voiturage pour venir bosser à Genève
sachent qu'en France, leur co-voiturage est également soumis aux mêmes règles
qu'UBER.

Écrit par : pierre à feu | jeudi, 04 décembre 2014

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C'est fait Johann ! Car si on attend sur les autorités pour faire appliquer la loi, on aura le temps de crever. ce sont 60'000.- de provisions pour notre conseil qui s'ajoutent aux autres procédures intentée contre l'Etat pour non application de la loi. Et après on s'étonne que le taxi soit cher...
Malheureusement, comme on le vérifie en Allemagne, Uber est si puissante qu'elle a pu faire revenir le tribunal sur sa décision d'effet suspensif par l'urgence sur tout le territoire. Ce qui veut dire que, même s'ils ont des doutes sur la légalité de l'activité, le sujet sera traité dans plusieurs mois durant lesquels Uber pourra continuer impunément son travail de sape.

Écrit par : Pierre Jenni | jeudi, 04 décembre 2014

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je re-contextualise:

"que les français adeptes du co-voiturage
pour venir bosser à Genève etc sachent
que LE FISC FRANçAIS traite le co-voiturage
comme tout business de taxi, idem pour UBER".

Écrit par : pierre à feu | jeudi, 04 décembre 2014

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Pierre Jenni, votre titre vaut son poids légal
car actuellement, en effet et en tous pays

UBER, c'est "Uber alles" et über Sie (cad du commerce fachiste en emprise sur vous tous)

à nous de
>>> mettre l'accent sur les consommateurs d'UBER qui étant leurs clients,
- activent ce système sans lois
- ne nourrissent que quelques sociétaires employés en Californie
- tout en détruisant leur environnement socio-économique.

>>> faire prendre conscience au consommateur lambda comment, d'un clic, ce conso lambda qui veut tout sous la main, participe à détruire nos démocraties.

>>> sonner les cloches au magistrat de Genève, qui ne régit rien en la matière.

Écrit par : pierre à feu | jeudi, 04 décembre 2014

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Et bien c'est une bonne nouvelle. Enfin sauf pour les délais et j'imagine la puissance de feu d'under.

Vous avez lu dans l'article leurs pratiques pour draguer les chauffeurs des autres compagnies ou leur casser les reins?

Lisez aussi ceci:

http://www.lefigaro.fr/secteur/high-tech/2014/12/04/01007-20141204ARTFIG00454-etrille-par-les-medias-uber-repond-par-une-levee-de-fonds-record.php

A Zurich un chauffeur under reçoit 20 CHF par course de la "compagnie". Dumping.

C'est un peu comme si on me payait pour aller au cinéma.

L'Etat cherche des sous. Facile. Un inspecteur en civil commande une course under, monte dans la voiture, constate l'infraction et verbalise sec ou envoie l'affaire au tribunal. Il y a de quoi se faire un peu plus que de l'argent de poche pour l'Etat.

Écrit par : Johann | jeudi, 04 décembre 2014

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Ce qu'il y a d'incroyable, c'est le silence de toutes ces grandes gueules de gauche si promptes à lutter contre la pieuvre capitaliste. Ils servent à quoi ?
PS. "si on attend SUR les autorités" mériterait le bûcher ou à tout le moins le bannissement à vie en terres bernoises...

Écrit par : Géo | vendredi, 05 décembre 2014

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Ahah! Voilà que les taxis parisiens vont faire grève et prendre les parisiens en "otages"*. Monsieur Jenni, on soutient?

Vous voyez, la défense des travailleurs - pour moi - ne se divise pas. Sans doute suis-je plus libertaire que vous. Et plus solidaire.

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2014/12/14/20002-20141214ARTFIG00079-les-taxis-veulent-bloquer-paris-pour-denoncer-uberpop.php


* Ironique, car bien sûr c'est la rhétorique de tous ceux qui ne supportent pas une grève et des revendications légitimes de ceux qui défendent leur outil et leurs conditions de travail. Parler d'"otages" est une saloperie des gens de droite.

Écrit par : Johann | dimanche, 14 décembre 2014

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Merci Johann pour ce lien instructif. Je pense que vous avez mal compris mes réticences face à la grève des TPG qui était préventive et dénonçait des coupes qui n'étaient pas prévues. D'ailleurs je trouve intéressant de vérifier, à l'issue de ce bras de fer, que le CE n'a rien lâché et a eu la sagesse de laisser les syndicats crier victoire.

Je défends dans tous les cas cet outil important qui permet de dénoncer l'incurie de nos autorités mais il s'agit de l'utiliser parcimonieusement et lorsque toutes les autres voies ont été vainement explorées.

Contrairement à la fonction publique, qui se bat essentiellement pour le maintien de ses annuités, les taxis n'ont pas vu d'augmentation depuis 20 ans. Un chauffeur sur cinq se trouve sous acte de défaut de bien et ne peut plus nourrir sa famille. C'est une question de proportionnalité.

Le problème avec Uber, c'est le soutien populaire. Et oui, on veut tout, tout de suite et si possible gratuitement. Peu sont ceux qui analysent les conséquences de leurs comportements. Nombreux en revanche, sourire aux lèvres, scient la branche sur laquelle ils sont assis. Ainsi Uber a récolté 50000 signatures pour pouvoir continuer impunément son travail de sape. La stratégie consiste à constester la nouvelle loi sur les taxis et VTC, et plus particulièrement le fait que la commande par une application est considérée comme de la maraude.

Et bien entendu les politiciens, qui ont comme principale préoccupation d'être réélus, sont tentés de contester la loi Thevenoud qui vient d'entrer en application le 1er octobre en surfant sur la naïveté de l'électorat.
Peu sont ceux qui ont l'honnêteté de tenter l'explication des choix qui sont le résultat de compromis entre les divers acteurs de l'industrie de transport de personnes et qui ont permis de pondre un texte équilibré en à peine 6 mois.

A Genève, nous marchons sur la tête. Non seulement il aura fallut plus de 8 ans à Monsieur Unger et au législateur pour proposer un texte de loi, mais surtout ce texte qui vise à l'instauration de rien de moins qu'un monopole d'Etat pour une centrale unique des taxis, va exactement à l'encontre de la tendance actuelle et ne tient absolument pas compte de l'évolution technologique qui a permis la venue de Uber. Il y a donc fort à parier que cette loi qui a été votée le 27 mars 2014 n'entre jamais en application et que nous ne disposions pas avant longtemps d'un outil qui nous permettrait de nous défendre efficacement devant cette concurrence déloyale.

Pourtant la loi actuellement en vigueur permet aux autorités de sanctionner. Mais le Service du Commerce de M. Maudet prétend manquer d'effectifs pour assurer les contrôles. Pourtant, ses juristes passent leur temps à brimer les chauffeurs de taxis pour des broutilles, comme la dernière qui entend sanctionner un chauffeur qui aurait pris plusieurs clients à la fois lors de la grève des TPG. Le Scom n'a décidément pas peur du ridicule.

Alors oui, en conclusion, je pense que les taxis genevois, en concertation avec leurs homologues d'autres cantons qui subissent évidemment les mêmes pressions, devraient envisager un mouvement. Malheureusement, ils seront fustigés par la population auprès de laquelle ils ont mauvaise presse. Un peu comme les fonctionnaires qui apparaissent comme des privilégiés aux yeux de la masse laborieuse et souvent silencieuse.

Écrit par : Pierre Jenni | lundi, 15 décembre 2014

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Salut!

Bravo pour ton blog que je n'avais pas pris la peine de consulter antérieurement. Je te félicite d'avoir parfaitement compris et exprimé les enjeux de l'arrivée d'Uber dans ton blog, soit la mondialisation d'un des derniers secteurs qui ne l'est pas. Mais dans le fond, le taxi peut-il être consommé autrement que local?

Coïncidence intéressante, la nuit passée j'ai visité le site internet d'Uber pour la Suisse et les mêmes bailleurs de fonds ainsi que le lieu d'établissement d'Uber Europe m'ont sauté aux yeux. De plus et curieusement, le nom du directeur pour la Suisse romande est inconnu des registres du commerce vaudois et genevois, sauf erreur. J'en ai fait part dans la foulée à une journaliste de la radio romande que j'ai transportée aux toutes petites heures ce matin. Elle était pour le moins étonnée.

Nous avons entamé la discussion autour du Temps présent sur les taxis. Ce reportage a suscité de vives réactions au sein de la Coopérative Taxiphone à Lausanne, dont je suis sociétaire et membre de la commission de gestion.

A l’image de Genève, l'agglomération lausannoise est en pleine revision de la réglementation sur les taxis, essentiellement au sujet de la rotation des permis de stationnement, de leurs conditions d'octroi et de conservation.

Dans ce contexte, il serait souhaitable que des échanges de vues aient lieu au moins entre les représentants de la profession et ensuite les autorités afin de déterminer d'abord exactement les buts de la profession et ensuite le cadre légal communal, cantonal, fédéral (LMI et Constitution) et international (accords bilateraux) dans lequel les autorités compétentes cantonales et communales peuvent fixer des exigences et des restrictions en matière d'accès au marché. Ceci pour éviter autant que faire se peut des recours à la justice pour trancher.

Je constate avec désolation que, tout du moins à Lausanne, il est quasi-systématiquement fait abstraction du droit fédéral et international lors des discussions entre chauffeurs, ce qui aboutit toujours à des voeux pieux en matière de legislation?

A quand des Etats généraux du taxi?


Respectueuses salutations.


Daniel Kamponis

Écrit par : Daniel Kamponis | mardi, 03 mars 2015

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Bonjour Daniel,

tu me vois ravi et soulagé de te lire. Ce n’est pas souvent que j’ai l’occasion de recevoir des messages aussi clairs et bien rédigés.

"Le taxi peut-il être consommé autrement que local ?"
C’est justement ce qu’ont compris les autorités françaises en votant au pas de charge une loi extraordinaire (Thévenoux) en à peine 6 mois et qui considère l’usage d’applications comme de la maraude exclusivement réservée aux taxis.

"le nom du directeur de Uber pour la Suisse romande est inconnu des registres du commerce vaudois et genevois ?"
Les allemands ont eu le même problème et ont dû saisir les instances juridiques des Pays-bas où se trouve le seul représentant Uber pour l’Europe.

"Nous avons entamé la discussion autour du Temps présent sur les taxis..."
Je ne m’étendrai pas sur ce sujet qui présente de manière pathétique le métier en nous faisant passer pour des victimes. C’est un peu la tendance à Temps Présent d’accentuer le caractère social et les portraits. Les chauffeurs de taxis sont tout sauf des victimes et ils sont en outre des individualistes forcenés qui ne se prêtent pas à l’exercice du portrait représentatif d’une corporation.
J’ai bien évidemment tiqué sur le commentaire choisi, certainement hors contexte, de Pierre Maudet qui veut faire de la place à la concurrence que représente Uber. Mes contacts avec lui semblaient suggérer qu’il n’était pas dupe et qu’il interviendrait pour que la loi soit respectée.

"A l’image de Genève, l'agglomération lausannoise est en pleine revision de la réglementation sur les taxis,..."
Chez nous c’est révision permanente avec une nouvelle loi tous les 6 ans qui n’est jamais appliquée, faute de ressources et surtout de consultation des milieux professionnels, qui, il faut l’avouer, ont bien de la peine à se fédérer. Et Genève est le seul canton Suisse qui dispose d’une loi. Il y a autant de règlements que de communes, enfin, presque…

"Dans ce contexte, il serait souhaitable que des échanges de vues aient lieu au moins entre les représentants de la profession..."
J’ai essayé. Pas pu. Le comité de TaxiSuisse m’a empêché de les rejoindre car je ne partageais pas leurs vues sur un cadre national qui devait consacrer la libéralisation du secteur. Je t’encourage à prendre connaissance de mes diverses intervention sur le forum international des taxis de l’IRU où j’explique les raisons de l’échec de la concurrence dans notre domaine et le retour au contingents partout dans le monde.
https://www.iru.org/cms-filesystem-action/Taxi/jenni.pdf
https://www.iru.org/cms-filesystem-action?file=event_2008_taxiforum/CologneTaxiForum_Jenni.pdf

"Je constate avec désolation que, tout du moins à Lausanne, il est quasi-systématiquement fait abstraction du droit fédéral et international lors des discussions entre chauffeurs, ce qui aboutit toujours à des voeux pieux en matière de législation ?"
Il n’y a pas de droit fédéral en matière de taxi. Pas plus que nous ne devrions être concernés par les accords bilatéraux qui ne concernent que les transports de plus de 9 places. En revanche il y a une sérieuse jurisprudence du TF qui valide systématiquement une plus forte rotation des permis dans les communes où le nombre est régulé.
Genève ne peut empêcher quiconque en Suisse de prendre des clients en charge régulièrement sur son territoire. La LMI est incontournable.
Mais… ça n’a rien à voir avec Uber. Uber viole d’autres dispositions, qu’elles soient cantonales, communales ou, comme dans le cas de Lausanne, intercommunales. Uberpop devrait absolument être interdit dans le canton de Vaud car ce ne sont pas des chauffeurs professionnels.

"A quand des Etats généraux du taxi ?"
Je pense que TaxiSuisse est la plateforme idéale. Malheureusement elle fonctionne en autarcie et de manière parfaitement opaque. Il faudrait simplement prendre le pouvoir de cette instance en la rendant plus populaire et surtout représentative du plus grand nombre. Ajd elle ne représente que les entreprises de 3 taxis ou plus selon dispositions statutaires.
Autrement, je ne vois pas trop…

Écrit par : Pierre Jenni | mardi, 03 mars 2015

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