mardi, 14 avril 2015

Uber, la partie visible de l'iceberg netarchique

topelement.jpgNous vivons une époque extraordinaire. La polémique qui enfle ces jours à Genève autour du mastodonte californien, comme partout ailleurs dans le monde, n'est que l'annonce d'un changement fondamental de paradigme; la redistribution horizontale du pouvoir, la fin des structures pyramidales hiérarchiques, grâce à l'internet qui se développe dans la réalité physique des objets.

Cette révolution fondamentale est porteuse d'espoir dans un monde désillusionné qui ne fait plus confiance en ses élus devenus esclaves de l'économie prédatrice des grands groupes internationaux.

Pour ceux qui voudraient creuser, je vous encourage à lire les derniers ouvrages de Jeremy Rifkin, économiste et consultant auprès des plus grands de ce monde, qui annonce rien moins que le crépuscule du capitalisme. Ou mieux encore, Michel Bauwens, président de la fondation P2P, qui dénonce les profiteurs du flou qu'induit ce changement profond; les netarchiques.

Uber, qui n'est qu'une émanation des GAFAs (Google, Apple, Facebook, Amazon et Samsung) fait évidement partie de ces prédateurs qui s'enrichissent sur le dos des plus faibles sans apporter la moindre valeur ajoutée et surtout en se moquant ouvertement et impunément des diverses lois en vigueur dans les pays où elle sévit grâce à sa puissance financière impressionnante (40 milliards de dollars).

Les taxis, victimes d'une légende urbaine tenace, ont bien de la peine à se faire entendre. Si nous devions accorder crédit aux commentaires des divers articles les concernant, les taxis seraient tous médiocres, malpolis, sales, désagréables, roulant dans des véhicules vétustes et j'en passe... Seuls 5 % des commentateurs, qui sont des utilisateurs réguliers des services de taxis, témoignent de leur satisfaction générale et confirment n'avoir jamais vécu les mésaventures relatées par ces citoyens remontés.

A Genève, contrairement à des avis ou des impressions largement répandus, les taxis ne bénéficient pas d'un monopole. Depuis l'arrêté ASPASA de 1953, ils tentent de cohabiter avec une concurrence unique au monde, une deuxième catégorie de taxis privés et sans droit de stationnement qui peut se développer sans limitation du nombre. A cela s'ajoute quantité d'acteurs "clandestins" qui n'ont pas de permis ou d'autorisation de transporter professionnellement des personnes. Uber est de ceux-ci.

Quelques idées reçues :

- Non, Taxiphone ne craint pas la concurrence pour autant que les divers acteurs suivent les mêmes règles.

- Oui, le taxi est cher, mais pas plus qu'ailleurs dans le monde si l'on tient compte du pouvoir d'achat.

- Oui, Uber travaille à Genève avec des professionnels qui s'exposent à un retrait de permis et à une rupture de contrat avec leur prestataire principal.

- Oui, Uber travaille à perte en subventionnant les chauffeurs à hauteur d'environ 20.- de l'heure pour tenter de rester compétitifs et acquérir de plus grandes parts de marché. http://siliconvalley.blog.lemonde.fr/2014/07/04/face-aux-taxis-uber-opere-desormais-a-perte/

- Non, Uber n'est pas moins cher que le taxi dès lors que les chauffeurs ne sont pas autorisés à utiliser les  couloirs de bus. Une étude dans 70 villes du monde confirme que Uber est plus cher que le taxi. http://www.capital.fr/a-la-une/actualites/taxis-vtc-uber-qui-est-le-moins-cher-999819, http://www.goeuro.fr/indice-prix-transport-urbain

- Non, les chauffeurs de Uber ne sont pas plus courtois, polis, propres, que les taxis puisque ce sont des taxis qui enlèvent leur bonbonne.

- Oui, Uber exploite des chauffeurs déjà en situation précaire en réduisant progressivement leur marge pour rester leader. http://www.businessinsider.com/uber-drivers-across-the-country-are-protesting-tomorrow--heres-why-2014-10?IR=T

- Non Uber ne pratique pas l'économie de partage dont elle se réclame. http://www.cheatsheet.com/technology/do-apps-like-uber-and-airbnb-really-save-you-money.html/?a=viewall

- Oui, la plupart des acteurs officiels du taxi offrent des services qui n'ont rien à envier à Uber. L'application taxi.eu, disponible dans une centaine de villes en Europe, n'est pas encore bien connue du public.

 

Je me tiens volontiers à disposition pour approfondir le sujet, merci de me contacter sur mon adresse courriel.

 

 

 

13:47 Publié dans Genève, mobilité, Politique, taxis, transports | Lien permanent | Commentaires (33) | |  Facebook | |

Commentaires

Oui mais votre histoire ne mentionne que la moitié de la vérité.
1. Les taxis genevois sont-ils uniformes, de qualité égale à Genève? NON
2. Les taxis sont-ils modernes et aux normes? NON il suffit de voir certaines voitures datant de 1980 sans appuis-têtes de sécurité. Certes en bonne état mais quelle différence avec les UBER Londonien que j'ai pris: eco=toyata prius, blackcar=mercedes E derniere génération
3. Les chauffeurs sont rarement sympas, hélàs oui
4. Les chauffeurs parlent-ils français.pas toujours facile à comprendre
5. y a-t-il des centrales (garages) qui louent les taxis à des pauvres bougres souvent africains qui n'ont pas le moyens de s'en payer: oui
etc etc
La concurrence est légitime, si les taxis sont tellement bons, beaux, propres et sympas alors il n'y a pas de problème, ils continueront à exercer leur métier sans avoir à trop se soucier de la concurrence

Écrit par : Marco | mardi, 14 avril 2015

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L'Etat vend une licence pour pouvoir faire du taxi dans une ville. Les gens d'Uber la paie-t-il ?

Écrit par : Géo | mercredi, 15 avril 2015

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Les Taxis genevois devrait demander au service du commerce d'effectuer une horde de contrôle de conformité de tous les Taxis. Ceci ferait la chasse aux conducteur UBER et mettrait à niveau les taxis genevois. Le service du commerce à indiqué que près de 30% des contrôles de taxis à Genève ont relevé des infractions !
Les Taxis genevois devrait balayer devant leur porte avant de se plaindre d'UBER. Si le service des Taxis genevois étaient de qualité il serait légitime de les défendre mais 30% d'infraction ce n'est pas de la qualité, c'est même un très mauvais résultat !

Écrit par : Terrier Alain | mercredi, 15 avril 2015

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Bonjour Géo,

Vous trouverez réponse à vos questions dans mon billet ci-dessous.
http://heytaxi.blog.tdg.ch/archive/2012/07/24/taxe-d-usage-accru-du-domaine-public-pourquoi-et-comment.html

Écrit par : Pierre Jenni | mercredi, 15 avril 2015

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Alain, je vous encourage à demander le détail de ces interventions.
Vous serez surpris de découvrir que moins de 3 % concerne les taxis de service public, soit les 900 taxis qui ont le droit de stationner en ville et utiliser les couloirs de bus. La plupart des infractions sont commises par les taxis privés et les limousines qui sont comprises dans ces 30 %.

Oui, absolument, le Scom devrait faire beaucoup plus de contrôles et surtout sanctionner ce qu'il fait rarement pour défaut de base légale.
Pour exemple : Les autorités n'étant pas habilitées à se déguiser en faux client, des chauffeurs de taxis ont commandé un véhicule clandestin à Satigny qui fut cueilli à l'aéroport par la police lorsqu'il encaissa la course. Ce chauffeur était péruvien, sans permis de travail, inconnu de l'administration, conduisant un véhicule rouge immatriculé en Espagne. Il ne fut absolument pas embêté alors qu'il viole plusieurs lois.

Quant à la qualité du service, je vous prie de bien vouloir demander l'avis de nos clients réguliers. Vous serez surpris d'apprendre que nous offrons un service excellent avec un temps de réponse inférieur à 3 minutes et avec des véhicules en parfait état d'entretien qui passent une visite annuelle à l'Office cantonal des véhicules.
En hurlant avec les loups, vous ne faites que contribuer à la légende urbaine de la médiocrité des taxis, qui, faut-il le relever, est mondiale.
Même les londoniens fustigent leurs black cabs alors qu'ils suivent trois ans d'études pour passer le "knowledge" afin d'obtenir leur permis de taxi.

Écrit par : Pierre Jenni | mercredi, 15 avril 2015

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Géo, il faut comprendre que les chauffeurs qui travaillent avec Uber ne PAIENT RIEN à Genève, ni impôts, ni émoluments ou taxes, ils sont interdits et non déclarés. En revanche, 20% de leur chiffre d'affaire est directement prélevé sur leur compte en Californie, siège de la société.

Écrit par : Pierre Jenni | mercredi, 15 avril 2015

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Ce que je crains, comme le dit M. Jenni, c'est cette politique qui consiste à entrer dans le marché avec des prix cassés parce que subventionnés par l'entreprise qui embauche ces chauffeurs, et une fois le marché complètement déstabilisé, on va relever les prix à leur juste taux. Ce type de concurrence-là ne me dit rien qui vaille.

Écrit par : Jean Romain | mercredi, 15 avril 2015

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C'est à vos collègues politiques qu'il faut le dire Monsieur Romain. Je viens de lire que les jeunes PLR plébiscitent la venue de cet opportuniste.
Votre crainte est déjà une réalité en Californie. http://www.businessinsider.com/uber-drivers-across-the-country-are-protesting-tomorrow--heres-why-2014-10?IR=T

Ne pensez-vous pas qu'il en sera de même avec la redevance Billag ?

Écrit par : Pierre Jenni | mercredi, 15 avril 2015

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Les taxis genevois ont réussi l'exploit de mécontenter tout le monde, pour diverses raisons dont on a assez parlé. Ce mécontentement généralisé, vos ultimatum, vos menaces, ont fini par lasser une population qui n'en peut plus. Les jeunes PLR réagissent plus contre vous que pour Uber. N'empêche, cher Monsieur Jenni, que c'est un magistrat PLR qui a pris la décision d'interdire Uber.

Écrit par : Jean Romain | mercredi, 15 avril 2015

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Monsieur Romain, à quand un mea culpa pour avoir tant défendu la nouvelle loi sur les taxis qui consacre un monopole d'Etat ?

Écrit par : Pierre Jenni | mercredi, 15 avril 2015

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Parlons en justement de ces diverses raisons.
Si vous aviez fait votre travail correctement en commission des transports, vous auriez pris connaissance des documents qui vous ont été remis, notamment les statistiques de plaintes et de contrôles effectués par les autorités qui confirment que les taxis publics ne font l'objet que de 3 % des infractions constatées.
Tout le reste est la conséquence de la non application de la loi, l'absence de contrôles et le manque de ressources qui permettent à la loi de la jungle de sévir.
Ne vous défaussez pas de votre responsabilité politique en surfant sur la légende urbaine de la médiocrité des taxis, vous n'en sortiriez pas grandi, même si, comme Monsieur Stauffer, vous pourriez engranger quelques voix lors du prochain scrutin.
Et prenez à l'occasion le taxi, histoire de parler en connaissance de cause. Je ne vous ai jamais vu dans un de nos véhicules alors que je conduis des taxis depuis bientôt 40 ans à Genève.

Écrit par : Pierre Jenni | mercredi, 15 avril 2015

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Ne dites pas de sottises, M. Jenni !

D’abord les problèmes actuels ne proviennent pas la nouvelle loi votée par le parlement en 2014 puisqu’elle n’est pas entrée en vigueur pour les raisons que vous savez, et que nous sommes toujours actuellement sous la loi Spoeri. Donc inutile de venir agiter ce qui a été l’objet d’une réflexion d’avant la venue de Uber, réflexion qui a largement tenu compte de votre avis, mais qui ne vous satisfait pas. C’est votre droit le plus strict de contester cette loi, mais ce n’est pas vous qui faites les lois.

Deuxièmement, il ne s’agit pas d’une « légende urbaine » à propos des taxis, mais d’une réalité urbaine et rurale que ces taxis genevois ne donnent absolument pas satisfaction. Je n’approuve pas le genre de concurrence portée sur notre territoire par Uber, je l’ai dit, mais cela ne vous défausse pas du cumul des reproches adressés aux taxis, reproches réels, répétés, et qui n’ont rien à voir avec la légende. La preuve du mécontentement ? La rapidité de réaction à la pétition de vos adversaires. Ceci étant, nous traiterons cette pétition en fonction du fond et non du nombre de signatures, je l’ai aussi dit.

Écrit par : Jean Romain | mercredi, 15 avril 2015

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Libre à vous de penser que je ne suis qu'un idiot qui profère des sottises.
Evidemment, les problèmes que rencontrent les taxis ne dépendent pas de la loi inepte que vous avez largement contribué à promouvoir, ne serait-ce que pour ne pas faire de tort au député PLR, président de la sous-commission taxi et rapporteur, Antoine Barde.
Si je me suis permis d'y faire référence c'est justement pour démontrer à quel point le législatif est largué.

Maintenant, ne vous en déplaise, j'ai personnellement alerté précocement la commission, et vous en particulier, sur l'absence de dispositions concernant les applications smartphone dans votre projet. Vous avez fait la sourde oreille.

Votre réflexion ne devait pas tenir compte de mon avis, mais des documents probants qui attestent le fondé de mes remarques. Ce n'est plus un avis à ce stade mais des faits vérifiables. Travail que ni vous, ni aucun député de la commission n'a fait. D'ailleurs personne ne viendrait en débattre avec moi chez Décaillet tellement votre méconnaissance du sujet sauterait aux yeux de n'importe quel téléspectateur.

Enfin, je me suis permis de relever l'incohérence de députés PLR qui votent un monopole d'Etat, structure en voie de déliquescence avancée parfaitement anachronique, contre laquelle la droite se bat en général pour favoriser la concurrence. Mais vous n'en êtes plus à une contradiction près dans la sphère politique qui se soucie plus d'engranger des succès pour le groupe plutôt que de s'intéresser au fond des problèmes.

Je continuerai pourtant à vous suivre dans vos interventions concernant l'enseignement, car là j'ai tout à apprendre.

Écrit par : Pierre Jenni | mercredi, 15 avril 2015

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Parfait, alors vous garderez tous ces arguments au bain-marie pour venir, je le suppose, plaider en commission, et répondre point par point à ce que prétend Uber.

Écrit par : Jean Romain | mercredi, 15 avril 2015

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Avec grand plaisir, sauf que...
Je n'ai plus de mandat officiel auprès de la corporation qui vous permettrait de me convoquer.
Dommage. Mais je reste à disposition de ceux qui voudraient VRAIMENT comprendre.

Écrit par : Pierre Jenni | mercredi, 15 avril 2015

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Ce qui importe davantage que les lois et réglements, ce sont les sentiments que les habitants de cette ville de Genève ont de leurs taxis. Et là, force est de constater que cela ne plaide pas véritablement en faveur de votre corporation. Alors le arguments rationnels...

Écrit par : Michel Sommer | mercredi, 15 avril 2015

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Michel Sommer@ Exactement le raisonnement qu'on pouvait attendre de vous. Les taxis genevois n'ont peut-être pas bonne réputation - je n'ai jamais eu à m'en plaindre, de l'aéroport au 19 avenue de la Paix...- mais la question n'est pas là. Ils ont du débourser 200'000 francs pour une licence pour exercer leur métier, pas les gens d'Uber. Il n'y a donc rien à discuter, à moins de marcher sur la tête...

Écrit par : Géo | mercredi, 15 avril 2015

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Géo, il me semble que cela fait au moins deux ou trois ans, que ce montant n'est plus d'actualité. Si je ne m'abuse, elle est passée à 80'000.- et, désormais, à quelque-chose comme 40'000 francs. Mais Monsieur Jenni me corrigera, si nécessaire.

N'oublions pas non plus, que si nous utilisons UBER, nous engraissons par la même occasion, les enflures de Goldman Sachs. Alors oui, à contrario, certains n'ayant pas eu la possibilité d'ouvrir un kebab, ont fini par faire chauffeurs de taxis, et la chose semble empirer, mais ne les mettons pas tous dans le même panier, juste les 3/4.

De mon côté, si j'ai vraiment besoin d'un taxi, j'appelle toujours le même, un jour avant, pour savoir s'il est disponible. On oublie pas quelqu'un qui ne vous à pas fait payer l'intégralité d'une course.

Écrit par : Laurent Lefort | jeudi, 16 avril 2015

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Laurent Lefort @ Quel qu'en soit le montant, l’État vend des concessions pour exercer le droit de transporter des personnes sur son territoire. Et Uber joue sur les mots en se prétendant simple entreprise de réservation. Au mieux, elle est complice d'un délit. Son interdiction est donc totalement logique et le manque de clairvoyance de ses partisans fait un peu peur.
Dans tout ce débat sur les bienfaits de la concurrence, on oublie l'effet "tomate valaisanne" : c'est rentable, alors tout le monde en fait. Le marché s'effondre et la production de tomates valaisannes est jetée au Rhône...

Limiter l'accès à un marché en l'assujettissant à des concessions est peut-être contraire au libéralisme pur et dur, mais s'assujettir trop strictement à des principes n'est pas libéral non plus...

Écrit par : Géo | jeudi, 16 avril 2015

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Amazon va-t'il être interdit de livrer des livres à Genève afin de protéger les libraires locaux ?

Va-t'on interdire Instagram afin de protéger le marché des sms tenus par les opérateurs téléphoniques autorisés en Suisse ?

Faut-il interdire l'usage des mails afin de protéger la poste ?

Faut-il interdire les pelles mécaniques afin de favoriser l'usage des pelles et des pioches ? Le Conseil d'Etat l'avait fait ! Avant que d'être désavoué par le Tribunal fédéral. C'était dans le Valais.

L'interdiction d'Uber -ou de Rosalie- est du même acabit.

Une interdiction qui protège Taxiphone service sa. Entreprise qui abuse de sa position dominante en menaçant les chauffeurs de taxi qui feraient appel à Uber, et qui plus est peut-être à tort puisque Uber n'est peut-être pas une centrale d'appel de Taxi. Procès en diffamation à venir ?

Une interdiction qui protège les prix élevés des taxis. Comme le rappelle la Julie les chauffeurs de taxis se plaignent de ce que les chauffeurs qui travaillent avec Uber facturent moins cher. Ce qui est légal, la loi ne fixant pas des prix mais des prix maximun. Les prix pratiqués par les disciples de Taxiphone sont les prix maximun.

Il se plaignent d'avoir un difficile travail. C'est bien possible. Ils n'ont qu'à faire autre chose et je le dis franchement pour certains ailleurs serait mieux.

Ils ont investis et ont fait le mauvais investissement. Et bien se sont des entrepreneurs qui se sont plantés. Cela arrive tout les jours et l'Etat de dédommage pas ceux qui ont fait un mauvais investissement. Même si c'est le fait d'une modification de la loi. Voir, pour exemple, celui de la perte de valeur des fonds de commerce lors de la suppression du monopole de la vente d'alcool dans les bistrots.

Maudit Maudet.

Écrit par : UNTER | jeudi, 16 avril 2015

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Merci à Géo de recadrer le débat. La question de fond ne traite pas de la qualité des services puisque ce sont des chauffeurs de taxi qui travaillent avec Uber à Genève, et souvent ceux qui sont dans les situations les plus désespérées puisqu'ils sont prêts à scier la branche sur laquelle ils sont assis.
La vraie question est traitée en ce moment à Bruxelles avec une attaque frontale contre Google pour position dominante.
Je ne doute pas que le recours au TF contre la décision de la chambre administrative genevoise remette les pendules à l'heure. C'est soit une concurrence déloyale, soit une société qui travaille sans autorisation comme semble le suggérer la cour de justice.

Écrit par : Pierre Jenni | jeudi, 16 avril 2015

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@Unter. Comme je le relève dans le dernier article en ligne de la Tdg, ce ne sont pas les applications qui sont en cause, mais leur usage.
Vous avez raison de relever le changement de paradigme profond qui bouleverse des pans entiers de l'économie, mais je vous encourage à creuser un peu plus pour voir ce que cachent les grands groupes internationaux. Notamment dans l'article que j'ai mis en lien de Michel Bauwens lorsque vous cliquez sur "dénonce" au troisième paragraphe.
Ensuite on reprend la discussion si vous le voulez bien...

Écrit par : Pierre Jenni | jeudi, 16 avril 2015

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Il s'agit aussi de comprendre que l'accès à la profession n'est pas limité, c'est interdit depuis 1953. Il est parfaitement impossible de protéger économiquement une corporation par des barrières d'accès.
En revanche ce qui a continuellement été confirmé par la jurisprudence c'est le besoin de limiter le nombre de taxis sur la voie publique pour des raisons évidentes de place sur la voirie, stations de taxis, couloirs de bus, gare et aéroport.

Écrit par : Pierre Jenni | jeudi, 16 avril 2015

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J'encourage aussi Unter à discuter avec M. Pascal Vandenberghe, directeur chez Payot, qui explique les dérives de position dominante dans les groupes de publication et distribution. Depuis que j'ai compris ce qui se passe, je paie mes livres un tiers plus cher pour soutenir sa cause.
A force de vouloir toujours payer moins cher sans se soucier des dégâts collatéraux on participe au chaos et à la guerre.

Écrit par : Pierre Jenni | jeudi, 16 avril 2015

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La taxe que paient les chauffeurs de taxis pour obtenir leur permis va dans un fonds compensatoire, pas dans la poche de l’Etat. Le problème actuel de Uber n'est pas lié à ce fonds.

« Art. 21 (d la LTaxis en vigueur)
4 Le permis est délivré contre paiement d’une taxe unique affectée à un fonds constitué aux fins d’améliorer les conditions sociales de la profession de chauffeur de taxi et de réguler le nombre de permis. Le fonds est géré par le département ou par les milieux professionnels dans le cadre d’un contrat de prestation.
6 Le Conseil d’Etat détermine les modalités de gestion du fonds et fixe le montant de la taxe de manière à ce que, en fonction de la rotation des permis, les détenteurs qui cessent leur activité perçoivent un montant compensatoire au moins égal à 40 000 F. La taxe est égale ou supérieure au montant compensatoire et son montant maximum fixé par le Conseil d’Etat. »

Écrit par : Jean Romain | jeudi, 16 avril 2015

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Merci Monsieur Romain pour cette précision qui me permet de rebondir sur une nouvelle incompétence du parlement qui a validé le pillage de ce fonds pour indemniser les chauffeurs lésés par une décision de l'exécutif invalidée en justice.
Une action est en cours pour récupérer les 3 millions que vous avez volé aux taxis pour corriger votre bourde.
Mais comme vous le relevez, c'est un autre sujet. Nous y reviendrons...

Écrit par : Pierre Jenni | jeudi, 16 avril 2015

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La question de Uber pourrait être réglée simplement en s'inspirant de la loi Thévenoux qui a été votée au pas de charge en France.
La solution consiste à considérer la commande d'un transporteur à l'aide d'une application comme de la maraude réservée aux taxis qui disposent de l'usage accru du domaine public. En effet, choisir le taxi le plus proche de vous avec un smartphone est une manière moderne de lever le bras. Hey taxi !
Il va sans dire que Uber conteste la loi française. Le résultat de leur recours sera déterminant pour l'Europe entière.

Écrit par : Pierre Jenni | jeudi, 16 avril 2015

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Votre solution est étrange. Si on téléphonait à un taxi privé (bleu) il pourrait venir et si on le smartphonait il ne pourrait pas venir. Et si on le smartphonait depuis un local privé alors qu'il serait sur un terrain privé, il ne pourrait pas venir. Votre idée montre que manifestement vous n'intégrez pas les modifications technologiques disruptives et que vous vous accrochez à de vieilles badernes.

Vous vous référez à la France qui a un gros problème : elle s'accroche à de vieilles badernes. Inspirez vous donc un peu plus de Singapour que de Paris. Y compris dans la tactique pour neutraliser Uber. On leur a imposé grosso modo deux conditions : vrais taxis et prix maximum. Puis on a observé. Puis on s'adapte et on fait mieux qu'eux. Et Uber se retrouve(ra) réduit à la portion congrue.

Il est vrai que Singapour a une population plus civilisée et des chauffeurs taxis beaucoup plus civilisés que les nôtres.

Mais bon, le problèmes des taxis est celui des chauffeurs de taxis dont beaucoup ne sont pas à la hauteur, notamment parmi deux "groupes ethniques", que je ne citerais pas mais que vous connaissez bien et qui sont surreprésentés à l'aéroport.

De toutes les manières ce problème sera réglé lorsque le transport individuel à la demande (TID) sera automatisé. Autrement dit lorsque les taxis n'auront plus besoin de chauffeur. La voiture automatisée se profilant et arrivant sur le marché dans quelques années vous aurez encore le temps de vous opposer au progrès et moi de m'en réjouir.

Par ailleurs vous avez écrit que 20 % des chauffeurs sont sous acte de défaut de bien. Peut-on admettre de tels chauffeurs ? En tous les cas la loi actuelle s'y oppose pour les indépendants (privé bleu ou public jaune) car ils doivent être solvables.

La loi ne devrait-elle pas aussi l'exiger pour les salariés dès lors que ces salariés collectent l'argent ?

N'y a-t'il pas des indépendants sous ADB qui devraient se voir interdire d'exercer ?

N'y en a-t'il pas parmi les leaders de la contestation ?

C'est avec eux que MauditMaudet discute ?

Quant à Amazon, ce n'est pas uniquement une question de prix. C'est une question de catalogue de livres disponibles. Catalogue énorme, livraison le lendemain. Chez Payot c'est sympathique et Mme Hoffman fait des efforts. J'adore les librairies. J'avais pour l'habitude de faire des tours aux USA avec étapes dans les Border et Barnes et Nobles et, à Shanghai, je ne manque jamais un détour par un immeuble librairie.

Pour en revenir à Payot , c'est sympa mais ils ont rarement ce que je veux. Je devrais alors commander et livraison à 3 jours si je me redéplace et si c'est en Suisse, autrement c'est à à la saint glinglin. D'ailleurs il ne savent pas si le livre est en Suisse et je dois l'accepter et le payer jusqu'à la saint glinglin. Quant au droit de retour ...

Le monde change, il faudra vous y faire .....

Écrit par : Unter | jeudi, 16 avril 2015

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Unter@ Vous négligez le contrôle des chauffeurs. C'est une position idéale pour les violeurs, les voleurs et toutes sortes d'aigrefins. Si vous prenez le taxi comme Blanc à Lagos, tout seul comme un grand, votre espérance de vie ne dépasse pas quelques minutes, le temps d'aller chez des copains du chauffeur pour vous zigouiller après vous avoir torturé pour obtenir vos codes bancaires...
Des abus sexuels ont déjà été commis par des chauffeurs Uber, je ne me souviens plus où...
En sortant du cadre étatiste, c'est la porte ouverte au grand n'importe quoi. Un aspect à ne peut-être pas oublier...

Écrit par : Géo | jeudi, 16 avril 2015

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@ Geo

Vous mélangez tout. Je n'ai jamais prétendu que les chauffeurs qui ont un accord avec Uber, comme certains en ont un avec Taxiphone service SA, ne doivent pas être des chauffeurs de taxi en bonne et due forme.

Ainsi on ne sort aucunement du cadre "étatiste".

Tout au plus peut on se demander quels contrôles sont effectués sur les chauffeurs de taxis. Casier judiciaire au départ, mais le contrôle devrait être continu et il ne l'est pas. Solvabilité au départ (pour les indépendants), mais le contrôle devrait être continu et il ne l'est pas. De plus la solvabilité pour un employé de taxi qui est au contact de clients fragilisés et de leur porte monnaie n'est pas même exigée. Votre "cadre étatiste" est défaillant.

A Genève, si vous êtes "jaune" et allez de l'aéroport à Vandoeuvre, attendez-vous à une ponction supplémentaire liée au détour pas Plan-les-ouates, surtout si vous tombez sur la mauvaise "ethnie", votre "cadre étatiste" n'y changeant rien. Et puis si vous êtes une vieille "blanche" et que vous devez allez à l'hôtel Moewenpik, allez-y à pied.

Des taxis officiels violents ou violeurs, il y en a aussi.

Enfin à Lagos afin d'améliorer nettement votre espérance de vie, je vous recommande de faire appel à Uber, qui y opère.

Écrit par : Unter | jeudi, 16 avril 2015

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Je mélange tout ? Il suffirait de rechercher cette histoire de chauffeur Uber abuseur. Bien sûr que la situation actuelle n'est pas complétement satisfaisante, mais la solution apportée par Uber est la pire de toutes. La loi doit être la même pour tous, et Uber prétend ne pas s'occuper de taxis. Crédible ?

Écrit par : Géo | jeudi, 16 avril 2015

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@ Géo

Tamtam de grand-mère
_______________________________

Vous téléphonez à un chauffeur de taxi et lui demandez de venir. C'est légal et c'est clairement précisé dans la nouvelle loi.

Rosalie, l'application de l'association Rosalie
________________________________________________________

Vous prenez votre smartphone et lancez l'application Rosalie. Apparaissent sur une carte les taxis qui ont souscrit à Rosalie et qui sont au voisinage. Avec votre doigt vous un choisissez un. Apparaissent des renseignements sur ce taxi tels que le type de voiture (vous pouvez aussi choisir de n'afficher que les taxis selon des critères par vous choisis). Il vous convient et vous composez son numéro, par un deuxième clic (on peut vous mettre un cadran si vous le voulez). Le chauffeur vous répond. Il vous demande où venir vous chercher et, là un autre clic et apparait l'adresse où vous êtes, un deuxième clic et elle sera lue par le smartphone à travers la ligne traditionnelle téléphonique au chauffeur. Affaires conclue et il vient. Vous suivez sa progression.

Voudriez-vous me dire en quoi Rosalie diffère du légal TamTam de Grand mère. C'est l'usage de terminaux plus intelligent que le cadran de votre téléphone au bout d'une ligne téléphonique. Le client et le taximan concluent un contrat oral entre entre eux, sans intermédiaire. Rosalie n'est pas une compagnie de taxi, ni une centrale d'appel de taxi, parce qu'il y a contact direct entre le taximan et le client.

Uber
_____
Comme Rosalie sauf qu'il y a une plus grande automatisation. On fait un clic et le chauffeur de même. Il y a donc aussi un échange direct de consentement entre le client et le taximan. C'est là le point qui pourrait s'avérer juridiquement crucial.

Cela dit il y a des problèmes. Le premier est que Taxiphone service sa, le quasi-monopole du coin, menace les taxis sous contrat des pires mesures de rétorsion (rétorsion c'est légal contrairement à représaille) s'ils travaillent aussi avec Uber. Mais la clause d'exclusivité que les chauffeurs ont signé ne concerne-t'elle pas que les centraux d'appel de taxi et donc pas Rosalie. Si c'est le cas les chauffeurs désireux d'être Rosalie et Taxiphone sont victimes de contrainte. Et cela serait grave si cela était avéré. Taxiphone services sa pourra s'attendre à un sacré retour de manivelle judiciaire.

Au fond le problème ce n'est pas seulement Uber, c'est aussi Taxiphone, son arriération technologique, ses prix et ses méthodes avec les chauffeurs sous contrat, qu'elles soient légales ou non.

Le problème est aussi que Taxiphone admet en son sein des chauffeurs de taxis qui refusent les petites courses, qui refusent un client parce qu'il sont troisième de la file de taxi à une personne âgée qui a besoin de ce troisième taxi parce que c'est plus ou moins un SUV (et puis de toute manière elle a le droit de choisir celui qui lui chante)et qui font des détours inutiles. Je crois que l'on perd de vue que peu de clients se plaignent parce que cela ne sert à rien et qu'il craignent des représailles (à tort bien sûr) des groupes ethniques aéroportuaires.

@ Jenni

Bien sûr que j'ai conscience de ce qu'est Uber et de qui est derrière. Ce ne sont pas des philantropes. C'est pour cela que je trouve bien meilleure la méthode singapourienne visant à un extraire la substantifique moelle et à les balancer. Je vous ait partiellement écouté lors de votre intervention téléphonique et bien je vous signale que les taxis singapouriens sont moins cher qu'à Genève et que ce pays a un PIB par habitant plus élevé que la Suisse.

Avez vous des information sur les taxis singapouriens, les miennes sont celles du consommateur ?

En vous remerçiant de votre patience.

Écrit par : UNTER | jeudi, 16 avril 2015

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Bonjour Unter. Je vous remercie de prolonger un peu le débat.
En premier lieu, je pense que ce qui est vraiment important c'est de comprendre le but de sociétés comme Uber. Non seulement ils pratiquent un esclavagisme moderne, mais à terme ils tentent de phagocyter des pans entiers de l'économie et rendre les consommateurs et les acteurs définitivement captifs. Ce sont eux qui visent le monopole. La CE ne s'y est pas laissée prendre et attaque Google pour position dominante. Je vous encourage à prendre connaissance des divers liens que j'ai postés dans mon billet pour en savoir un peu plus.

Concernant Taxiphone, vous proférez plusieurs accusations que je suis obligé de corriger.
- Taxiphone ne détient pas de monopole et les chauffeurs qui ont choisi de s'y affilier ont fait leurs calculs.
- Taxiphone propose une application aussi moderne que celle de Uber, enfin presque... elle le sera dans les semaines à venir lorsqu'il sera possible de l'utiliser pour le paiement.
- La charte de qualité que les chauffeurs ont signée et qui, soit dit en passant m'a valu ma place, est très sévère avec les comportements inadéquats que vous dénoncez. Les récidivistes voient leur contrat dénoncé.
- Uber travaille avec des taxis ou des candidats malheureux qui n'ont obtenu que le permis professionnel. Ils ne se comportent ni mieux ni plus mal que n'importe quel chauffeur professionnel au monde.
- Le prix du taxi est un sujet qui mérite un chapitre à lui tout seul : http://heytaxi.blog.tdg.ch/archive/2008/05/26/vous-avez-dit-chers-les-taxis.html
- Si le tribunal cantonal n'a, dans un premier temps, pas reconnu la concurrence déloyale, c'est sur le principe que Uber est reconnue comme une centrale de distribution de courses qui n'a pas demandé et donc obtenu d'autorisation. Recours au TF a été déposé.
- La concurrence est presque toujours saine, sauf lorsqu'elle ne fonctionne pas. C'est le cas dans le domaine du taxi. C'est la raison pour laquelle un peu partout dans le monde, on revient à des limitations du nombre. Je développe ce sujet un peu partout sur mes blogs, mais surtout lors de ma présentation à l'IRU : http://www.iru.org/en_6taxiforum et http://www.iru.org/en_event_2ndtaxiforum au bas de la page d'accueil.
- La clause de non concurrence est une évidence. Aucune centrale ne peut garantir la responsabilité de chauffeurs qui travailleraient pour plusieurs prestataires.

Enfin pour Singapour, je vous renvoie le lien suivant qui vous prouve que Uber y est plus cher : http://www.goeuro.fr/indice-prix-transport-urbain

Globalement, si vous êtes intéressé à en savoir plus, je vous encourage à lire mes diverses contributions sur le sujet et tous les billets de Hey taxi !
Mais quelque chose me dit que ce qui vous intéresse ce n'est pas vraiment l'information mais plutôt d'avoir raison. C'est humain, mais insatisfaisant pour ceux qui ont un minimum de rigueur dans leur approche.
On peut vivre avec des croyances, mais on peut aussi aller vérifier si elles sont fondées.

Je me réjouis pourtant de la suite de cette discussion.

Écrit par : Pierre Jenni | vendredi, 17 avril 2015

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