mardi, 14 avril 2015

Uber, la partie visible de l'iceberg netarchique

topelement.jpgNous vivons une époque extraordinaire. La polémique qui enfle ces jours à Genève autour du mastodonte californien, comme partout ailleurs dans le monde, n'est que l'annonce d'un changement fondamental de paradigme; la redistribution horizontale du pouvoir, la fin des structures pyramidales hiérarchiques, grâce à l'internet qui se développe dans la réalité physique des objets.

Cette révolution fondamentale est porteuse d'espoir dans un monde désillusionné qui ne fait plus confiance en ses élus devenus esclaves de l'économie prédatrice des grands groupes internationaux.

Pour ceux qui voudraient creuser, je vous encourage à lire les derniers ouvrages de Jeremy Rifkin, économiste et consultant auprès des plus grands de ce monde, qui annonce rien moins que le crépuscule du capitalisme. Ou mieux encore, Michel Bauwens, président de la fondation P2P, qui dénonce les profiteurs du flou qu'induit ce changement profond; les netarchiques.

Uber, qui n'est qu'une émanation des GAFAs (Google, Apple, Facebook, Amazon et Samsung) fait évidement partie de ces prédateurs qui s'enrichissent sur le dos des plus faibles sans apporter la moindre valeur ajoutée et surtout en se moquant ouvertement et impunément des diverses lois en vigueur dans les pays où elle sévit grâce à sa puissance financière impressionnante (40 milliards de dollars).

Les taxis, victimes d'une légende urbaine tenace, ont bien de la peine à se faire entendre. Si nous devions accorder crédit aux commentaires des divers articles les concernant, les taxis seraient tous médiocres, malpolis, sales, désagréables, roulant dans des véhicules vétustes et j'en passe... Seuls 5 % des commentateurs, qui sont des utilisateurs réguliers des services de taxis, témoignent de leur satisfaction générale et confirment n'avoir jamais vécu les mésaventures relatées par ces citoyens remontés.

A Genève, contrairement à des avis ou des impressions largement répandus, les taxis ne bénéficient pas d'un monopole. Depuis l'arrêté ASPASA de 1953, ils tentent de cohabiter avec une concurrence unique au monde, une deuxième catégorie de taxis privés et sans droit de stationnement qui peut se développer sans limitation du nombre. A cela s'ajoute quantité d'acteurs "clandestins" qui n'ont pas de permis ou d'autorisation de transporter professionnellement des personnes. Uber est de ceux-ci.

Quelques idées reçues :

- Non, Taxiphone ne craint pas la concurrence pour autant que les divers acteurs suivent les mêmes règles.

- Oui, le taxi est cher, mais pas plus qu'ailleurs dans le monde si l'on tient compte du pouvoir d'achat.

- Oui, Uber travaille à Genève avec des professionnels qui s'exposent à un retrait de permis et à une rupture de contrat avec leur prestataire principal.

- Oui, Uber travaille à perte en subventionnant les chauffeurs à hauteur d'environ 20.- de l'heure pour tenter de rester compétitifs et acquérir de plus grandes parts de marché. http://siliconvalley.blog.lemonde.fr/2014/07/04/face-aux-taxis-uber-opere-desormais-a-perte/

- Non, Uber n'est pas moins cher que le taxi dès lors que les chauffeurs ne sont pas autorisés à utiliser les  couloirs de bus. Une étude dans 70 villes du monde confirme que Uber est plus cher que le taxi. http://www.capital.fr/a-la-une/actualites/taxis-vtc-uber-qui-est-le-moins-cher-999819, http://www.goeuro.fr/indice-prix-transport-urbain

- Non, les chauffeurs de Uber ne sont pas plus courtois, polis, propres, que les taxis puisque ce sont des taxis qui enlèvent leur bonbonne.

- Oui, Uber exploite des chauffeurs déjà en situation précaire en réduisant progressivement leur marge pour rester leader. http://www.businessinsider.com/uber-drivers-across-the-country-are-protesting-tomorrow--heres-why-2014-10?IR=T

- Non Uber ne pratique pas l'économie de partage dont elle se réclame. http://www.cheatsheet.com/technology/do-apps-like-uber-and-airbnb-really-save-you-money.html/?a=viewall

- Oui, la plupart des acteurs officiels du taxi offrent des services qui n'ont rien à envier à Uber. L'application taxi.eu, disponible dans une centaine de villes en Europe, n'est pas encore bien connue du public.

 

Je me tiens volontiers à disposition pour approfondir le sujet, merci de me contacter sur mon adresse courriel.

 

 

 

13:47 Publié dans Genève, mobilité, Politique, taxis, transports | Lien permanent | Commentaires (33) | |  Facebook | |