jeudi, 18 juin 2015

Uberall

fotolia_35202860_xs.jpgDans Le Monde du 30 avril 2015 on apprend que "Travis Kalanick n'a jamais caché ses ambitions : le transport de passagers n'est qu'une première étape pour Uber."

On remercie les Américains de penser à nous, toujours avec un peu d'avance, même s'ils nous piquent une commission non déclarée au passage.   


Nous attendons donc tous impatiemment Ubercare qui prendra soin de nos vieux parents ou Ubersex qui permettra de s'envoyer en l'air avec les meilleurs puisqu'on pourra les noter de une à cinq étoiles.

Non, ce n'est pas de la prostitution, vous n'y pensez pas ! Ce ne sont que des applications numériques qui mettent en relation des adultes consentants contre tarification. Rien à voir avec nos belles des Pâquis dûment déclarées.

On se réjouira aussi de Uberexit. Il y a fort a parier que dans le tarif sera compris une livraison du corps au crématoire avec votre lettre de départ.

Tiens, dites, les gars de Ubercop devront-ils porter l'uniforme ?

Mais surtout, vivement Ubergod qui devrait nous assurer une place au paradis. Bon, les tickets risquent d'être un peu cher, mais le salut n'a pas de prix. Enfin..., pour ceux qui ont les moyens comme nous pouvons le voir en Méditerranée.

09:50 Publié dans Economie, Monde, Politique, Société - People, taxis, transports | Lien permanent | Commentaires (25) | |  Facebook | |

Commentaires

Écoutez ... tant que l'état (proxénète) encaisse des impôts ... UberSex aura une longue ... vie.

Écrit par : Victor-Liviu DUMITRESCU | samedi, 02 mai 2015

Répondre à ce commentaire

Précisément, l’État ne les encaisse pas de la part d'Uber...C'est d'ailleurs pour cela que c'est très rentable. Il s'agit de pillage pur et simple. En fait, ils ont réinventé l'économie au noir...

Écrit par : Géo | samedi, 02 mai 2015

Répondre à ce commentaire

Au fond, votre argument est la reductio ad hitlerum.

Écrit par : Unter | samedi, 02 mai 2015

Répondre à ce commentaire

@geo

L'impôt sur le revenu encaissé des chauffeurs traditionnels est, au vu de leur revenu, proche de zéro. De plus, il ne paient pas la TVA dès lors que leur chiffre d'affaire est inférieur à 100'000 francs par an. Autant dire que fiscalement ils ne rapportent pas grand chose.

Par contre, à en lire la Tribune de Genève, Uber paie 8 % de TVA sur l'intégralité de la course (cela est possible au vu de la jurisprudence du Tribunal fédéral). C'est dire que le businness model d'Uber est bien plus favorable aux caisses publiques que les taxis à la Jenni.

Il semble donc, sur la base des infos de la Tribune, que vous vous plantiez. Et puis si l'info de la Tribune était erronée, l'AFC devrait s'y coller sans omettre de penser aux concurrents d'Uber, comme le monopole de fait local.

Écrit par : CEDH | samedi, 02 mai 2015

Répondre à ce commentaire

Bien répondu !
Bien que je ne comprend pas tout à fait ce que l'affaire Google vient faire là dedans...

Écrit par : Urs LOTZE | dimanche, 06 mars 2016

CEDH, sachez que Uber n'a pas de N° TVA. Elle n'existe pas physiquement en Suisse. On est dans le virtuel avec un seul siège européen aux Pays-bas.
Comme le relève le directeur de Uber pour l'Europe dans Le Temps du 25 avril(http://www.letemps.ch/Page/Uuid/44f1d0f6-eaa4-11e4-a4c3-0255b4a09538), "Notre siège social installé à Amsterdam prélève 20% du prix de chaque course, mais 80% restent à Genève."
Il reconnait donc sans rougir que ces montants ne sont pas déclarés dans notre pays. Quant au solde, Uber n'a aucun raison de communiquer les recettes à l'administration fiscale, non seulement en raison du secret entretenu au sujet des chiffres, mais surtout car la législation suisse protège la sphère privée.
Mais ce qui me surprend, c'est que ma remarque sur les commissions est anecdotique en regard de ma charge ironique qui met l'accent sur les velléités hégémoniques de ce groupe. C'est pourtant le fond de la question.
Apparemment le monde se réjouit d'être pris en otage par ces nouveaux monopoles. Quoique... quand on voit se qui se passe partout avec la fermeture récente de Uber au Brésil, au Portugal et en Espagne et les tentatives plus ou moins désespérées de la commission Européenne de démanteler Google, la résistance est bien là.

Écrit par : Pierre Jenni | dimanche, 03 mai 2015

Répondre à ce commentaire

Urs, Google est l'actionnaire principal de Uber !

Écrit par : Pierre Jenni | dimanche, 06 mars 2016

Quant à vos insinuations sur les revenus supposés des chauffeurs de taxis qui ne seraient évidemment pas en relation avec la réalité, je vous encourage à vérifier que 20% des chauffeurs de taxis sont sous acte de défaut de bien et n'arrivent plus à nourrir leur famille. Attaquez-vous à de meilleures cibles. Un seul criminel en col blanc ramènerait dans les caisses autant que les quelques centaines de francs volés à des chauffeurs qui passent plus de 10 heures, 6 jours sur 7, derrière leur volant. C'est petit.

Écrit par : Pierre Jenni | dimanche, 03 mai 2015

Répondre à ce commentaire

CHE-325.270.563
Voilà le numéro IDE/RC/TVA de Uber Switzerland Gmbh dont le siège est à Zürich.

Fraude fiscale
Je n'ai jamais accusé les chauffeurs de taxi d'être des fraudeurs. J'ai relevé qu'au vu de leurs faibles revenus ils payaient peu ou pas d'impôt sur le revenu.

Écrit par : CEDH | dimanche, 03 mai 2015

Répondre à ce commentaire

Même problématique à Lausanne. les chauffeurs de taxi menacent de faire grève.
Extrait de l'article de 24 heures :
"Cédric Delorme, de Taxis Royal, développe. "Les conducteurs Uber n'ont pas de tachygraphe, pas de permis professionnel, pas de formation obligatoire qui dure de quatre à six mois, pas de contrôle médical, pas d'investissements à consentir...Je suis pour la concurrence, mais avec les mêmes règles."...

Écrit par : Géo | lundi, 04 mai 2015

Répondre à ce commentaire

A Lausanne, c'est bien pire. Non seulement ils sont sous le coup d'une centrale unique sur le modèle soviétique, mais en plus ils laissent faire Uberpop qui, comme vous le relevez, permet à tout un chacun de pratiquer le métier sans en avoir les connaissances et autorisations, en parfaite violation des règles fédérales et plus particulièrement de l'OTR.
Le problème est général en Suisse qui subit une exception mondiale avec deux catégories de taxis qui cohabitent difficilement depuis 1953 et l'arrêté ASPASA. La venue de Uber devrait enfin permettre de remettre en question la pléthorique jurisprudence qui sacralise une interprétation rigide de l'art. 27Cst sur la liberté de commerce.
Et peut-être enfin verrons-nous émerger un cadre national qui permette de distinguer clairement les taxis avec usage accru du domaine public des autres offres de transport professionnels que sont les VTC, limousines, transports handicap, vélo-taxis, taxi-scooters et autres Uber qui sont autant d'offres qui proposent des alternatives valables réclamées par le public.

Écrit par : Pierre Jenni | lundi, 04 mai 2015

Répondre à ce commentaire

"Cédric Delorme, de Taxis Royal : Je suis pour la concurrence, mais avec les mêmes règles."
Peut-on dire que la concurrence exercée par UBER est déloyale ?
Moi j'y répond oui.

Écrit par : Victor-Liviu DUMITRESCU | lundi, 04 mai 2015

Répondre à ce commentaire

Victor, c'est plus grave que déloyal. Uber se fout complètement des lois et règlements en vigueur dans les divers pays se prétendant ni ceci, ni cela, mais juste une société technologique qui mets des gens en relation. Un peu comme le Ubersex que je projette dans mon pamphlet.
Notre chambre constitutionnelle n'a pas retenu la concurrence déloyale estimant que Uber est une centrale de distribution de courses soumise à autorisation. Bien évidemment, Uber s'en défend et ne demande pas d'autorisation. Il la prend. Tout simplement. Faut dire que quand on dispose de plus de 40 milliards de dollars, ça facilite les choses...

Écrit par : Pierre Jenni | lundi, 04 mai 2015

Répondre à ce commentaire

Je suis une personne pratique, c'est pourquoi je préfère un taxi, ou bien à la limite, Mobility.
Tout sauf UBER.

https://www.mobility.ch/fr/clients-prives/

Meilleures salutations, Pierre.

Écrit par : Victor-Liviu DUMITRESCU | lundi, 04 mai 2015

Répondre à ce commentaire

Voici le lien que mon ami Géo, a oublié de mentionner.

http://www.20min.ch/ro/news/vaud/story/Taxis-officiels-en-guerre-ouverte-contre-Uber-12597034

La réponse de ce responsable ... Steve Salem : «Nous ne cannibalisons par le marché, estime-t-il. Nous l’agrandissons avec une offre complémentaire.»

Écrit par : Victor-Liviu DUMITRESCU | lundi, 04 mai 2015

Répondre à ce commentaire

@ Dumitrescu

A Lausanne, il est question d'Uberpop, une toute autre question sur laquelle nous pourrions gloser, mais il n'est plus question de transport par des professionnels.

Quant à vous, prenez ce qui vous chante, y compris un taxi standard genevois s'il accepte de vous prendre en charge. Par exemple, de l'aéroport jusqu'à chez vous, les Avanchets, vous avez de bonne chance de vous faire jeter par un chauffeur stationnant à l'aéroport. Et aussi une probabilité nettement supérieure à 20 % d'être conduit par un chauffeur qui détient à tort une carte professionnelle d'indépendant; sa carte aurait dû être révoquée à raison de son insolvabilité.

@ Jenni

Les chauffeurs perclus d'ADB ne peuvent légalement être des taxis indépendants. L'Etat est défaillant en les laissant conduire. Qu'est-ce que Taxiphone a fait pour ne pas conclure de contrats avec de tels chauffeurs, notamment lors que vous étiez administrateur de Taxiphone SA ?

Vous nous parlez de chauffeur travaillant 60 heures par semaine (trop au regard de l'OTR 2 ?) pour ne pas arriver à faire vivre leur famille (et donc ne payer aucun impôt sur le revenu et aucune TVA). Il existe donc un problème social certain. Croyez-vous que c'est au usagers des taxis, genevois ou étrangers, de payer les pots cassés ? Croyez-vous que le traitement de ces cas sociaux relève de la réglementation des taxis ? Moi pas.

L'Etat doit commencer par retirer la carte professionnelle à tous ceux qui sont perclus d'ADB ou ont un casier judiciaire, simple application de la loi. L'Etat doit immédiatement solliciter de chaque chauffeur de taxi un extrait de casier judiciaire, y compris pour les étrangers, un extrait de leur pays d'origine. De plus il doit être demandé un extrait des poursuites pour chacun des lieux d'établissement au cours des 5 denières années. Et il doit procéder régulièrement à de telles mesures.

Et tant Taxiphone qu'Uber seraient bien inspirés de faire de même.

Écrit par : CEDH | lundi, 04 mai 2015

Répondre à ce commentaire

Je peine à vous suivre CEDH. Que proposez-vous ? D'un côté on parle de déréguler afin de laisser la place à une pseudo concurrence sur un marché déjà bien saturé puisque le Conseil d'Etat vient de diminuer le nombre de taxis autorisés sur la voie publique et de l'autre vous rappelez des dispositions légales contraignantes qui n'existent dans aucune autre profession.
S'il est vrai que la question de la solvabilité doit être examinée lors de la demande d'autorisation d'exploiter un taxi à titre indépendant, aucun article de la loi ou du règlement oblige le département à faire des contrôles une fois l'autorisation acquise. Et si ce devait être le cas, ces personnes tomberaient directement à l'assistance sociale alors qu'elles ont encore la possibilité de subvenir à leurs besoins fondamentaux tant qu'elles conservent un métier.

Ce n'est évidemment pas aux clients de faire les frais des problèmes sociaux que rencontrent les chauffeurs de taxis. En revanche, la responsabilité de la situation repose largement sur l'Etat qui vote des lois absconses qu'il n'applique pas et qu'il change tous les 6 ans en passant d'une extrême à l'autre. Soit de la libéralisation totale à un monopole d'Etat et retour.
Les dégâts sont à chaque fois conséquents. A tel point que les entreprises ont toutes mis la clef sous la porte. Il n'est donc plus possible de trouver une place en tant que salarié dans notre métier.

Si le sujet vous intéresse, je vous encourage à prendre le temps de lire les articles que j'ai publiés sur ce blog. Vous aurez une bonne vision d'ensemble et comprendrez un peu mieux ce que vivent les taxis d'ici ou d'ailleurs.

Écrit par : Pierre Jenni | lundi, 04 mai 2015

Répondre à ce commentaire

Monsieur Jenni,

Vous commettez une grossière erreur de droit. L'octroi d'une carte de conducteur de taxi indépendant est une autorisation administrative qui est attribuée à la condition que le chauffeur de taxi remplisse certaines conditions dont celles de probité et de solvabilité; et ces conditions doivent perdurer. Si tel n'est pas le cas l'Etat doit mettre fin à l'autorisation.

Il est vrai que l'autorité n'est pas tenue de procéder à des vérifications sauf à être nantie de faits laissant entendre qu'une de ces conditions n'est plus, dans un cas particulier, réunie.

Cependant rien n'interdit à l'autorité compétente de procéder à un tel contrôle d'office. Et le pouvoir politique devrait incontestablement veiller à ce que l'administration procède au contrôle de solvabilité. Il a d'ailleurs été alerté par un fin connaisseur de la profession : selon vous 20 % des chauffeurs sont sous actes de défaut de bien !

Si Maudet ne faisait pas son travail, il incomberait alors au Grand Conseil, certes d'abroger la loi adoptée, mais en y incluant une disposition unique : celle visant à contraindre l'administration à la vérification immédiate d'abord, puis périodique des conditions d'honorabilité et de solvabilité.

Cela sera un premier pas en faveur du rétablissement de l'ordre public, qui n'est plus assuré dans le domaine des taxis à Genève. L'Etat, dans sa grande lâcheté, renonce à protéger les consommateurs, notamment les étrangers de passage et les personnes âgées. Et Taxiphone, si on comprend votre réponse en faveur de la violation du droit objectif, aussi. J'imagine qu'Uber aussi d'ailleurs.

J'invite donc Uber et Taxiphone à améliorer leurs services en veillant à ce que les chauffeurs sous contrats soient solvables et honorables en adoptant les mesures indiquées dans mon précédent message.

Monsieur Jenni, le premier problème est le taxi et non pas la manière dont on le réserve !

Taxiphone ou une autre centrale, Uber ou une installation téléphonique rudimentaire, une station de taxi ou un taxi en circulation, là n'est pas le problème, le problème et la solution c'est le chauffeur.

Le Taxi doit être réglementé pour assurer l'ordre public. Et cette réglementation doit être effective. C'est là le point essentiel d'une réglementation des taxis. Si l'on est pas d'accord sur ce point, il n'est pas la peine d'aller plus loin.

Et, désolé, le service des taxis n'est pas un service d'assistance sociale car cela et antithétique au maintient de l'ordre public et à la protection des étrangers de passages et des personnes âgées.

Écrit par : CEDH | mardi, 05 mai 2015

Répondre à ce commentaire

CEDH, votre commentaire me ravit. Je me bats depuis plus de 10 ans pour faire comprendre ce que vous venez d'écrire ci-dessus aux autorités qui se sont toutes cassées les dents sur les taxis et qui ont cédé aux sirènes du libéralisme.

Vous avez parfaitement raison, de relever les questions d'ordre public qui obligent le législateur à réguler cette profession. Le drame c'est que les députés n'écoutent pas les remarques des professionnels et pataugent. Il suffit de voir ce qui s'est passé à la commission des transports durant les 3 années qui ont précédé la votation en plénière de la dernière loi dite Unger.
Non seulement le rapport ne fait état que des travaux de la sous-commission tant les deux premières années furent vaines et impossible à résumer, mais surtout la loi sera abrogée avant même d'entrer en vigueur.
Essayez de comprendre ce que vivent les professionnels dans une telle insécurité juridique qui remet chaque fois fondamentalement en question les bases du métier.

Uber ne vient pas sur ce marché pour améliorer la qualité du service, mais pour se sucrer sur des chauffeurs en situation précaire qui n'ont d'autre alternative que de céder à ce miroir aux alouettes qui subventionne dans un premier temps pour atteindre la masse critique et qui réduit ensuite les tarifs pour rester compétitif dans un marché saturé.
Lorsque vous prenez un véhicule Uber, vous avez en principe affaire à ceux que vous dénoncez, ceux qui n'arrivent tout simplement plus à tourner.

Pour être solvable, il faut gagner sa vie décemment. Ce n'est pas en ouvrant le marché à des alternatives sauvages et sans scrupule que l'on va améliorer la qualité du service. Comme nous l'avons déjà vérifié chez nous en 1992 et en ce moment à Zürich qui passe à 5.- le km ainsi que partout ailleurs dans le monde, la libéralisation a accéléré la hausse des prix et la dégénérescence du service.

Et oui encore, le taxi n'est pas un métier d'assistance sociale, et les chauffeurs s'accrochent pour ne pas dépendre de l'Etat. Sauf que ce dernier profite d'un accès relativement facile pour "se débarrasser" des personnes en fin de droit. Ainsi le taxi devient la poubelle du chômage.

J'aurais grand plaisir à discuter un peu plus en profondeur de ce sujet avec vous si vous en avez envie. Il est difficile de faire le tour de la question si nous ne pouvons pas rebondir immédiatement sur certains propos et s'assurer d'une bonne compréhension sémantique pour avancer constructivement.

Concernant Uber et les analyses des diverses tentatives de libéralisation dans le monde, je ne peux que vous encourager à visiter le site de l'IRU qui publie les interventions d'acteurs en vue dans le monde du taxi, que ce soient des autorités administratives, des politiques, des entrepreneurs ou des chauffeurs. Sur le sujet des applications, Matthew Daus, ancien commissaire au Taxi Limousine Commission de New York durant 12 ans, est la référence. Victor Dizengoff, actif durant plus de 50 ans à NY explique pourquoi les Etats-Unis sont tous revenus à un système de régulation du nombre après avoir fait le constat de l'échec de la libéralisation.
Vous trouverez ma contribution en bas de la page d'accueil.
https://www.iru.org/fr_event_2ndtaxiforum

Écrit par : Pierre Jenni | mardi, 05 mai 2015

Répondre à ce commentaire

J'avais déjà lu votre contribution à l'IRU. Je ne pense pas comme vous qu'il faille capituler devant la chienlit, pas plus que je pense que la concurrence soit impossible.

La concurrence peut exister. Les technologies modernes le permettent. Il est très facile d'avoir plusieurs applications sur son smartphone. Il est aussi possible de créer, afin d'assurer une concurrence nécessaire, une application regroupant tous les taxis. J'ai crû comprendre que Singapour, réagissant à Uber, allait en ce sens. Une application qui mentionnerait leurs qualités et/ou appartenance. Il serait aussi possible de rendre obligatoire l'apparition sur cette application.

Les appartenances aux centrales peuvent offrir des taxis de meilleures qualités que d'autres selon la centrale (à mon sens cela existe déjà si on prend les bleus en considération). Des organismes indépendants ou de consommateurs pourraient tester, comparer et certifier.

On peut se demander si le niveau cantonal (voire communal) est encore adapté.

Station de taxi : Il est possible et légal de choisir celui que l'on veut. Sauf qu'à le faire on risque de se faire assommer. Et les chauffeurs ne risquent rien à tricher. L'Etat doit, sur chaque station publique le rappeler et informer activement les voyageurs à l'aéroport et à la gare.

Quant à la difficulté de contrôle, elle est due à l'existence de marginaux sociaux et/ou culturels. Il faut y mettre fin. Honorabilité et solvabilité doivent être contrôlée. La loi doit clairement définir quelles sont les trangressions et les sanctions lourdes qui vont avec. Il fait laisser moins de pouvoir d'appréciation aux autorités et à la justice administrative. Peut-être faudrait-il même procéder par voie constitutionnelle. La mentalité doit être tolérance zéro et three times out.

Concurrence. Respect de l'ordre public.

On ne peut pas pas laisser une mission d'intérêt public être opéré par des personnes qui parlent à peine le français, ignorent nos us et coutumes et méprisent nos lois.

Écrit par : CEDH | mardi, 05 mai 2015

Répondre à ce commentaire

La Loi, CEDH, n'est pas respectée par l'Administration elle-même.
Lisez l'article 7, je vous prie.

http://www.ge.ch/legislation/rsg/f/rsg_h1_30.html

Art. 7 Carte professionnelle de chauffeur de limousine

1 La carte professionnelle de chauffeur de limousine confère au chauffeur le droit d’exercer son activité comme chauffeur indépendant d’une limousine ou comme employé d’un exploitant indépendant ou d’une entreprise de limousines.
2 L’autorisation est strictement personnelle et intransmissible; elle est délivrée par le département lorsque le requérant :
a) a l’exercice des droits civils;
b) est Suisse ou est au bénéfice d’une autorisation lui permettant de travailler en Suisse comme indépendant ou comme employé;
c) offre des garanties de moralité et de comportement suffisantes;
d) a réussi les examens prévus à l’article 27;
e) est détenteur du permis de conduire et de transporter professionnellement des personnes et, pour la conduite des minibus, des autorisations et certificat fédéral de capacité prévus par le droit fédéral.
3 La carte mentionne si le chauffeur qui ne possède pas la nationalité suisse a qualité pour travailler en tant qu’indépendant également, selon l’autorisation de séjour ou de travail qui lui a été délivrée, et si le chauffeur est autorisé à conduire des minibus.


Vous avez raison d'écrire ceci :

"On ne peut pas pas laisser une mission d'intérêt public être opéré par des personnes qui parlent à peine le français, ignorent nos us et coutumes et méprisent nos lois.
Écrit par : CEDH | mardi, 05 mai 2015"

Pour éviter de me dire que mon commentaire ne concerne QUE les chauffeurs de limousine, je l'ai vu et lu.
Mais je pense que pour les taxis, cela doit être similaire.

Écrit par : Victor-Liviu DUMITRESCU | mardi, 05 mai 2015

Répondre à ce commentaire

Les faits sont têtus CEDH et ils confirment systématiquement. Les lois du marché ne s'appliquent pas au domaine des taxis que vous le pensiez ou non.

Comme vous le releviez très justement dans un précédent commentaire, ce ne sont pas les modes de commande qui posent problème mais les taxis eux-mêmes.
Les centrales n'ont pas attendu sur la venue de Uber pour offrir la dernière technologie disponible. L'application Taxi.eu qu'utilise Taxiphone est sur le marché depuis déjà 5 ans et n'a rien à envier à Uber.
Quant à regrouper tous les taxis sous une application, cela revient à faire la centrale unique de Unger, soit un monopole d'Etat qui est juste l'antithèse de la compétition.

Je ne saisis pas ce que vous entendez par apparition et appartenance. Si vous pensez à la photo du chauffeur, le TF a invalidé cette disposition qui violait la sphère privée. Je n'ose évoquer la question d'appartenance qui semble suggérer un délit de faciès que subissent la plupart de nos chauffeurs originaires en grande majorité du magreb.

Oui, dans les pays comme la Suède qui conservent un régime libre, ce sont les centrales qui se sont distinguées pour sortir du lot. Mais... Il a fallut développer des ressources très importantes pour contrôler l'activité alors que tous les Etats sont déjà lourdement endettés. Et oui, ne vous en déplaise, la pléthore d'offres créé les conditions pour toutes les dérives.

Je vous rejoins sur les dispositions communales. Genève est le seul canton de Suisse qui dispose d'une loi. Partout ailleurs ce sont des règlements communaux ou rien. Ce qui crée une gabegie terrible, notamment en relation avec la LMI qui permet à qui le veut de pratiquer son activité source dans un canton de destination. Il serait certainement judicieux de plancher sur une loi cadre au niveau fédéral.

Pour les stations, je vous trouve injuste. Vous pouvez à n'importe quel moment choisir votre taxi entre ceux qui sont disponibles sur la station et personne ne s'en offusque même si la coutume veut qu'on prenne le premier. C'est une question de savoir vivre. Le chauffeur que vous aurez choisi passera un petit mot au premier pour lui expliquer que vous voulez sa voiture.

Enfin pour ce qui est des contrôles, j'observe que vous prônez la tolérance zéro et donc des contrôles accrus qui sont en l'état impossibles vu le manque de ressources de l'Etat. Par ailleurs, les derniers magistrats en charge se sont tous prononcés pour une simplification des dispositions.

Bref, je serais tenté de vous dire : "faites-moi confiance, je sais de quoi je parle". J'étais déjà sur les genoux des grévistes en 64. Les comités se tenaient à la maison.

Écrit par : Pierre Jenni | mardi, 05 mai 2015

Répondre à ce commentaire

Victor, la carte professionnelle ne permet pas à un chauffeur de pratiquer à titre d'indépendant. Il soit obtenir une autorisation d'exploiter selon les articles 9 à 15 LTaxis. La solvabilité est une condition. CEDH a parfaitement raison.

Écrit par : Pierre Jenni | mardi, 05 mai 2015

Répondre à ce commentaire

"Les faits sont têtus CEDH et ils confirment systématiquement. Les lois du marché ne s'appliquent pas au domaine des taxis que vous le pensiez ou non."

Mais, Monsieur Jenni, pour que lois du marché s'appliquent il faut qu'existe un marché. Le capitalisme pur sucre détruit, par une tendance sinon monopolistique a tous le moins oligopolistique, les marchés. L'Etat a pour vocation à maintenir les marchés, à tous le moins dans un Etat où règne constitutionnellement l'économie de marché comme c'est le cas en Suisse.

Et pour cela il faut des compétiteurs corrects. Et donc des chauffeurs de taxis corrects. Et tel est loin d'être le cas. Les condamnés, les insolvables, les transgresseurs récidivistes, ceux qui parlent mal le français et l'anglais (s'ils veulent accéder à l'aéroport) doivent être sortis du marché. Il s'agit là d'une condition indispensable au bon fonctionnement des taxis. Sans cela c'est peine perdue.


"Quant à regrouper tous les taxis sous une application, cela revient à faire la centrale unique de Unger, soit un monopole d'Etat qui est juste l'antithèse de la compétition."

Pas le moins du monde. Il s'agit au contraire de l'occasion unique de créer un marché, un marché des offreurs de prestations, de tous les offreurs de prestations. Une application générale doit existe avec tous les taxis. C'est tout. Après ils peuvent être indépendants, collaborer avec une centrale, avoir un label de qualité, apparaître sur une autre application ... meilleures comme celle de Taxichose...


"Je ne saisis pas ce que vous entendez par apparition et appartenance. Si vous pensez à la photo du chauffeur, le TF a invalidé cette disposition qui violait la sphère privée."

Le devoir d'apparaître sur l'application générale avec les mentions minimales comme le prix, qui doit rester libre sous réserve d'un maximum, et des mentions autorisées, comme le type de véhicule. La photo autorisée ou interdit ? A voir.


"Je n'ose évoquer la question d'appartenance qui semble suggérer un délit de faciès que subissent la plupart de nos chauffeurs originaires en grande majorité du magreb."

Appartenance à une centrale.


"Pour les stations, je vous trouve injuste. Vous pouvez à n'importe quel moment choisir votre taxi entre ceux qui sont disponibles sur la station et personne ne s'en offusque même si la coutume veut qu'on prenne le premier. C'est une question de savoir vivre. Le chauffeur que vous aurez choisi passera un petit mot au premier pour lui expliquer que vous voulez sa voiture."

Prendre le premier est une question de savoir vivre ! Et bien non, pas le moins du monde. Le client choisi celui qu'il veut choisir et le savoir vivre du chauffeur c'est de respecter la loi qui le lui impose. Quant à pratiquer ainsi sur le terrain, je crois que vous n'y connaissez pas grand chose.

En conclusion, Monsieur Jenni je ne vous fait pas confiance. Votre expérience est grande, votre réflexion intéressante, mais vous faites partie d'une catégorie d'offreur. Et les demandeurs ont leur mot à dire ainsi que les offreurs autres.

Mais bon, je ne crois pas que la situation va s'améliorer de beaucoup avant que les chauffeurs de taxi, automatisation de la conduite des VA aidant, disparaissent. En attendant, je continuerai à évacuer l'aéroport en TPG ou en voiture privée.

Écrit par : CEDH | jeudi, 07 mai 2015

Répondre à ce commentaire

Merci CEDH de prolonger un peu la discussion. Je vois que vous faites partie de ceux qui savent et qui tentent d'apprendre aux autres. Il faut de tout pour faire un monde.
Dans le cas qui nous occupe ici, je suis plutôt à l'aise puisque je conduis des taxis depuis bientôt 40 ans et que j'ai eu l'occasion de diriger une centrale pendant 6 ans. En outre, je suis aussi parfois client des taxis et je circule en principe à vélo. C'est la raison pour laquelle j'ai intitulé ce blog "les taxis genevois et la mobilité". Dommage que mon expérience ne vous inspire pas confiance.
Juste quelques remarques :

1. Une intervention de l'Etat dans les règles de l'offre et de la demande fausse le marché. L'intervention qui consisterait à dire qui peut et ne peut pas ou plus faire du taxi revient à la tendance du projet Unger de créer un monopole d'Etat pour mieux contrôler l'activité qui s'apparente à un service public.

2. Une application générale ? Mais c'est déjà le cas. Les diverses apps sur le marché offrent toutes les mêmes fonctionnalités que vous relevez et vont même plus loin en calculant le prix de la course si vous introduisez votre destination. Et aujourd'hui toutes les centrales utilisent ces outils. Ce que tente Uber, c'est de phagocyter ce marché par sa puissance financière qui lui permet de se moquer des lois et des sanctions afin de devenir le seul acteur sur ce segment et vraisemblablement sur d'autres à venir. Vous pouvez déjà commander votre UberBox de sushis à Genève.

3. Non la question de savoir vivre n'incombe pas ici au client mais au chauffeur qui explique à son collègue que le client a choisi sa voiture. C'est une question d'attitude qui permet d'éviter les malentendus. D'ailleurs à ce sujet, j'ai souvent observé que pour qu'il y ait conflit il faut être deux. Le client participe aussi aux situations tendues et il serait certainement judicieux d'installer des cameras dans les taxis pour pouvoir retracer les circonstances qui ont mené à une plainte.

C'était un plaisir de dialoguer avec vous.

Écrit par : Pierre Jenni | jeudi, 07 mai 2015

Écrire un commentaire