Justice, where are you ? (Ziggy Marley)

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C'est à dessin que je reprends cette image qui me permet de relativiser mon dépit que seuls l'indolence, la nonchalance et le flegme du reggae peuvent traduire sans trop prendre à coeur ce que décrit admirablement bien Bruno Hubacher sur son blog.

 

 

 

Car chez nous comme ailleurs, le troisième pouvoir a perdu son indépendance et notre dernière instance est devenue de plus en plus timide et réservée pour valider la résistance contre un libéralisme particulièrement décomplexé dans notre pays.

 

C'est ainsi que dans les trois recours des taxis contre quatre dispositions de la LTVTC, le TF a d'abord pris plusieurs pages pour expliquer son devoir de respect du fédéralisme et de non intervention dans les choix politiques des cantons. Notre cause a été évacuée en quelques pages qui auront tout de même demandé plus de vingt mois de traitement. Je pensais, à tort, que cette durée inhabituelle indiquait un malaise. Le TF a trouvé le moyen de dire exactement l'inverse dans les deux premières causes sans aucune crainte d'être pris en défaut de contradiction.

 
 
Dans sa réponse au recours de Taxi plus Sàrl qui dénonçait une violation de l'égalité de traitement entre concurrents directs par des examens d'accès différents, le TF résume sa position en mettant l'accent sur la différence de service ainsi (page 9) :
 
N'en déplaise à la recourante, cette différence de traitement ne consacre toutefois aucune violation du principe de l'égalité de traitement entre personnes appartenant à la même branche économique. En effet, la LTVTC/GE prévoit un système fondé sur deux catégories de transporteurs professionnels de personnes, introduisant la distinction entre "taxi" (art. 4 let. a LTVTC/GE( et "voiture de transport avec chauffeur" (art. 4 let. b LTVTC/GE). Cette loi confère des droits et impose des obligations variant selon le type d'activité exercée par le transporteur.
...Au vu de ce qui précède, force est de constater que le statut des deux catégories de transporteurs professionnels de personnes prévues par la LTVTC/GE (chauffeurs de taxis et chauffeurs VTC) et les droits et obligations en dérivant sont suffisamment différents pour leur appliquer certaines règles ou restrictions distinctes...
 
 
Dans sa réponse au recours de Hey taxi ! Sàrl qui dénonçait la violation de la jurisprudence dans la foulée de l'ATF 79 / 334 (Aspasa - 1953), le TF insiste ici sur le caractère similaire de l'activité  (page 12) :
 
... en prévoyant un système hybride, le législateur genevois s'est conformé à la jurisprudence, dans la mesure où le service en question est fourni par deux catégories de véhicules : les taxis, dont le nombre est limité en lien avec l'usage accru du domaine public dont ils bénéficient, et les voitures de transport avec chauffeur, qui offrent un service analogue aux taxis mais ne jouissent pas de l'usage accru du domaine public.
 
 
Il faut lire l'arrêt ASPASA que j'ai proposé en lien sur mon précédent billet pour comprendre la démarche tant des recourants que du TF. Force est de constater comme je le relevais que ce sont bien 60 ans de jurisprudence qui ont été balayés. Les VTC sont dorénavant la deuxième catégorie de taxis même s'ils ne portent pas ce nom.
Mais alors, il semble évident qu'ils devraient être soumis aux mêmes exigences d'accès puisque pour profiter de l'usage accru du domaine public il faut s'acquitter d'une taxe causale. C'est la seule différence objective dans l'activité. Le TF dit tout et son contraire dans une contorsion honteuse qui en dit long sur l'état de la justice dans notre pays.
 
Je passe sur le troisième recours qui n'apporte rien au débat si ce n'est une confirmation de l'abandon de ASPASA.
 
En sus de cette flagrante contradiction, le TF suggère que Hey taxi ! Sàrl aurait dû s'attaquer au principe même de la suppression de la deuxième catégorie de taxis et non à une disposition transitoire. Or, cela indique que le TF n'a pas compris la démarche de la société de taxis qui soutenait la suppression de la deuxième catégorie de taxis mais qui considérait que si, comme le TF l'a confirmé, les VTC constituaient dorénavant la deuxième catégorie selon la jurisprudence, alors les taxis privés devaient rejoindre cette catégorie et ne pas se voir délivrer d'autorisation d'usage accru du domaine public. C'est donc bien la disposition visée qui est concernée (Art 46 al. 2). Car la conséquence fut dévastatrice sur les entreprises. Et c'est là que l'on peut vérifier à quel point le TF n'a pas saisi le propos puisqu'il prétend que (6.4.2 page 12) :
 
... En outre, et surtout, la Société a de toute façon le droit de demander l'attribution de cinq autorisations d'usage accru du domaine public sur la base de l'art. 46 al. 1 LTVTC/GE et de continuer ainsi à exercer son activité économique comme elle le faisait sous l'ancienne loi. ... la norme litigieuse n'a donc aucun effet sur la situation de la recourante.
 
 
Il est parfaitement hallucinant de lire ça lorsqu'on sait que toutes les entreprises se sont vues immédiatement vidées de la presque totalité de leur personnel sans espoir de pouvoir les remplacer avant un ou deux ans puisqu'il faut présenter un permis de taxi pour pouvoir exercer. Or il n'y a que deux sessions d'examen par an avec un taux d'échec important. 
 
 
Enfin nous pouvons vérifier la parfaite mauvaise foi des juges lorsqu'ils prétendent que l'augmentation importante du nombre de taxis autorisés sur la voie publique n'aurait pas d'incidence et que les milieux professionnels n'auraient pas documenté et motivé leur argument.
 
A la page 7 en point 5.3 de l'arrêt du TF envers Hey taxi ! Sàrl on peut lire :
"...Comme le relève la recourante, la norme litigieuse peut donc conduire à une augmentation des chauffeurs de taxis titulaires d'une autorisation de ce type. Il ne ressort toutefois pas de l'arrêt attaqué que cela aurait pour conséquence d'empêcher l'utilisation optimale du domaine public. L'intéressée ne le démontre pas, se limitant à se référer à des éléments ne résultant pas de l'arrêt entrepris et à affirmer de manière appellatoire que le nombre total d'autorisations délivrées serait excessif."

En prenant connaissance de la détermination du DSE que j'ai ajoutée aux annexes de ce billet et qui a été transmise en pièce probante à la Cour, on comprend que le TF n'en a pas pris compte s'il l'a seulement consultée.
 
 
Aujourd'hui, après 18 mois de pénible survie grâce à un dépôt provisoire des plaques à l'OCV, j'ai enfin pu retrouver des chauffeurs pour louer ces autorisations. Le TF n'a rien compris. A moins qu'il n'ait simplement pas voulu jeter un pavé dans la mare et créer un précédent face à Uber and Co. C'est juste une honte, un scandale.
 
 
Je reste à disposition de ceux qui voudraient en savoir plus, soit au travers des commentaires, soit directement par ma messagerie mail.
 

 

TAXIS PLUS Aff LTVTC Arrêt du TF du 13 05 2019.pdf

Hey taxi ! Décision TF du 13 mai 2019 .pdf

Arrêt TF Sehata 13.05.2019.pdf

Décision du DSE - 01.09.2014.pdf

Taxis regulations around the world by Pierre Jenni 8.11.14.pdf

Commentaires

  • Ce billet conclu le triptyque de ma déconvenue et tombe sur un 1er juillet qui restera une date sombre puisque c'est le jour de l'entrée en vigueur de la LTVTC en 2017.

  • Les VTC ont maintenant "l`usage accru du domaine public"? Pourtant, leurs chauffeurs n`ont pas a passer l`examen taxi ou est-ce que ca a changé aussi?

  • Je ne comprends pas exactement le sens de vos propos sur le point commenté par JJ. Aussi je crois utile de signaler que les VTC ne bénéficient pas d'un droit d'usage accru du domaine public.

  • Oui, merci de le préciser CEDH. C'est tellement évident pour moi que j'ai omis de le rappeler.

  • Je sais que le sujet n'est pas évident Jean. Je vous remercie pour votre curiosité, mais je mesure à quel point personne n'y comprend rien. J'ai pondu cette série de billets pour laisser une trace et évacuer ma frustration tout en sachant que personne ou presque ne me lira.

    Non, les VTC sont devenus la deuxième catégorie de taxis visée par la jurisprudence qui permet une limitation du nombre à la condition expresse qu'il existe une catégorie de taxis, aujourd'hui nommée transporteurs professionnels, non soumise au numerus clausus.

    En revanche j'ai combattu la disposition qui permettait aux anciens taxis privés d'obtenir l'usage accru du domaine public car ils devaient logiquement être considérés comme des VTC, soit des taxis sans usage accru du domaine public comme ils ont toujours pratiqué le métier.

  • Les bleus (taxis privés) sont devenus jaunes (taxis publics). Pour vous, cela n'est pas logique. Mais il ne s'agit pas là d'un argument constitutionnel. Vous vous êtes plaint, comme le TF l'a souligné, de ce que l'on ait conféré aux autres, les bleus, de nouveaux droits. Pas de ce que l'on ait diminué les vôtres. Evidemment cela, de fait, augmente la concurrence. Cependant, le Tribunal fédéral a implicitement considéré que, faute d'être atteint juridiquement dans vos droits, vous ne pouviez vous plaindre des droits conférés aux autres.

    Quels arguments aviez vous fait valoir ? Et comment. Sans prise de connaissance de votre mémoire de recours, nous n'en sauront jamais rien. Pensez-vous que l'on puisse se plaindre en tous les cas de ce que l'Etat accorde des avantages aux autres ?

    Parce que dans ce cas, je vous signale qu'il n'est pas logique que ceux qui ont les moyens de payer le taxi puisse se déplacer plus vite que le simple péquin qui roule à bord de sa tire à 1'500 balles (files taxis, passage sous et par la gare).

  • Je ne tiens pas à créer encore plus de confusion en publiant ici notre démarche avec nos écritures tant à la CACJ qu'au TF et les innombrables pièces annexées. Mais je vous les fais volontiers parvenir sur votre mail.
    Quant aux privilèges des voies de bus, non seulement j'estime que les taxis devraient être considérés comme faisant partie intégrante du service public, comme le rappelle d'ailleurs le TF en point 3.1 page 10 de l'arrêt contre Taxi plus Sàrl :
    "...Cette distinction entre chauffeurs de taxis et chauffeurs VTC poursuit en outre un intérêt public légitime, à savoir promouvoir un service public efficace et de qualité (art. 1 al. 2 LTVTC/GE)"
    Mais en outre, et comme je l'explique dans de précédents billets, le taxi n'est plus un luxe réservé à des nantis et tous ceux qui ont fait leurs calculs ont compris qu'ils économisaient sur leur budget en prenant deux taxis par jour tous les jours ouvrables plutôt que s'offrir un deuxième véhicule pour le ménage, ce qui est la moyenne suisse.
    Donc, ce n'est pas le prix du véhicule qui est déterminant mais l'ensemble des charges liées qui font exploser ce poste dans le budget familial.

  • Pour les questions plus directement liées à la mobilité de tous, je vous renvoie sur ma série de six billets en faveur de la traversée de la rade. Vous risquez de ne pas aimer mon idée de péage urbain, plutôt que taxe d'usage, pour s'offrir l'ouvrage.

  • Pour monsieur tout le monde, qui n'a pas deux voitures, mais une voiture achetée à bas prix et qui souffre au vu du montant de son loyer, le taxi c'est le luxe.

    "J'applaudi pas forcément le richetaud qui file à toute berzingue alors je crève de chaud en queuttant". (Je cite de mémoire le propriétaire du véhicule à 1'500 francs)

    Quant à moi qui n'ai qu'une seule voiture, avec la clim il est vrai, je ne vois pas pourquoi le richetaud en taxi me passe devant le nez, qui plus est conduit par un chauffeur que je paie avec mes impôts.

    De tels privilège doivent pour des raisons climato-écologiques être réservés aux véhicules comportant plusieurs personnes(et une de plus s'il s'agit d'un taxi). Pas au taxi.

    Vous relèverez que je ne m'offusque pas du taxi faisant usage de ce privilège alors qu'il est en service mais à vide.

    Qu'est-ce que le peuple en penserait ?

    Une initiative populaire qui vous enlèverait ce privilège se planterait-elle à coup sûr ?

  • Pour monsieur tout le monde, qui n'a pas deux voitures, mais une voiture achetée à bas prix et qui souffre au vu du montant de son loyer, le taxi c'est le luxe.

    "J'applaudi pas forcément le richetaud qui file à toute berzingue alors je crève de chaud en queuttant". (Je cite de mémoire le propriétaire du véhicule à 1'500 francs)

    Quant à moi qui n'ai qu'une seule voiture, avec la clim il est vrai, je ne vois pas pourquoi le richetaud en taxi me passe devant le nez, qui plus est conduit par un chauffeur que je paie avec mes impôts.

    De tels privilège doivent pour des raisons climato-écologiques être réservés aux véhicules comportant plusieurs personnes(et une de plus s'il s'agit d'un taxi). Pas au taxi.

    Vous relèverez que je ne m'offusque pas du taxi faisant usage de ce privilège alors qu'il est en service mais à vide.

    Qu'est-ce que le peuple en penserait ?

    Une initiative populaire qui vous enlèverait ce privilège se planterait-elle à coup sûr ?

  • Je ne suis pas sûr de suivre le fil de cette discussion.
    Si vous avez bien lu l'arrêt contre Taxi plus Sàrl, il est fait mention d'une disposition qui faisait partie du recours et qui a été retirée entre-temps. Eh bien figurez-vous que la LTVTC prévoyait d'interdire l'usage des voies de bus aux taxis qui n'étaient pas en charge. Le parlement a spontanément corrigé cette aberration qui empêchait les taxis d'atteindre leurs clients dans un délai raisonnable.

  • Oui et c'est tant mieux. Ce qui m'insupporte est le fait que le taxi puisse emprunter les voies réservées avec un client à bord, qui a ainsi le privilège de la rapidité.

  • Ben là faudra vous en prendre à la stratégie du parlement qui veut inciter le transfert modal et décourager par des mesures discutables les TIM. C'est l'autre volet de mon combat pour la mobilité au sens général. Je prétends avoir les clés pour retrouver de la fluidité pour tous les modes.

  • Il y en a tant que ca, de ces "anciens taxis privés"?

  • Les chiffres sont disponibles au point 5.3 de l'arrêt contre Hey taxi ! Sarl.
    Ils sont d'ailleurs révélateurs des errements du département qui a joué au yoyo avec le nombre maximal d'autorisations.
    Nous sommes donc passés de 875 à 1300, pour redescendre à 1100 puis remonter à 1200 et redescendre le mois suivant à 1100. C'est un autre sujet, et un autre scandale. Je joins un courrier de Pierre Maudet aux annexes du billet qui permet de mieux saisir une partie de la problématique. Mais je vous averti Jean, vous risquez bien d'éprouver encore plus de confusion...

  • Vous comprendrez en outre que le TF est particulièrement à côté de la plaque lorsqu'il prétend que l'augmentation du numerus clausus n'a pas d'incidence vérifiable. Ce document du DSE prouve le contraire.
    On comprend aussi pourquoi les milieux professionnels ont du forcer la main à Pierre Maudet qui prévoyait cette augmentation massive et qui a du se résigner à la diminution même si elle fut moindre que demandée et pour des raisons inacceptables du manque de moyens pour indemniser les sortants.
    Car la LTVTC a créé un fond d'indemnisation de 16'000'000.- qui rend ridicule les réticences du département. Je vous passe d'autres scandales liés à ce fond, mais vous comprendrez au travers de toutes ces mésaventures que les professionnels n'avaient d'autre option que de saisir la justice face à la mauvaise foi et mauvaise volonté des autorités d'appliquer le droit en vigueur.

  • A la page 7 en point 5.3 de l'arrêt du TF envers Hey taxi ! Sàrl on peut lire :
    "...Comme le relève la recourante, la norme litigieuse peut donc conduire à une augmentation des chauffeurs de taxis titulaires d'une autorisation de ce type. Il ne ressort toutefois pas de l'arrêt attaqué que cela aurait pour conséquence d'empêcher l'utilisation optimale du domaine public. L'intéressée ne le démontre pas, se limitant à se référer à des éléments ne résultant pas de l'arrêt entrepris et à affirmer de manière appellatoire que le nombre total d'autorisations délivrées serait excessif."

    En prenant connaissance de la détermination du DSE que j'ai ajoutée aux annexes de ce billet et qui a été transmise en pièce probante à la Cour, on comprend que le TF n'en a pas pris compte s'il l'a seulement consultée.

  • Monsieur Jenni,

    La pièce en question est-elle de celle que vous avez produites pour la première fois devant le Tribunal fédéral ?

    Elle a l'avantage de mettre en avant que les organisations cherchent à tordre la loi en mettant en avant leur chiffre d'affaire. Peut-être peut-elle être modifiée. Des motifs sociaux peuvent, aujourd'hui et contrairement à ce qui était en 1953, invoqués par un canton pour limiter la liberté d'entreprendre.

  • Non cette pièce était partie intégrante de notre action auprès de la CACJ. Comme vous le relevez, et comme semble le confirmer la disposition de l'art. 42 LTVTC, il est possible d'invoquer les revenus pour justifier des dispositions. Ceci dit, dans notre action pour la diminution du nombre de taxis autorisés, nous avons mis l'accent sur les éléments disponibles dans la loi et donc sur l'utilisation du domaine public. C'est sur cette base que le département a du obtempérer pour interrompre la procédure. Mais il a lâché des miettes (25 sur les 70 demandes). Mais on a la confirmation que les arguments de gestion de l'espace public étaient et sont toujours déterminants pour calculer le nombre maximal d'autorisation.

  • 1. L'argument revenu/chiffre d'affaire était mis en avant par les organisations pro de taxi.

    2. Il est possible de faire une loi cantonale qui prennent, dans une certaine mesure, cet aspect des choses en compte, puisqu'il est admis que la liberté d'entreprendre puisse être limitée par les cantons pour des motifs sociaux. Encore faut-il que le législateur le décide en adaptant la loi et en ommettant pas que l'on a pas à faire à des salariés.

    3. L'article 42 de la loi actuelle n'est manifestement pas une telle base légale. Elle est une demande du législateur visant à évaluer l'impact de la loi sur les revenus. Il appartiendra au législateur d'en tirer les conséquences ou a Poggia de tordre le cou à la loi, en s'exposant à un recours d'un candidat.

  • Poggia est conscient des problèmes soulevés par une loi bâclée, votée dans la précipitation et dont nous vérifions aujourd'hui toutes les conséquences prévues par les milieux professionnels que nous voulions éviter par nos propositions d'amendements. N'importe quelle personne de bon sens peut comprendre le fondé de nos propositions qui n'altéraient en rien les principes de base de la loi.
    Le chantier est d'ailleurs déjà en route. Nous allons une fois de plus vérifier qu'une loi sur les taxis est presque condamnée dès son entrée en vigueur pour la simple raison que le législateur n'a jamais écouté les milieux concernés.

  • Bon, c`est vrai que j`y pige que dalle mais si le systeme tres fermé du métier (taxi) est devenu plus ouvert, c`est mauvais que pour ceux qui font courir plusieurs taxis avec des chauffeurs employés, ou bien? Faut voir si pour le canton et fiscalement parlant, le systeme ouvert n`est pas plus avantageux. Si oui, personne n`y pourra rien contre mais si non, alors c`est absurde et ca ne durera pas.

  • Je pense qu'avant de prendre en compte les rentrées fiscales qui sont pour le moins marginales dans notre domaine, il s'agit de réfléchir au meilleur moyen d'offrir un service digne de ce nom à la clientèle.
    Il serait donc logique d'offrir l'accès général à toutes les voies des TP afin de diminuer considérablement le prix des courses sans impacter le revenu des chauffeurs qui est déjà limite. Ensuite il s'agirait d'effectuer les contrôles envers tous ceux qui ne sont pas autorisés à l'usage accru du domaine public afin de ne pas saturer ces précieuses voies et d'éviter l'engorgement artificiel des villes par la prolifération des transporteurs qui rejoignent les VTC en désespoir de pouvoir trouver un métier. Soit en raison de leur absence de formation, soit simplement parce que les métiers foutent le camp.
    Les entreprises ont toujours été garantes d'un service permanent en mettant à disposition des taxis 24/24 et 7/7. Certes elles ne sont plus à même de salarier des collaborateurs, mais elles optimisent le service lorsqu'elles partagent leur flotte entre plusieurs chauffeurs. Et elles n'ont en principe pas de problème de solvabilité comme le relève avec insistance CEDH.

  • "D'ailleurs Mauro Poggia avait jusqu'à aujourd'hui pour rendre son rapport au Grand-Conseil (Art. 42 LTVTC) sur l'incidence de la loi sur les revenus des chauffeurs. Il est bien placé pour connaitre le nombre de chauffeurs qui ont fini à l'assistance publique puisque son département gère les assurances sociales."

    Ce sont des entrepreneurs et pas des salariés. Plutôt que de glander ils devraient chercher un travail salarié.

    Poggia, à la tête du contrôle de la population, devrait savoir que les européens doivent gagner suffisamment leur vie pour avoir le droit de rester en suisse en vertu de l'ALCP. Quant aux titulaires de permis C, européens ou non, ils peuvent se voir retirer leur permis dès lors qu'ils dépendent trop de l'aide publique. Pas seulement de l'assistance, mais aussi de certaines aides.

    .

  • C'est ce que tentent de faire les chauffeurs Uber en contraignant partout dans le monde la société à les salarier ce qui condamnerait le modèle.

  • Je comprends que tous ces micmacs vous démolissent le revenu, Pierre mais en face le calcul est toujours le meme: comment triturer les choses pour que ca fasse sourire les caisses de l`État en optimisant le rapport rentrées fiscales/ sorties prestations sociales.

  • Ben là ça devrait être relativement facile à vérifier. D'ailleurs Mauro Poggia avait jusqu'à aujourd'hui pour rendre son rapport au Grand-Conseil (Art. 42 LTVTC) sur l'incidence de la loi sur les revenus des chauffeurs. Il est bien placé pour connaitre le nombre de chauffeurs qui ont fini à l'assistance publique puisque son département gère les assurances sociales. Et c'est sans compter tous ces misérables esclaves des temps modernes qui vivent pratiquement en permanence dans leur véhicule et qui se font prélever 25 % de leur frugale recette pour engraisser les actionnaires de Uber and Co.
    L'Etat s'est tiré une balle dans le pied.

  • "engraisser les actionnaires de Uber and Co."

    Pour une société qui perd des milliards par an ? Mais peut être que leur business model fonctionnera dans le futur. Lorsque le taxi n'aura plus de chauffeur.

    Ceux qui croient qu'on va s'engraisser en étant actionnaire d'uber and co et bien ......... qu'ils achètent des actions uber & co.

  • Uber vient de faire son entrée en bourse et le résultat médiocre confirme que les actionnaires ont boudé le titre. Il n'empêche que des grands groupes comme Google font partie du premier cercle d'investisseurs et ils misent sur la capacité à Uber à emporter le marché et devenir un monopole de fait sur le dernier mile partout dans le monde. Sauf en Chine où Uber a gardé des actions dans baidu.
    Quant à la voiture autonome j'en parle ailleurs. Non seulement cela prendra passablement plus de temps que ce que beaucoup pensent, mais aussi le métier de chauffeur de taxi s'est déjà transformé en livreurs et assistant sociaux pour personnes à mobilité réduite.

  • Si les chauffeurs de taxis se recyclent c'est tant mieux. Je m'en réjouis.

    En attendant il conviendrait de veiller à la solvabilité des chauffeurs de taxis non-salariés et de prévoir des mesures transitoires bien évidemment.

    D'appliquer la législation sur les étrangers telle qu'elle existe.

    Et d'étendre la suppression du permis C à la dépendance à l'aide privée imposée aux créanciers privés.

  • En tout cas, la logique "intéret public" (du plus grand nombre) semble aller dans le sens du plus d`emploi meme si le revenu par tete diminue. Donc démocratisation de l`acces au métier et, en poussant cette logique a fond, Uber. Il faudrait bien-sur faire les calculs mais le capitalisme étant malade et meme en supposant des décisions politiques honnetes (dans l`intéret du plus grand nombre), le choix de plus en plus est entre la solution merdique et la solution un peu moins merdique. En attendant Godot.

  • Je n'ai pas le courage de vous refaire la démonstration de l'échec de la libéralisation dans le domaine partout où cela a été tenté. Je vous renvoie à ma présentation à Novosibirsk dans le cadre des forums internationaux de l'IRU où j'ai publié un résumé de cette explication qui est en fait tellement simple qu'elle en devient inaccessible. Un comble.
    Mais comme ce n'est pas un luxe dans cette discussion j'ajoute en pièce jointe au billet le fil conducteur de ma présentation.

  • J'ajouterais que je suis d'accord avec l'usage des applications qui facilitent considérablement la vie des usagers. Mais...
    D'abord il faut savoir que Taxiphone SA a fourni une application de ce genre, certes un poil moins élaborée à l'époque mais parfaitement fonctionnelle avant l'arrivée de Uber.
    Ensuite, Uber est la caricature du capitalisme de prédation par la rente de situation et n'est en aucun cas un modèle à suivre.
    Enfin, arrivent bientôt les applications décentralisées sur la blockchain, ou le support qui viendra prendre le relai en corrigeant les obstacles conséquents de la consommation et du rendement.
    Ce sera le début de la fin des intermédiaires opportunistes et avides de profit aussi rapide que conséquent. Et c'est en ce sens que je suis optimiste lorsque j'observe le génie humain à l'oeuvre.
    Autant il peut être mis à profit des prédateurs, autant la résistance s'organise. Les outils restent des moyens. Et je m'inquiète des résistances de certains face à la technologie. Car ceux qui n'en ont rien à cirer ne s'en priveront pas. Il est donc vital de se tenir au parfum, voire de faire mieux avec les mêmes armes.

  • Cela dit c`est marrant que Uber essaie d`alpaguer le marché chinois une quarantaine d`années apres que j`y aie échoué. J`avais essayé de démarrer un réseau de limousine-service entre la Suisse, la France (pour commencer) et la Chine. Meme invité officiel (a l`époque la Chine n`était accessible qu`au travers d`invitations d`affaires officielles) mais une fois sur place c`était pour apprendre que l`idée avait entre temps été rejetée. Peut-etre que les pétrodollars qui auraient éventuellement financé le projet ne leur plaisaient pas. Autant pour mes reves de fortune mais ca m`aura au-moins fait voir du pays hehe..

  • Vous êtes arrivé trop tôt sur ce segment. Depuis nos autorités fédérales ont fait du chemin avec ce géant économique et nous sommes les premiers sur le continent à avoir ouvert une filiale d'une banque chinoise à Genève. Faut dire que le terrain avait été préparé avec une ligne aérienne directe entre Genève et Beijin.

  • Beaucoup trop tot, en effet. C`est le sort habituel des grands reveurs.

  • @PJ
    Je compatis, mais seulement dans la mesure où vous ne vous contredisez pas en prétendant que maudet est compétent. C'est sa "compétence" qui vous met actuellement dans tous vos états.

    Il n'y a aucune raison d'avoir deux catégories de voitures: service public et point barre.

    Voilà un document qui devrait vous expliquer certaines choses, notamment que le profit augmente dans les "fermes" humaines quand les humains sont en "démocratie" (politique et pas en démocratie économique). uber, bien sûr, est la cerise sur le gâteau: un retour à l'esclavage sans les avantages de certains esclavages quand le maître était responsable de son esclave.
    http://www.unz.com/video/stefanmolyneux_the-story-of-your-enslavement/

  • Une seul catégorie de taxi, les taxis de service public. Mais alors sans limitation de nombre. Point barre dit la Constitution économique suisse.

  • "Quant à la voiture autonome j'en parle ailleurs. Non seulement cela prendra passablement plus de temps que ce que beaucoup pensent,"
    Si jamais elle voit le jour. Je vois mal une cohabitation entre voitures autonomes et voitures avec chauffeur. Quant à la voiture électrique, sans doute en ville à de petites vitesses. Compte tenu du temps de rechargement, l'autonomie sera un handicap pour les voyages de plus de 500 km (Genève-Paris par exemple). Mais impossible de faire un aller-retour Genève-Zurich par exemple, et si en plus il y a des bouchons... Et les voitures qui flambent suite ou non à un accident, cela promet de nombreux feux d'artifices! Et de beaux bouchons supplémentaires.

  • Je reviendrai sur ces questions de voiture autonome plus en détail dans un prochain billet. En attendant, voici les dernières nouvelles à ce sujet :
    https://www.inverse.com/article/56946-yandex-self-driving-head-weighs-in-on-tesla?link_uid=34&utm_campaign=sunday-edition-2019-06-29&utm_medium=sunday-edition&utm_source=newsletter

  • PJ, n'aime pas les intermédiaires, il oublie qu'il en était un
    PS, Il n'y a pas plus disruptif que la technologie Blockchain

  • @CEDH. J'ai tenté de vous envoyer nos écritures à la CACJ ainsi qu'au TF sur le mail qui apparait dans le box des commentaires mais il semble que cette adresse soit inconnue.
    Si votre curiosité va jusque là, je serais ravi de vous communiquer ces pièces qui attestent d'ailleurs l'information sur la diminution du nombre de taxis validée par le département.
    Mais il me faut un mail valide. Vous pouvez me joindre directement via info@hey-taxi.com.

  • " tu ne nous manques pas."

    C'est bien la première fois. Quand il aura été condamné nous pourrons fêter ça.

  • Inutile d'en rajouter, ça risque de lui donner envie de revenir...

  • Il est marrant le Corto. Comme d`ailleurs tous les histrioniques, tant qu`on est pas obligés de se les farcir dans la vraie vie. Comme ils/elles sont invivables, finissent par se retrouver seuls comme des chiens errants a trois pattes et se refont une vie sur les blogs. Je l`aime bien moi, le Corto. Tout ce qu`il veut c`est un peu d`amour comme tous les histrioniques (mais il l`avouera jamais).

  • Je l'aime bien aussi et je l'ai souvent dit en m'attirant les foudres. Mais je suis ravi qu'il s'abstienne dorénavant. Ne nous étalons pas trop sur ce cas car nous risquons de le réveiller. Je n'ai plus envie de devoir jouer au médiateur.

  • Ok boss.

  • A propos de monstres, je viens de lire un petit roman noir vraiment pas piqué des hannetons, "La malédiction du gitan" de Harry Crews. Peut etre téléchargé gratos en epub si on connait l`adresse, de toute maniere l`auteur ne s`en plaindra pas vu qu`il n`est plus de ce monde. Quand je lis des trucs comme ca, je me dis que je pourrais bien en écrire aussi avec les monstrinets que j`ai pu rencontrer dans la vie mais il fait trop chaud.

  • N'ayant pas trouvé la référence pour acquérir cet ouvrage gratuitement, je doute vouloir investir pour me renseigner sur un sujet qui concerne le soulèvement de fonte et autre sculpture du corps.

  • Je pense aussi que vous avez un rythme très personnel dans votre écriture qui mériterait d'être exploité Jean. Mais il faudra changer de clavier.

  • Ouaip. Avant c`était un clavier zongrien, maintenant c`en est un amerloque. Pas moyen d`en avoir un francais dans ce pays de sauvage (la Zongrie). Mais si je me mets a écrire, ce sera peut-etre avec une plume de corbeau, ils arretent pas de s`étriper au-dessus de ma fiole ces jours-ci que ca dégringole des plumes noires jusque dans mon calvados..

  • Regardez du coté de Z-library, Pierre. Le bouquin en question n`est pas axé fonte, celle-ci n`étant qu`une partie du décor. Par pur désoeuvrement j`en ai pondu une critiquette ici: https://www.babelio.com/mescritiques.php?tri=dt

  • Essayé pas pu. Je déteste la technologie mal utilisée qui nous fait galérer.
    Impossible d'entrer un identifiant. Probablement parce que je l'avais déjà fait auparavant. Babelio refuse donc un nouveau compte sur la même adresse mail et ne m'offre plus l'opportunité de changer le mot de passe oublié. Qu'ils aillent se faire foutre.

  • Bel éloge de la lenteur. Je ne sais presque plus écrire avec ma plume et comme j'en suis à environ quatre frappes seconde sur le clavier, ce n'est pas demain la veille que je vais revenir au stylo. Même si c'est un Mont-Blanc...

  • Voyons voir, un grand-père haltérophile porté sur la boisson, je dirai : L'Hôtel New Hampshire de John Irving

  • Welcome Corto. Pour Babelio y a qu`a aller sur la page publique du bouquin avec les critiques en dessous (mon alias: JeanLibremont). Putain,quand je pense comme c`est facile de vendre un bouquin au lecteur américain, y a qu`a etre outrancier sans etre crétin avec beaucoup de cul, de l`hémoglobine et un solide sens de la dérision quant a l`humain. Maintenant que chuis au quatrieme sous-sol coté pez (pas d`apitoiment, ca ne durera pas), ca me fait gamberger ce genre de trucs.

  • Libremont m'a définitivement convaincu de ne pas lire cet ouvrage.
    Merci pour le tuyau.

  • Jamais été surdoué pour la pub. Tant pis, vous ne mourrez pas idiot et ca vous fera les pieds.

  • Pour CEDH qui semble être en vacances, j'ai beau chercher, je ne trouve pas la jurisprudence qui justifie l'abandon de la question de solvabilité des candidats au permis de taxi et à l'exercice à titre d'indépendant. Je relève que la LTaxis et la LTSP ont toutes deux validés ce principe. Seule la LTVTC a estimé que ce n'était pas déterminant pour le public. Je vous livre cet extrait de l'exposé de motifs à ce sujet :

    L'exigence d'une autorisation d'exploiter pour les chauffeurs est relativement lourde et redondante. Les exigences posées pour l'autorisation par la LTaxis, reprises d'ailleurs en partie par la LTSP, résultent déjà du droit fédéral pour certaines d'entre elles, comme par exemple l'affiliation à une caisse de compensation ou à une convention collective de travail. En outre, elles n'apportent pas une protection particulière du consommateur, voire même aucune protection, comme par exemple l'exigence de solvabilité. Les compétences professionnelles peuvent être vérifiées et l'examen de la probité du candidat chauffeur réalisé lors de la procédure de délivrance de la carte professionnelle. Si le chauffeur ne remplit plus ces conditions, la carte peut être révoquée. Ainsi, l'autorisation d'exploiter en tant que chauffeur indépendant est elle aussi supprimée. Seule subsistera encore l'autorisation d'usage accru du domaine public pour les taxis (cf. art. 10).

  • Si CEDH est de retour et qu'il a encore quelque intérêt à vouloir décortiquer cette affaire, je l'encourage à me contacter par ma messagerie. Merci.

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