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  • Uber, la partie visible de l'iceberg netarchique

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    topelement.jpgNous vivons une époque extraordinaire. La polémique qui enfle ces jours à Genève autour du mastodonte californien, comme partout ailleurs dans le monde, n'est que l'annonce d'un changement fondamental de paradigme; la redistribution horizontale du pouvoir, la fin des structures pyramidales hiérarchiques, grâce à l'internet qui se développe dans la réalité physique des objets.

    Cette révolution fondamentale est porteuse d'espoir dans un monde désillusionné qui ne fait plus confiance en ses élus devenus esclaves de l'économie prédatrice des grands groupes internationaux.

    Pour ceux qui voudraient creuser, je vous encourage à lire les derniers ouvrages de Jeremy Rifkin, économiste et consultant auprès des plus grands de ce monde, qui annonce rien moins que le crépuscule du capitalisme. Ou mieux encore, Michel Bauwens, président de la fondation P2P, qui dénonce les profiteurs du flou qu'induit ce changement profond; les netarchiques.

    Uber, qui n'est qu'une émanation des GAFAs (Google, Apple, Facebook, Amazon et Samsung) fait évidement partie de ces prédateurs qui s'enrichissent sur le dos des plus faibles sans apporter la moindre valeur ajoutée et surtout en se moquant ouvertement et impunément des diverses lois en vigueur dans les pays où elle sévit grâce à sa puissance financière impressionnante (40 milliards de dollars).

    Les taxis, victimes d'une légende urbaine tenace, ont bien de la peine à se faire entendre. Si nous devions accorder crédit aux commentaires des divers articles les concernant, les taxis seraient tous médiocres, malpolis, sales, désagréables, roulant dans des véhicules vétustes et j'en passe... Seuls 5 % des commentateurs, qui sont des utilisateurs réguliers des services de taxis, témoignent de leur satisfaction générale et confirment n'avoir jamais vécu les mésaventures relatées par ces citoyens remontés.

    A Genève, contrairement à des avis ou des impressions largement répandus, les taxis ne bénéficient pas d'un monopole. Depuis l'arrêté ASPASA de 1953, ils tentent de cohabiter avec une concurrence unique au monde, une deuxième catégorie de taxis privés et sans droit de stationnement qui peut se développer sans limitation du nombre. A cela s'ajoute quantité d'acteurs "clandestins" qui n'ont pas de permis ou d'autorisation de transporter professionnellement des personnes. Uber est de ceux-ci.

    Quelques idées reçues :

    - Non, Taxiphone ne craint pas la concurrence pour autant que les divers acteurs suivent les mêmes règles.

    - Oui, le taxi est cher, mais pas plus qu'ailleurs dans le monde si l'on tient compte du pouvoir d'achat.

    - Oui, Uber travaille à Genève avec des professionnels qui s'exposent à un retrait de permis et à une rupture de contrat avec leur prestataire principal.

    - Oui, Uber travaille à perte en subventionnant les chauffeurs à hauteur d'environ 20.- de l'heure pour tenter de rester compétitifs et acquérir de plus grandes parts de marché. http://siliconvalley.blog.lemonde.fr/2014/07/04/face-aux-taxis-uber-opere-desormais-a-perte/

    - Non, Uber n'est pas moins cher que le taxi dès lors que les chauffeurs ne sont pas autorisés à utiliser les  couloirs de bus. Une étude dans 70 villes du monde confirme que Uber est plus cher que le taxi. http://www.capital.fr/a-la-une/actualites/taxis-vtc-uber-qui-est-le-moins-cher-999819, http://www.goeuro.fr/indice-prix-transport-urbain

    - Non, les chauffeurs de Uber ne sont pas plus courtois, polis, propres, que les taxis puisque ce sont des taxis qui enlèvent leur bonbonne.

    - Oui, Uber exploite des chauffeurs déjà en situation précaire en réduisant progressivement leur marge pour rester leader. http://www.businessinsider.com/uber-drivers-across-the-country-are-protesting-tomorrow--heres-why-2014-10?IR=T

    - Non Uber ne pratique pas l'économie de partage dont elle se réclame. http://www.cheatsheet.com/technology/do-apps-like-uber-and-airbnb-really-save-you-money.html/?a=viewall

    - Oui, la plupart des acteurs officiels du taxi offrent des services qui n'ont rien à envier à Uber. L'application taxi.eu, disponible dans une centaine de villes en Europe, n'est pas encore bien connue du public.

     

    Je me tiens volontiers à disposition pour approfondir le sujet, merci de me contacter sur mon adresse courriel.

     

     

     

  • Uber alles oder über See ?

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    uber-billions-again.jpgAprès lecture des innombrables commentaires en faveur de la venue du mastodonte californien sur nos terres, il me semble important de rappeler quelques faits et remettre quelques pendules à l'heure.

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  • refus de paiement par carte de crédit

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    carte-de-crédit1.jpgSuite à l'article de ce jour dans la Tdg qui relate la mésaventure d'un avocat genevois, il me semble important de mettre quelques pendules à l'heure.

     

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  • Pourquoi les taxis roulent-ils pour la traversée de la Rade ?

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    7781_xlarge.jpgOn m'a plusieurs fois suggéré qu'il n'était certainement pas intéressant pour les taxis de faire le tunnel sous la rade car le prix des courses diminuerait de manière sensible.

    C'est mal connaître la logique du métier qui consiste non pas à ralentir pour faire durer la course, mais aligner les clients qui s'acquittent à chaque course d'une prise en charge.

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  • Priorisation systématique des transports publics

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    191610_d1a586f0.jpgN'ayant pas réussi à mettre fin à la guerre des transports dans notre canton, Mme Künzler tente la fuite en avant pour sauver sa candidature au CE en jetant de l'huile sur le feu.
    Nous avons pu observer ce que la politique de priorisation des transports publics a provoqué dans notre ville. En bloquant les transports individuels (TI), c'est tout le réseau qui est paralysé.


    Tous les exemples de villes qui ont réussi leur réforme en matière de mobilité se caractérisent par des axes roulants avec ondes vertes et périphériques pour les TI. Juste l'inverse du programme des Verts qui, par leur vision étriquée et intégriste, se tirent une balle dans le pied et contribuent à augmenter la pollution par la brimade systématique des automobilistes.


    Cette attitude est parfaitement irresponsable et dénuée de sens à l'heure on l'on envisage le développement du Grand Genève qui prévoit une augmentation des TI d'environ 20 % d'ici 2030. A moins que, comme nous l'avons vu avec le refus de la rénovation de l'aéroport, le but des Verts soit de promouvoir la décroissance. Ce qui ne serait pas moins irresponsable, mais au moins cohérent.


    Mme Künzler, qui s'exprimait hier soir à Forum répondant au journaliste, affirmait que la traversée du lac était bien prévue dans le projet Mobilités 2030. Elle se garde bien de rappeler que le financement de la Confédération n'a pas été validé et que ce n'est pas avant l'horizon 2050, au mieux, que nous verrons le début des travaux de cet ouvrage.

    Et surtout pas un mot sur la traversée de la rade qui permettrait enfin de garantir le service minimal pour atteindre l'objectif louable de vider le noyau de la cité des véhicules parasitaires et enfin créer les zones de confort justement réclamées par les adeptes de la mobilité douce.


  • Chronique mobilité de la TDG

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    images.jpgExcellente chronique dans la TDG d'aujourd'hui, 10 juin 2013, écrite par Nathalie Hardyn, Présidente du Groupe transport et économie (GTE).

    Excellente pour plusieurs raisons:

    D'abord elle parle clair, ce n'est pas de la langue de bois. Ensuite elle a suivi avec sérieux l'évolution du dossier Mobilités 2030, le rapport de base initial de 65 pages et la version remaniée.

    Elle tient un discours modéré qui contraste fort avec les intégristes de la mobilité douce. Ainsi elle concède volontiers que le centre doit être évacué de la circulation parasitaire, mais elle rappelle très justement que ce concept n'est réaliste qu'avec le financement de la traversée du lac. Or celle-ci est sérieusement compromise. Du moins à l'horizon 2030.

    Ainsi, mine de rien, elle nous explique que la vision du Conseil d'Etat n'est qu'une vision. Et elle veillera à ce que l'économie de notre canton ne subisse pas les velléités de certains à vouloir anticiper l'évacuation des transports individuels sans offrir d'alternative.

    Par le travail du GTE et d'autres, le rapport Mobilités 2030 a été expurgé de tous discours anti croissance et tous les modes de transports ont trouvé une place respectable.

    Je regrette une seule chose, mais je ne puis lui en tenir rigueur. Son rôle est de rappeler que le transport est directement lié à l'économie. Elle n'a pas parlé de la traversée de la rade.Tunnel quai Wilson.JPG

    Or, c'est justement ce dont nous avons impérativement besoin et tout de suite pour implémenter les bonnes projections du rapport Mobilités 2030. A défaut, tout ce travail ne serait que du vent.

    L'opportunité se présente justement puisque l'initiative de l'UDC pour une liaison entre le port Noir et l'avenue de France a été finalement acceptée par le parlement. Nous voterons avant 2015 et la réalisation devra se faire dans les 6 ans.

    Enfin du dynamisme ! Et n'allez pas nous refaire le coup du manque de financement. Nous avons vu ce que les politiques d'austérité ont provoqué en Europe et nous savons aujourd'hui que la projection des économistes était erronée.

  • Retour sur le forum MOBILITES 2030

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    mobilité douce.jpgLe 23 novembre, une centaine de personnes, sur les 600 invitées, sont venues écouter la présentation du DIME de Mme Künzler sur son programme Mobilités 2030.

    Exceptée la première consultation disponible en ligne, ils seront les seuls représentants de la population genevoise susceptibles d'affiner le projet.

     

    Dans son exposé d'introduction, pas un mot sur la traversée du lac, et pour cause, le financement est sérieusement remis en question puisque la confédération ne l'a pas inscrit dans le prochain volet d'inverstissements.

     

    Et pourtant, comme le confirmera Monsieur Hochstrasser, directeur de la DGM, c'est justement le maillon indispensable à la mise en place d'un système tangentiel avec des anneaux périfériques et quelques pénétrantes.

     

    Ce forum se voulait l'occasion de créer une union sacrée entre les défenseurs de la mobilité douce et ceux qui estiment que la voiture est encore incontournable.

     

    images.jpgPourtant, lorsqu'on découvre certaines prises de position, on comprend vite que les intégristes viennent clairement du bord des bien pensants qui remettent justement en question cette traversée du lac puisqu'ils veulent des villes sans voitures.

     

    Tout le contraire des milieux économiques qui représentent non seulement les artisans et les professionnels, mais aussi une bonne partie de la population qui ne peut tout simplement pas utiliser d'autres modes, faute d'alternatives crédibles.

     

    Ces derniers recherchent les compromis et sont aussi favorables aux divers transferts modaux qui favorisent la mobilité douce et la qualité de vie en ville. Ils seront de précieux alliés, incontournables dans la mise en place des lignes directrices de la mobilité de demain.

     

    Les marginaliser ou ne pas tenir compte de leurs remarques réduirait à néant les objectifs louables du programme Mobilités 2030 qui, heureusement sera régulièrement remanié au fil des avancées.

  • Mobilité : Peut-on éviter l'implosion ?

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    C'est sous ce titre que Jérôme Savary, directeur associé de Mobilidée, nous propose dans la tribune du jour une chronique qui reprend quelques chiffres articulés dans le programme du CE, Mobilités 2030.

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  • Traverser le lac

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    TDG du 28 novembre 2012

    "Le Conseil d’Etat appelle le Grand Conseil à ne valider que partiellement l’initiative populaire de l’UDC demandant une liaison sous-lacustre au niveau du centre-ville. Il estime en effet que l’exécutabilité du texte est problématique, «car le délai de réalisation n’est pas réaliste». Si le Parlement suit cet avis, le texte soumis au peuple serait expurgé des mesures précises de construction."

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  • Mobilité 2030...

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    Opel_Ampera_Exterior_View_768x432_am12_e01_102.jpgUn document de 65 pages résume la stratégie de mobilité du Conseil d'Etat genevois et devrait servir de fil conducteur à une consultation élargie.

    Très diplomatiquement, le ton est donné. On parle essentiellement de hiérarchie et surtout de développement de la mobilité douce et des espaces publics, du respect de l'environnement et de la qualité de la vie en ville. Quelques lignes sur l'économie.

    Pour réaliser ce noble dessin, il va donc falloir réduire les transports individuels motorisés au centre malgré un développement "sans précédent" et un "essor démographique considérable".

    Il faudra aussi beaucoup d'argent pour développer le "maillage du réseau" des transports publics ainsi que les ouvrages d'envergure comme la traversée de la rade.

    Il faudra attendre la page 51 pour lire une première fois le mot "taxis" qui n'apparaitra que 4 fois dans tout le document dont deux entre parenthèses.

    Et trois fois les termes de "mobilité réduite".

    Il faut donc en déduire que la plupart des gens peuvent sans autre renoncer à leur véhicule bruyant et polluant pour faire du vélo, de la marche à pied ou prendre un bus de temps en temps.

    Et pourtant, les taxis transportent près de 3 milions de personnes par an dont un bon tiers sont dans l'incapacité de faire autrement.

    Je propose à nos élus visionnaires d'attendre sur le CEVA et la traversée de la rade pour revoir leur copie.

    Car nous aurons certainement d'agréables surprises qui rendront ce rapport obsolète.

    Non seulement en termes de fluidité, mais aussi de rendement de véhicules toujours moins bruyants et moins polluants.

  • Faire le bien des gens malgré eux

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    image_1.jpgLa grande frustration d’un élu, c’est de voir ses résultats se compter sur les doigts d’une main à la fin d’une carrière politique. Et le risque est grand de vouloir forcer un peu le destin sans respecter la volonté populaire.

    Lorsqu’on rejoint un exécutif, on dispose d’informations inaccessibles au commun des mortels et on réalise mieux la complexité des enjeux. Il va donc falloir manipuler, à défaut de pouvoir éduquer, les citoyens.

    Si nous attendons d’un élu une vision, il nous faut avant tout du concret et du pragmatique.
    Certes, dans quelques dizaines d’années nous ne verrons plus de transports individuels motorisés et polluants dans les milieux urbains appelés à se densifier encore.
    Et c’est tant mieux pour la qualité de vie.

    Mais en attendant, la voiture, telle qu’on la connaît encore aujourd’hui, a de belles années devant elle. Il suffit de voir l’engouement populaire au salon de l’auto.
    Les raisons sont multiples, la découverte de nouvelles nappes de pétrole n’en est qu’une, pas des moindres.

    Alors de grâce, messieurs-dames, visionnaires aux commandes, gardez un peu les pieds sur terre et avancez pas à pas avec votre temps.
    Commencez par libérer le centre en créant des axes fluides pour tous les modes et non pas en essayant de décourager un choix contre un autre.

    Le premier pas, qui se fait attendre depuis plus de 60 ans, ce sont les traversées de la rade, petit et grand lac. Le souverain a l’occasion de participer concrètement et de manière crédible au développement de la mobilité douce, et donc à la qualité de vie en ville, en confirmant l’initiative de l’UDC dans les urnes.

  • Mobilité, sécurité, qui fait la loi ?

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    images.jpgDans la tribune du 10 mai 2012, on ressent de l'indignation dans l'éditorial.

    Comment peut-on envisager une seconde que les milieux professionnels concernés soient enfin entendus dans la refonte des lois ?


    Page suivante, on retrouve cette même arrogance de l'exécutif au travers de Madame Künzler cette fois qui, malgré les innombrables recours, pétitions et manifestations, persiste à imposer à la population ce qu'elle ne veut pas.


    Les taxis subissent ces mêmes travers cette fois avec Monsieur Unger qui martèle dans la presse : "Ce ne sont pas les taxis qui écriront la prochaine loi".
    Serait-ce son influence, en tant que président du Conseil d'Etat, qui déteint sur ses collègues ?


    Aucune loi n'est susceptible de produire les effets escomptés si elle n'est pas validée par les principaux concernés. On a pu vérifier la dérive de l'organisation des transports publics par des technocrates, et on peut être à peu près certains que la police remportera son bras de fer, devant le peuple si nécessaire.


    Dernièrement, les taxis ont encore subit l'obstination des cadres de la DGM lorsque Monsieur Thierry Messager, directeur opérationnel, nous assénait que les clients du taxi n'avaient qu'à payer plus par des détours plutôt que d'envisager de partager les précieux couloirs de bus.


    La conséquence d'une telle obstination peu éclairée, c'est que la ville est en blocage permanent. A tel point que, pour y pallier, il faille donner encore plus de priorité aux TPG en empêchant systématiquement au reste des véhicules de bouger.


    Cette attitude favorise le durcissement des fronts, la grogne et la perte de confiance envers les élus et favorise donc l'émergence des partis populistes.


    Mais le pire c'est que cette paralysie pénalise aussi les TPG qui ne peuvent respecter leur vitesse commerciale, non pas sur leurs axes royaux qu'il se réservent sans concession, mais aux croisements cruciaux avec les autres usagers.
    Plus aucune onde verte n'est possible, le tram est prioritaire. Les giratoires, miracles de fluidité ! ? Impossibles pour les bus et les trams.


    Qui est responsable ? Une seule personne. Le ou la présidente du département concerné qui concocte un projet de loi sans consultation valable et qui sera validé par une commission parlementaire débordée qui n'aura ni le temps, ni les moyens, ni les compétences de vérifier le bien-fondé du texte proposé. La loi sera finalement votée par le parlement sur la base des recommandations de la commission.

    Espérons que le petit jeune, nouvel arrivé, saura insuffler une autre énergie dans l'exécutif cantonal. Ses qualités d'écoute contrastent fort avec l'esprit autoritaire qui colore ce conseil d'Etat. Mais il faudra vraisemblablement attendre sur le renouvellement de 2013 pour qu'il se sente moins seul.

    D'ici là, il aura pris ses marques. A nous de choisir le sang neuf qui devrait régénérer cet organisme malsain et empêtré dans des poblèmes de transversalité que seul un collège peut résoudre. Et certainement pas par un énième remaniement des départements, manie chronique aussi coûteuse qu'inefficace.