vendredi, 02 décembre 2011

Jamais contents ces taxis !

C'est vraiment un phénomène étonnant. Dans le monde entier les populations considèrent leurs taxis comme les pires. Les taxis, comme la police, sont toujours sous les feux de la critique. Serait-ce parce qu'ils sont considérés comme un service public ?

Pourtant, lorsqu'on lit les commentaires en ligne, on se rend compte que les quelques avis positifs viennent toujours de clients réguliers. Que faut-il en déduire ? Que la majorité à tort, qu'elle parle de ce qu'elle ne connait pas ? Ce serait un raccourci facile.

 

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vendredi, 13 août 2010

Refus de courses par les taxis genevois

 

C'est bien connu, dans le monde entier les chauffeurs de taxis ont une réputation lamentable. À Genève, ça devient même caricatural et la presse se délecte des mésaventures de quelques clients jusqu'à remplir une pleine page pour combler le vide éditorial de l'été. Les bonnes nouvelles ne font pas vendre et pourtant, elles sont le quotidien des chauffeurs de taxis qui rendent bien des services à la communauté.

 

Quelles pourraient être les raisons de refuser un client, dans quelles proportions et que dit la loi ?

Circulation : C'est la raison principale de refus. Le chauffeur ne peut arriver à destination dans un délai raisonnable et le client n'est plus là.

Pics d'affluence : Un vendredi soir quand il pleut ou lors de grandes manifestations, nous manquons de taxis. Y remédier impliquerait que plus un seul chauffeur ne gagnerait le minimum vital et passerait les ¾ du temps à attendre. À l'heure actuelle, avec plus de 1000 taxis, les chauffeurs ne roulent, en moyenne, que la moitié de leur temps de présence.

Insécurité : De plus en plus de chauffeurs se font agresser, même de jour. L'inquiétude les incite à refuser certains clients ou certaines destinations.

Impécuniosité : Il ne passe pas un jour sans qu'un taxi ne soit pas payé pour sa prestation. La loi prévoit le refus d'un client en cas d'impécuniosité manifeste.

Prestations particulières (animaux, courses, fumeur etc.) :

La plupart des chauffeurs acceptent toutes les courses. A Taxi-phone, sur 776 chauffeurs enregistrés, 618 acceptent de transporter les animaux. Malheureusement, à la suite de mésaventures, de plus en plus renoncent à offrir ce service. Ici aussi le règlement d'exécution de la loi est très clair : RTaxis art. 47 al. 4 – "Les chauffeurs de taxis peuvent refuser de transporter des personnes, des animaux ou des biens qui pourraient mettre le chauffeur ou son véhicule en péril."

Il est en outre très difficile d'obtenir une indemnisation pour les dégâts causés dans le taxi, tels que vomissements, bave, excréments, etc. qui empêchent le chauffeur de continuer sa journée de travail. Malgré l'art. 47 al. 5 –" Toute détérioration provoquée par la faute du client ou dont la responsabilité lui incombe est à la charge de celui-ci."

En ce qui concerne les chiens d'aveugles, bien que nous ne rencontrions en principe pas de problème avec ces animaux très bien dressés, la loi n'est pas équivoque et n'empêche pas le refus, mais la facturation de la prestation : art. 47 al. 2 " Les chauffeurs de taxis ont l'obligation de transporter gratuitement les chiens d'aveugles et les appareils à destination des handicapés."

Sièges pour enfants : Conscients de l'impossibilité matérielle de transporter en permanence trois types de sièges pour enfants dans le taxi, la plupart des pays européens a opté pour une dispense. Le Conseil Fédéral ne le voit pas de cet œil et n'autorise pas le transport d'enfants sans l'accessoire adéquat. Quelques motions et autres interventions urgentes ont été déposées au Parlement national. En attendant, les taxis se font amender soit pour refus de course, soit pour transport sans l'accessoire. Ce traitement est particulièrement révoltant puisque les transports publics n'y sont pas soumis alors que les dangers sont identiques voire plus conséquents puisqu'ils ne disposent même pas de ceintures de sécurité. Le nouveau guichet de l'AIG devrait permettre la mise à disposition de ces accessoires avant la fin de l'année. Le client sera-t-il d'accord de payer le retour ? Rien n'est moins sûr.

Cartes de crédit : Bien que leur usage se répande de plus en plus dans le monde (moins en Suisse), il est encore trop fréquent de ne pouvoir obtenir le paiement auprès du prestataire, raison pour laquelle une minorité de chauffeurs refuse ce mode d'encaissement. La loi actuelle n'oblige pas un chauffeur en particulier, mais l'ensemble de la profession, à mettre suffisamment de taxis qui acceptent les cartes ou les devises étrangères à disposition des clients qui arrivent à l'aéroport. Il en est de même pour les sièges pour enfants et l'équipement d'hiver. (LTaxis art. 23 al. 2 et 3)

Le projet de refonte de la loi prévoit l'obligation faite à tous les taxis de service public d'accepter les cartes de crédit. A l'heure actuelle, à Taxi-phone, 623 chauffeurs sont équipés des appareils pour cartes de crédits soit presque l'ensemble des abonnés.

Petites courses : A Genève, toutes les courses sont courtes, les refuser reviendrait à ne plus travailler. Pourtant, il arrive qu'un chauffeur refuse un client pour cette raison, tout particulièrement à l'aéroport après une heure d'attente en moyenne. L'Etat a reconnu le problème qui devrait être corrigé dans la nouvelle loi en introduisant un montant minimal au départ de l'AIG de CHF 25.-

Extérieurs : Lorsqu'un client commande un taxi en extérieur pour y rester, le taxi est déficitaire. Pour pallier ce défaut, les limites de taxes, dans un rayon de trois kilomètres, permettaient au chauffeur d'encaisser une taxe de retour. Malheureusement pour tout le monde, ces dernières ont été supprimées en 1999 en échange des couloirs de bus qui, dans la grande majorité, n'ont toujours pas été attribués aux taxis. Il serait sage d'y remédier et de réintroduire ces limites.

Par ailleurs, de manière totalement arbitraire, l'AFC a décidé d'imposer les chauffeurs de taxis sur la base de CHF 2,40,- pour tous les kilomètres parcourus. Il ne faut donc plus s'étonner que les chauffeurs renoncent à assurer les extérieurs.

 

Dans son projet de loi, le DARES entend obliger tous les chauffeurs de service public (jaunes) à accepter toutes les courses, y compris celles transmises par la centrale.

C'est tout simplement impossible, notamment pour des questions de mobilité et donc de temps pour répondre à la demande. À Genève, les clients obtiennent un taxi dans une moyenne de trois minutes. C'est exceptionnel en comparaison internationale. En conséquence, les clients n'attendent pas un taxi au-delà de dix minutes.

 

En conclusion, comme pourraient en témoigner les clients réguliers, le service des taxis genevois est parmi les plus performants au monde et les chauffeurs, dans leur grande majorité, sont courtois. Avec un peu de coopération et de courage politique, les milieux professionnels et les autorités pourraient développer l'offre et reprendre, par exemple, le service des "Proxibus" sous forme de taxis collectifs. Malheureusement, il est plus simple de fustiger quelques comportements inadéquats que de collaborer à la mise en place d'une réelle complémentarité des transports.

 

 

Pierre Jenni

Genève, le 12 août 2010

 

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mercredi, 27 mai 2009

LES TAXIS BLEUS ou le beurre, l'argent du beurre et la laitière


A la suite de l'action des taxis privés genevois (bleus), une petite mise au point s'impose :
- Lors de la votation de la loi Spoerri, le 21 janvier 2005, les bleus n'ont pas seulement plébiscité le texte, mais ils ont fait pression pour qu'il soit voté rapidement par le parlement.
- Comme en 1992, les bleus réclament une libéralisation de la profession afin de ne pas devoir investir dans un permis de service public. Pourtant, ces mêmes taxis privés avaient alors amèrement regretté leur action car ils avaient scié la branche sur laquelle ils se trouvaient puisque le nombre de taxis à explosé et les tarifs augmenté de 33%.
- Pratiquement partout dans le monde, la libéralisation de la profession a échoué et la régulation a été réintroduite car il n'y a pas de concurrence dans la profession puisque les clients ne peuvent comparer en temps réel l'offre disponible.
- Les bleus ont dramatiquement proliféré car les chauffeurs espèrent profiter de la refonte législative pour obtenir un permis à bon compte. Aujourd'hui ils s'en mordent les doigts car leur part du gâteau doit se partager entre 200 contre 20 il y a 3 ans.

Concernant la position du Conseil d'Etat, nous relevons que :
- Contrairement aux propos de Monsieur UNGER, maintes fois relayés dans les médias, cette loi est non seulement applicable comme prouvé par les actes du Service du Commerce sous l'impulsion du directeur, Monsieur Jacques FOLLY, mais c'est le meilleur texte jamais pondu et accepté historiquement par l'ensemble de la profession.
- Bien que certains ajustements soient aujourd'hui nécessaires puisque le Département n'a pas fait son travail dans les temps, cette loi n'est pas contraire au droit supérieur et rien dans la Loi sur le marché intérieur ou dans les accords bilatéraux ne permet à M. UNGER de modifier le règlement comme il l'a fait dans la semaine qui a suivi un courrier de Paris.
- Heureusement, le président du DES a compris que sans l'accord des milieux concernés, aucun projet de loi ne sera susceptible de répondre aux problèmes récurrents depuis plus de 50 ans.
- Malheureusement, il ne prendra pas le risque de faire passer son projet de loi avant les élections de cet automne et cette temporisation causera beaucoup de tort à la profession et aux usagers des taxis.

Quand au MCG, personne n'est dupe des gesticulations de Monsieur STAUFFER qui fait feu de tout bois pour se profiler en vue des élections de cet automne au conseil d'Etat. Malheureusement pour lui, et une fois de plus, il aura choisi le mauvais camp.

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lundi, 26 mai 2008

Vous avez dit chers, les taxis ?



A Genève, comme partout en Suisse, les taxis ont la réputation d'être chers.
Ces quelques chiffres vous permettront d'affiner votre opinion.

Prix du taxi dans les grandes villes de Suisse et du monde :
Il suffit de se rendre sur le site de l'ASTAG pour vérifier que le prix du taxi à Genève est bien inférieur à la plupart des villes de Suisse alémanique, et dans la moyenne des villes romandes. Les salaires y sont pourtant plus élevés que la moyenne nationale.
En comparaison internationale, les taxis comme bien d'autres services, restent parmi les plus chers du monde en parfaite adéquation avec le pouvoir d'achat.

Comparer ce qui est comparable. Pouvoir d'achat et niveau de vie en Suisse :

Il est très intéressant de prendre connaissance de l'étude statistique annuelle de l'UBS sur les prix et salaires dans 70 villes du monde pour comparer ce qui est comparable.
A titre d'exemple, il sera plus cher pour un enseignant à Londres de se déplacer en taxi que pour le même professeur à Genève. Nous considérons pourtant les taxis londoniens comme particulièrement bon marchés.

Prix de revient d'une voiture moyenne. Statistiques du TCS :

Chaque année, le TCS met à jour ses statistiques de frais pour un véhicule moyen.
La plupart des clients qui prennent 2 taxis par jour, tous les jours ouvrables de l'année, ont fait leurs calculs. Ils économisent de l'argent en ne gardant qu'un véhicule privé pour la famille, les courses, les vacances, ou les visites et se rendent au travail en taxi. Le prix d'entretien et d'amortissement d'un véhicule de catégorie moyenne est d'environ 1000 francs par mois sans compter les parkings et les amendes.

Chiffre d'affaire d'un chauffeur de taxi :
En une heure de travail, un taxi peut effectuer, dans le meilleur des cas, 4 courses de 15 minutes.
Le prix moyen d'une course de taxi est de 17 francs.
Si un chauffeur encaisse 40 francs de l'heure, il est content.
La moyenne se situe aux alentours de 30 francs de chiffre d'affaire horaire.
Ces 30 francs couvriront le salaire du chauffeur, celui du patron lorsqu'il loue le taxi, les charges inhérentes au véhicule et à la centrale de diffusion de courses ainsi que les diverses taxes qui lui sont reliées.

Pierre Jenni

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dimanche, 27 janvier 2008

A quand un service de taxis efficace et compétitif ?

Taxis, transports et environnement

Il en aura fallu du temps et de la pression médiatique pour que les gouvernements se résignent à intégrer le respect de l'environnement dans leur programme. Il en faudra encore beaucoup pour que ce programme prenne forme comme semblent l'indiquer les timides promesses des conférences de Bali.
La Suisse qui a pourtant ratifié le protocole de Kyoto est un très mauvais élève du collège, mais les temps changent et il devient politiquement intéressant d'afficher un peu de vert dans les campagnes.
Le premier article, alinéa 1, de la nouvelle loi sur les taxis précise qu'un des buts recherchés est le respect de l'environnement. Malheureusement, cette loi complexe, et déjà jetée au rebut par nos autorités, contient près de 90 articles qui précisent les devoirs des chauffeurs de taxis et les risques qu'ils encourent en enfreignant ces dispositions contraignantes. Aucune profession n'est autant contrôlée et l'Etat se plaint de ne pas avoir les moyens d'effectuer ces contrôles. Selon le président du conseil d'Etat, cette nouvelle loi ne passera pas l'hiver alors qu'il aura fallu plus de deux années de travail acharné pour la mettre en place. Sans oublier que c'est la quatrième mouture en quinze ans.
Le Département de l'Economie et de la Santé, en charge des taxis, saura-t-il enfin tenir compte des remarques des milieux professionnels et des diverses expériences dans le monde pour faciliter la mise en place d'un service efficace et compétitif qui soit une alternative intéressante aux déplacements en véhicules privés ou en transports publics. Les solutions sont nombreuses, mais la volonté politique semble manquer. L'Etat bafoue la décision populaire plusieurs fois exprimée de la complémentarité des transports en décourageant les particuliers d'utiliser leurs véhicules sans offrir d'alternative. Bientôt, il faudra payer pour venir en ville comme à Londres alors que les places de parking manquent et que les effectifs des contractuels ont triplé.
Lorsque l'Etat cessera de jouer sur les mots en considérant les taxis comme un service au public plutôt qu'un véritable service public, la plupart des problèmes disparaîtra comme par miracle : Fini le combat entre taxis privés et publics. Comme pour les ambulances ou la police, les clients n'auront qu'un seul numéro à retenir pour obtenir presque immédiatement un taxi. Les taxis pourront enfin prendre tous les couloirs de bus et les sites propres des trams, comme c'est le cas dans la plupart des villes. Des véhicules genre minibus assureront les lignes principales des TPG  entre minuit et cinq heure du matin. Des petites voitures, dans le style des scooters triporteurs en Inde, pourront assurer les déplacements en ville à des prix canon et des temps records. Et bien sûr, ces véhicules seront tous respectueux de l'environnement.
Au lieu d'imposer une couleur unique aux taxis, nous pourrions proposer une couleur pour chaque type d'offre. Le jaune pour les véhicules hybrides, le vert pour ceux qui fonctionnent aux gaz et ainsi de suite.
À ce sujet il est intéressant de voir que les alémaniques ont une longueur d'avance.
En effet, à Bâle, quelques entreprises de taxis se sont regroupées et ont obtenu des subventions des services industriels ainsi que de l'office fédéral de l'énergie pour équiper une centaine de véhicules à gaz qu'ils ont peint en vert.
Bref, les solutions ne manquent pas, mais la vision et le courage politiques font défaut.
Monsieur Unger, conseiller d'Etat responsable du département en charge des taxis peut être fier d'avoir organisé le regroupement des ambulances sous un seul numéro d'appel. Espérons qu'il aura la détermination et la motivation d'envisager enfin de considérer les taxis comme un vrai service public, pour le bonheur des utilisateurs et la tranquillité des prestataires. Ce sera un premier geste concret pour respecter le souci aujourd'hui largement partagé de la limitation des émissions de CO2.

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jeudi, 15 novembre 2007

Les taxis bleus peuvent garder leur bonbonne



La saga se prolonge avec la victoire des taxis privés (bleus) au tribunal administratif qui les autorise, par décision du 16 octobre, à conserver leur bonbonne lumineuse. (Tdg du 24 octobre Nikolic)
Une bien maigre victoire puisque ces taxis ne pourront toujours pas emprunter les couloirs de bus (Tribunal Fédéral) et seront tenus de rentrer au garage entre chaque course. Les utilisateurs de ces taxis seront donc bien avisés de ne pas les prendre s'ils sont pressés et ne veulent pas dépenser trop de temps et d'argent.
Mais puisque l'Etat ne peut pas effectuer les contrôles, faute de moyens, les taxis privés violeront allègrement la loi avec la bénédiction de la police et la complicité involontaire des clients mal informés. Comment la clientèle internationale saurait-elle que le concierge de son hôtel encaisse de juteuses commissions auprès des taxis privés qui sont bien les seuls à se prêter à ce marché noir pour assurer le minimum vital ?
Là encore, c'est la population qui en fait les frais. Heureusement qu'il reste la tribune de Genève pour réagir et informer les consommateurs qui en perdent leur latin.

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jeudi, 04 octobre 2007

Taxis : une nouvelle loi... illégale ?



C'est par ce titre accrocheur que la tribune de Genève nous annonce que le Conseil d'Etat considère que la nouvelle loi sur les taxis est illégale.
Le journaliste omet pourtant un détail croustillant : Le projet de cette loi qui a été entièrement repris et accepté par l'ensemble de la profession vient du Conseil d'Etat lui-même.
Autre détail piquant : Les taxis privés, surnommés les "bleus" en raison de la couleur de leur enseigne lumineuse, qui remettent en question cette loi, l'avaient massivement approuvée en insistant pour qu'elle soit rapidement votée afin qu'ils puissent rejoindre les taxis publics et colmater la brèche des taxis privés qui faussaient le numerus clausus réintroduit en 1999 par le Conseil d'Etat.
Malheureusement, malgré l'injonction des commissaires de la commission des transports, non seulement l'Etat n'a rien fait, mais en plus, par l'intermédiaire du Service des Autorisations et Patentes, a encouragé les nouveaux arrivants dans la profession à se mettre à leur compte comme taxis privés, sapant les fondements de la nouvelle loi.
L'histoire se renouvelle donc sans fin et le Conseil d'Etat, soucieux de préserver son image, préfère dénoncer sa propre loi dans son ensemble plutôt que se remettre en question et corriger rapidement le tir.
Une mise au point ne suffira pas à éclairer les citoyens lorsqu'ils devront se prononcer à nouveau sur une initiative "pour des taxis égaux et moins chers". Les producteurs d' "Infra rouge" seraient bien inspirés de donner la parole aux responsables du Département de l'Economie et de la Santé et du Département des Institutions en charge des taxis ainsi qu'aux milieux professionnels afin d'éclairer la population et éviter l'arnaque de 1992 puisque non seulement les taxis ne sont toujours pas égaux mais leurs tarifs ont augmentés 6 mois après la libéralisation prometteuse de taxis moins chers.

Pierre Jenni

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samedi, 23 juin 2007

Loi sur les taxis, halte au massacre !

Lettre ouverte à M. Charles Beer
en réaction à l'article de Mme Drevon du 21 juin 2007.



Monsieur le Président,

à vous lire dans la TDG du 21 juin, tout est à refaire avec la nouvelle loi sur les taxis qui selon vous est trop compliquée et inapplicable.
Vous parlez de massacre. Est-ce en référence aux amendes de 1000.- infligées au chauffeurs qui n'ont pas réussi à remettre de force une quittance à un client pressé qui n'en voulait pas ?
Ou devant les nombreux recours des taxis privés (bleus) qui refusent d'enlever leur bonbonne avec la bénédiction des autorités qui ont laissé pourrir la situation avant d'intervenir ?
Ou peut-être encore avez-vous enfin pris conscience de l'aberration de vouloir peindre les taxis en jaune alors qu'ils sont bientôt tous gris comme prévu par Mme Spoerri et les milieux professionnels.
Non, ce n'est rien de tout ça ! Le vrai massacre vient malheureusement des conséquences de la non application de cette loi qui, rappelons-le, est le fruit de 3 années de travail en commission.
Vous prétendez que cette loi est inapplicable. Je pense que vous n'en avez même pas lu le premier article. Ce n'est d'ailleurs pas votre travail, mais celui de M. Unger, responsable du département en charge des taxis.
Alors, de grâce, abstenez-vous de répéter ce que tous les fonctionnaires en charge du dossier prétendent et tout particulièrement les juristes du département, éminences grises sans lesquelles le Service des Autorisations et Patentes ne peut pas prendre une seule décision pour mettre enfin cette loi en application.
Tous les députés de la commission des transports qui ont pris la parole lors de la votation de cette loi ont lourdement insisté sur l'importance d'allouer des ressources au département pour permettre à la loi de dégager ses effets. Rien n'a été entrepris.
L'Etat est bien le principal responsable de la gabegie ambiante, mais c'est tellement plus simple de renvoyer la faute à d'autres, quitte à dépenser encore quelques millions en commission pour recommencer à nouveau pour la troisième fois en quinze ans et pour rien puisque vous n'écoutez pas les conseils de vos commissaires.
Je vous invite à venir débattre du sujet avec M. Unger dans une émission comme mise au point. Mais vous ne viendrez pas car vous, comme presque tous les fonctionnaires, à tous les niveaux hiérarchiques, ne connaissez rien au sujet. Alors de grâce, gardez vos commentaires qui contribuent lourdement à grever le crédit de nos élus.
Dieu merci, vous échapperez à la prochaine fusillade puisqu'il n'y aura plus de cartouches à la maison.

Pierre JENNI
Chauffeur de taxis

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